Tsahal : Des milices pro-Iran ont tiré sur Israël ; la Syrie rendue responsable
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Tsahal : Des milices pro-Iran ont tiré sur Israël ; la Syrie rendue responsable

Selon l'armée, les missiles n'ont pas atteint la frontière ; l'incident suit une attaque contre une milice chiite à la frontière irakienne, où 18 personnes auraient été tuées

A titre d'illustration. Des soldats de l'armée syrienne tirent une roquette sur les positions d'un groupe de l'État islamique dans la province de Raqqa, en Syrie, le 17 février 2016. (Alexander Kots/Komsomolskaya Pravda via AP, File)
A titre d'illustration. Des soldats de l'armée syrienne tirent une roquette sur les positions d'un groupe de l'État islamique dans la province de Raqqa, en Syrie, le 17 février 2016. (Alexander Kots/Komsomolskaya Pravda via AP, File)

Une milice soutenue par l’Iran en Syrie a tiré plusieurs roquettes sur le nord d’Israël à l’aube de lundi matin, mais sans atteindre la frontière, a fait savoir l’armée.

Selon l’armée israélienne, l’attaque a été menée par des agents d’une milice chiite opérant sous le commandement de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran.

Tsahal a indiqué que les roquettes avaient été tirées depuis la banlieue de Damas.

L’attaque présumée s’est produite au milieu d’une série de frappes aériennes contre une milice pro-iranienne dans l’est de la Syrie, qui a tué 18 combattants, selon un observatoire militaire basé au Royaume-Uni.

Dans un communiqué, Tsahal a déclaré qu’il « tient le régime syrien pour responsable de toutes les actions qui ont lieu en Syrie ».

Dans un tweet, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne a averti le régime d’Assad qu’il « paierait le prix » en permettant à l’Iran et à ses mandataires d’utiliser la Syrie comme base d’opérations contre l’Etat juif, soit en fermant les yeux sur leurs actions, soit en coopérant activement avec eux.

« Ce n’est pas un secret pour nous », a écrit le porte-parole.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les frappes aériennes contre les milices pro-iraniennes ont eu lieu dans la région d’Albu Kamal près de la frontière avec l’Irak.

Il n’y a eu aucune revendication officielle quant à l’identité de l’auteur de cette attaque.

« Les avions de chasse dont l’identité n’est pas encore connue visaient des véhicules et des positions des forces et milices iraniennes qui leur sont loyales », a déclaré l’Observatoire. « Dix-huit combattants ont été tués, mais leur nationalité n’a pas encore été déterminée. »

Selon le réseau saoudien Al Arabiya, les explosions visaient une base appartenant aux Unités de mobilisation populaire [Hachd al-Chaabi], citant des sources dans la région.

Al Arabiya a déclaré que la base, dans la région d’Al-Boukamal, abritait également des forces du groupe terroriste libanais du Hezbollah.

Depuis la mi-juillet, cinq dépôts d’armes et camps d’entraînement appartenant aux Unités de mobilisation populaire ont été la cible d’attaques présumées.

Les UMP ont accusé Israël et les Etats-Unis pour une récente série d’explosions et la présence de drones d’observation sur leurs bases. Il n’y a pas eu de commentaire immédiat de la part d’Israël.

Les explosions de dimanche soir se sont produites du côté syrien de la frontière, dans les mêmes régions où Fox News a rapporté la semaine dernière que l’Iran construisait une nouvelle installation militaire pouvant accueillir des milliers de soldats et des installations de stockage d’armes avancées.

Il n’était pas immédiatement clair s’il s’agissait de la même base.

Citant des sources de renseignements occidentales, la chaîne câblée américaine a rapporté que la base était située près de la frontière syro-irakienne et que sa construction était supervisée par la Force Al-Qods, la branche étrangère du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien.

Des photos satellites de la base, connue sous le nom de complexe Imam Ali, ont montré ce qui semblait être cinq bâtiments de construction récente pouvant accueillir des missiles guidés avec précision, selon ImageSat International.

La société israélienne d’analyse d’images satellitaires a fait savoir que les photos montrent également d’autres structures de l’installation qui pourraient être utilisées pour stocker des missiles.

Image satellite montrant la construction d’une nouvelle base militaire iranienne dans la région d’Albukamal Al-Qaim en Irak, près de la frontière syrienne. (ImageSat International via Fox News)

Les images montrent également ce qui semble être la construction iranienne d’un nouveau poste frontalier près de celui d’Al-Qaïm jouxtant l’Irak.

Israël considère l’Iran comme sa plus grande menace et a reconnu avoir mené des dizaines de frappes aériennes en Syrie ces dernières années, afin principalement d’empêcher les transferts d’armes sophistiquées, y compris de missiles guidés, vers le Hezbollah soutenu par l’Iran.

Cette guerre silencieuse se serait étendue à l’Irak ces dernières semaines, les autorités américaines ayant déclaré que l’armée israélienne était responsable d’au moins quelques frappes sur des sites liés à l’Iran se trouvant à l’extérieur de Bagdad.

De la fumée s’élève après une explosion sur une base militaire au sud-ouest de Bagdad, en Irak, le 12 août 2019. (Crédit : AP Photo/Loay Hameed)

Le Pentagone, soucieux de ne pas aliéner les dirigeants irakiens et de ne pas mettre en péril sa présence militaire dans le pays, a pris ses distances vis-à-vis de ces mystérieuses explosions.

Les Unités de mobilisation populaire [Hachd al-Chaabi] ont été créées en 2014 à partir de groupes paramilitaires chiites et de volontaires afin de combattre l’organisation djihadiste de l’État islamique et font maintenant officiellement partie des forces armées irakiennes.

Mais les Etats-Unis et Israël craignent que certaines unités ne soient une extension de l’Iran et n’aient été équipées de missiles guidés de précision qui pourraient atteindre Israël.

Le mois dernier, une frappe aérienne israélienne a contrecarré ce qu’Israël a dit être un complot de l’Iran consistant à lancer une série de drones d’attaque chargés d’explosifs destinés à s’écraser sur des cibles dans le pays. L’Iran a rejeté ces allégations.

Quelques heures plus tard, Israël aurait frappé des cibles liées à l’Iran jusqu’en Irak et aurait fait s’écraser deux drones dans le sud de Beyrouth dominé par le Hezbollah.

L’Iran, ses milices alliées et la Russie ont soutenu le président syrien Bashar el-Assad dans la guerre civile dévastatrice qu’il a connue pendant huit ans.

Le conflit syrien, qui a éclaté en 2011 avec la répression sanglante des manifestations anti-régime, est devenu une guerre complexe, entraînant les puissances régionales et internationales et faisant plus de 370 000 morts.

L’AFP a contribué à cet article.

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