Trois enfants palestiniens meurent dans l’incendie de leur maison à Gaza
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Trois enfants palestiniens meurent dans l’incendie de leur maison à Gaza

Selon la famille, l'incendie a été causé par une bougie allumée lors d'une des coupures de courant répétées dans la bande

Omar al-Hazeen devant sa maison réduite en cendre où ses trois enfants ont péri à cause d'une bougie allumée pendant une coupure d'électricité dans le camp de réfugiés d'al-Nusirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 2 septembre 2020. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)
Omar al-Hazeen devant sa maison réduite en cendre où ses trois enfants ont péri à cause d'une bougie allumée pendant une coupure d'électricité dans le camp de réfugiés d'al-Nusirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 2 septembre 2020. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Mardi soir, avant de quitter sa maison du camp de réfugiés de Nuseirat dans la bande de Gaza, Omar al-Hazeen a dit bonne nuit à ses enfants. Le courant était de nouveau interrompu en raison des longues coupures d’électricité dans l’enclave, si bien qu’un membre de la famille a allumé une bougie.

Lorsqu’il est revenu, sa maison était réduite en cendres, avec ses jeunes enfants encore à l’intérieur. La famille a essayé frénétiquement d’alerter les autorités, mais il leur a fallu près d’une heure pour arriver. Et ils n’avaient pas de source d’eau pour éteindre les flammes.

Les trois enfants, âgés de moins de cinq ans, sont morts.

Yusuf al-Hazeen, 5 ans, devait entrer à l’école maternelle cette année avant que l’épidémie de coronavirus de la semaine dernière n’entraîne la fermeture des écoles de Gaza. Ses jeunes frères, Mohammad et Mahmoud, avaient respectivement 3 ans et 1 an.

Le ministère de l’Intérieur du Hamas a déclaré dans un communiqué mardi soir tard qu’il enquêtait sur l’incident.

En raison des coupures d’électricité généralisées suite aux restrictions israéliennes sur le carburant entrant dans la bande de Gaza, les membres de la famille avaient allumé une petite bougie dans leur maison tard dans la nuit. Après que certains sont sortis brièvement, pour aller dans un magasin du coin, les enfants se sont endormis, selon leur oncle, qui a refusé d’être identifié par son nom.

« Nous nous sommes retournés et avons vu les flammes. Nous nous sommes précipités vers la maison et avons appelé la brigade de défense civile, mais personne n’est venu », a-t-il confié au Times of Israel.

Même si une station locale de la défense civile n’était qu’à 1,5 km, il leur a fallu plus de 50 minutes pour arriver, après avoir été appelés sur les lieux. A ce moment-là, la maison d’al-Hazeen était calcinée, à l’intérieur comme à l’extérieur, et les trois enfants étaient morts, a rapporté l’oncle.

« Nous avons essayé de contrôler le feu, mais il n’y avait pas d’eau. Seule la Défense civile en a », a-t-il ajouté.

L’infrastructure de Gaza est fragile et surchargée, résultat de plusieurs guerres et d’un blocus de 13 ans imposé par Israël et l’Egypte. En période de prospérité, les Gazaouis vivent avec une maigre ration d’électricité qui dépasse rarement 12 heures par jour. En temps de crise, celle-ci peut cependant descendre jusqu’à trois ou quatre heures. Sans électricité, les autorités locales ne peuvent pas facilement pomper l’eau dans les maisons des habitants de l’enclave côtière.

Lors de la récente escalade de la violence entre Israël et le Hamas, Israël a interdit l’entrée de carburant à Gaza par le point de passage commercial de Kerem Shalom. Faute de carburant diesel, la seule centrale électrique de Gaza a fermé, plongeant l’enclave côtière dans l’obscurité.

« La décision a été prise … au vu des actes de terrorisme répétés des organisations terroristes dans la bande de Gaza contre les citoyens d’Israël, ce qui représente une violation de la souveraineté israélienne », a déclaré le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) dans un communiqué la semaine dernière.

Les funérailles de trois enfants palestiniens décédés dans un incendie causé par une bougie allumée pendant une coupure d’électricité dans le camp de réfugiés al-Nusirat dans le centre de la bande de Gaza, le 2 septembre 2020. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Les responsables du Hamas ont toutefois averti que le manque d’électricité pour les hôpitaux et les réseaux d’eau pourrait mettre des vies en danger.

Un accord de cessez-le-feu avec la médiation qatarie a mis fin à l’escalade lundi soir et a vu des camions transportant du précieux gazole entrer au point de passage de Kerem Shalom pour la première fois en deux semaines et demie. La compagnie d’électricité de l’enclave a annoncé que le nombre d’heures d’alimentation passerait lentement à huit heures.

Cependant, les habitants de Gaza n’ont pas encore vu l’augmentation annoncée.

Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles des trois enfants mercredi après-midi, en violation d’une mesure de confinement prise par le Hamas pour empêcher la propagation du coronavirus dans l’enclave côtière.

Omar Al-Hazeen a transporté les dépouilles de ses enfants dans les rues de la ville.

« Nous sommes heureux que des gens soient venus se joindre à nous, et envoyer un message au gouvernement pour lui dire que nous n’avons rien vu de leur part, quoi qu’ils disent. Ils disent qu’il y a de l’électricité, mais nous n’avons encore rien vu », a dénoncé l’oncle au Times of Israel.

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