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Un commandant de la police condamné pour harcèlement sexuel sur une subordonnée

Le commandant d'une unité d'infiltration qui a dupé une agente pour commettre des attouchements lors d’une mission secrète fictive a été renvoyé de la police

Des agents de la police des frontières dans la forêt de Ben Shemen, le 5 mai 2022. Illustration (Crédit : Flash90)
Des agents de la police des frontières dans la forêt de Ben Shemen, le 5 mai 2022. Illustration (Crédit : Flash90)

Un commandant supérieur d’une unité d’infiltration de la police des frontières a écopé d’une peine de prison de 16 mois après avoir été reconnu coupable d’harcèlement sexuel sur une subordonnée.

Le commandant avait été condamné il y a plusieurs mois, mais les détails de l’affaire n’ont été autorisés à être publiés que dans la nuit de mercredi à jeudi, après la demande du journal Haaretz de lever l’embargo. L’identité de l’officier supérieur, qui a depuis été expulsé de la police, n’a pas été révélée.

En plus de la peine de prison, le commandant a été condamné à verser à la victime une indemnité de 15 000 shekels.

Le tribunal de première instance de Kfar Saba a estimé que le commandant avait dupé la victime en la convainquant qu’elle participerait avec lui à une opération d’infiltration au cours de laquelle ils se feraient passer pour un couple. Sous cette ruse, il a abusé à deux occasions de son pouvoir en commettant des actes indécents, selon le tribunal.

L’accusé « a profité de son innocence et de son ignorance pour abuser sexuellement de la jeune femme », a déclaré le tribunal, qui a noté que le crime avait été soigneusement planifié et n’était pas un acte spontané.

Pour sa défense, le commandant a déclaré qu’il testait l’aptitude de la jeune femme à participer à des opérations nécessitant une couverture, et qu’il s’entraînait à utiliser la couverture du couple amoureux, rapporte le site d’information Ynet.

Le département des enquêtes internes de la police (PIID), qui dépend du ministère de la Justice, a intenté une action en justice contre le commandant après avoir reçu une plainte de l’agente qui était venue filmer. Elle avait été envoyée pour documenter les entraînements de l’unité d’infiltration lorsque le commandant lui a proposé de participer à l’opération fictive, alors qu’elle n’avait jamais reçu de formation officielle comme agent d’infiltration.

L’incident s’est produit en août 2018 et le commandant a dit à la policière que la confidentialité absolue était impérative et qu’elle ne devait parler de la mission à personne d’autre, y compris aux autres membres de son unité.

Il l’a conduite dans une forêt près de la base où elle servait, lui a ordonné de sortir de la voiture, puis lui a donné un baiser prolongé en l’embrassant et en caressant son corps à travers ses vêtements, y compris sa poitrine et son postérieur, a entendu le tribunal.

Ils sont ensuite retournés dans la voiture où il a continué ses attouchements, y compris sur ses parties intimes, tout en prétendant être en train de surveiller ce qui se passait à l’extérieur de la voiture, a rapporté Ynet. Après quoi, ils sont retournés à la base.

Dix jours plus tard, il l’a ramenée dans la même forêt et l’a de nouveau embrassée. À cette occasion, l’agente s’est plainte et a demandé si un baiser aussi intime était vraiment nécessaire. Le commandant a répondu en l’avertissant que si elle n’obtempérait pas, elle serait remplacée pour l’opération, puis il a continué à l’embrasser, selon le rapport de Ynet.

La jeune femme a alors intenté une plainte auprès du PIID.

La police israélienne a déclaré dans un communiqué qu’elle prenait « très au sérieux ce genre d’actes qui ne correspondent pas aux normes attendues d’un officier, et certainement pas d’un commandant. »

La police a déclaré qu’avec l’ouverture de l’enquête, l’officier a d’abord été mis en congé, puis suspendu. Après sa condamnation, il a été renvoyé de la police des frontières.

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