Un Bédouin israélien reconnu coupable du meurtre d’un soldat en 2017
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Un Bédouin israélien reconnu coupable du meurtre d’un soldat en 2017

Khaled Abu Jaudah, qui regardait des vidéos pro-Hamas sur les réseaux sociaux, a été reconnu coupable d'avoir poignardé mortellement Ron Kokia. Son père réclame la peine de mort

Ron Yitzhak Kokia, un soldat de Tsahal qui a été poignardé à mort dans une attaque terroriste, le 30 novembre 2017 (Crédit : Tsahal)
Ron Yitzhak Kokia, un soldat de Tsahal qui a été poignardé à mort dans une attaque terroriste, le 30 novembre 2017 (Crédit : Tsahal)

La cour de district de Beer Sheva a reconnu coupable, mardi, un Israélien appartenant à la communauté des Bédouins du meurtre d’un soldat dans la ville d’Arad, dans le sud du pays, en 2017.

Le chef du panel de juges, le magistrat Natan Zlochover, a indiqué qu’il était indubitable que Khaled Abu Jaudah, originaire d’un village non reconnu du sud d’Israël, avait poignardé à mort le sergent de la brigade d’infanterie Nahal Ron Kokia alors que ce dernier attendait à un arrêt de bus, le 30 novembre 2017.

Le demi-frère d’Abu Jaudah, Zahi, qui, selon le Shin Bet, a été complice du terroriste et lui est venu en aide après l’attaque, a été inculpé pour tentative de meurtre, possession d’un couteau et obstruction à la justice, entre autres.

Le père du soldat a assuré aux journalistes qu’il réclamerait la peine de mort pour le meurtrier de son fils ainsi que la démolition du domicile familial d’Abu Jaudah, qui a été construit sans autorisation. Il a également demandé que le père du terroriste soit condamné pour polygamie.

Boaz Kokia à la cour de district de Beer Sheva, le 5 mars 2019 (Capture d’écran : Ynet)

« Nous avons entendu la décision, que Khaled est coupable de ce meurtre, et nous réclamerons la punition appropriée pour le terroriste – la peine de mort, afin de dissuader d’autres terroristes potentiels », a-t-il dit.

Certains responsables politiques de droite ont, ces dernières années, appelé à ce que la législation sur la peine de mort puisse être appliquée aux terroristes.

Sheikh Alatrash Aqeb, qui a assisté au procès en tant que représentant des Bédouins, a expliqué au site d’information Ynet que toute la communauté condamnait ce meurtre.

« C’est un chagrin qui ne guérira jamais pendant tout le restant de leur vie, mais nous nous tiendrons à leurs côtés. La communauté bédouine toute entière condamne ce meurtre », a-t-il commenté.

Le 1er décembre, après une chasse à l’homme de grande ampleur, la police israélienne et le Shin Bet avaient arrêté les deux suspects bédouins israéliens et avaient retrouvé l’arme de Kokia, mais les détails de l’affaire avaient été dans un premier temps placés sous embargo.

Le Shin Bet avait fait savoir que lors de l’interrogatoire de Khaled, il avait « reconnu le meurtre du soldat et le vol de l’arme de [Kokia] ».

Aucun des deux hommes n’avait d’antécédents d’activités terroristes, avait noté le Shin Bet.

Le service de sécurité avait également éclairé le mobile de Khaled, disant qu’il avait commis l’attentat « par désir de faire quelque chose en faveur des Palestiniens et en représailles aux activités de l’armée israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ».

Le Shin Bet avait ajouté que Khaled s’identifiait à divers groupes terroristes et qu’il avait des « convictions extrémistes ».

Au cours de son interrogatoire, il avait ainsi dit aux enquêteurs que son plan n’était pas à l’origine de poignarder un soldat mais d’en kidnapper un en utilisant des anesthésiants qu’il voulait dérober au centre médical Soroka de Beer Sheva, où il travaillait.

Khaled avait abandonné son projet et avait préféré l’idée de tuer un militaire et de voler son arme pour l’utiliser lors d’attentats futurs, avait dit le Shin Bet. Selon Ynet, Khaled aurait changé d’avis parce que sa mère vivait en Cisjordanie et qu’il voyait les problèmes auxquels font face les Palestiniens.

« Chaque jour, un bébé meurt à Gaza et j’ai eu le sentiment qu’il fallait que je fasse quelque chose pour les Palestiniens », aurait ainsi déclaré Khaled aux enquêteurs.

Selon l’acte d’inculpation, Khaled regardait des vidéos montrant les actions militaires israéliennes dans la bande de Gaza et d’autres faisant l’éloge du groupe terroriste du Hamas, qui contrôle l’enclave côtière. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il avait écrit : « Que Dieu puisse sauver la terre des musulmans et faire de vos ennemis les ennemis de la religion ».

Khaled avait acheté une voiture et économisé 54 000 shekels pour assurer sa survie lorsqu’il serait en fuite.

Au cours du mois qui avait précédé l’attentat, Zahi et lui avaient arpenté les rues d’Arad pour trouver un soldat à assassiner, avant de finalement croiser la route de Kokia dont la brigade Nahal était stationnée aux abords directs de la ville.

Des centaines de personnes lors des funérailles du soldat israélien Ron Kokia, 19 ans, enterré au cimetière militaire de Kiryat Shaul le 3 décembre 2017.

Le soldat se tenait à un arrêt de bus, près d’un centre commercial, aux environs de 21h30, au moment de l’attaque.

Lorsque les secours étaient arrivés sur les lieux, ils avaient découvert Kokia dans un état grave, inconscient et le pouls très faible, selon les services du Magen David Adom. Un hélicoptère avait été appelé en renfort pour l’emmener à l’hôpital. Les médecins avaient tenté de le réanimer dans l’ambulance mais sa mort avait été prononcée avant même qu’ils n’arrivent à l’hélicoptère.

Après l’attaque, Khaled serait retourné chez lui et aurait dit ce qu’il avait fait à Zahi. Il lui aurait montré l’arme de Kokia et le couteau taché de sang. Les deux hommes auraient caché les armes et seraient ensuite sortis pour manger une pizza à Arad. Ils avaient été ultérieurement arrêtés grâce aux images enregistrées par une caméra de surveillance de la circulation routière.

Judah Ari Gross et Alexander Fulbright ont contribué à cet article.

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