Un Démocrate refuse de faire campagne pour le Sénat aux côtés d’une anti-sioniste
James Talarico, qui affirme qu’il n’y a pas de place pour la "rhétorique antisémite", ne soutiendra pas Maureen Galindo, qui réclame "la prison pour les sionistes"
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JTA — Maureen Galindo, militante pour le logement et adepte des théories du complot dont les diatribes contre les « sionistes milliardaires » caractérisent sa campagne pour un siège à la Chambre des représentants du Texas, est sur le point de remporter le second tour des primaires démocrates dans une circonscription très disputée de la région de San Antonio.
Toutefois, si Galindo est désignée candidate, elle ne bénéficiera pas du soutien du démocrate le plus en vue de l’État, James Talarico, candidat au Sénat américain.
« Cette rhétorique antisémite n’a pas sa place dans notre vie politique. Nous avons besoin de dirigeants dans les deux partis qui soient prêts à se lever et à dénoncer la haine partout où elle montre son visage hideux », a déclaré le représentant de l’État du Texas, dont la campagne fulgurante a attiré l’attention nationale, dans un communiqué adressé à la Jewish Telegraphic Agency en réponse à une question sur Galindo.
L’équipe de campagne de Talarico a confirmé à la JTA qu’il ne ferait pas campagne aux côtés de Galindo si elle remportait le second tour le 26 mai, dans une circonscription que les Démocrates espèrent reconquérir à la suite du redécoupage électoral mené par les républicains dans l’État.
Talarico, qui est pasteur, cherche à se forger une place en tant que progressiste religieux. Bien que ses interactions avec la communauté juive aient été minimes, son rejet de Galindo fait suite à son renoncement au soutien du groupe de pression pro-Israël AIPAC et à ses critiques à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Cette prise de position est une réprimande cinglante à l’encontre d’une candidate tierce qui a rapidement incarné l’extrême de la rhétorique antisémite au sein du parti démocrate, alors que ce dernier, pris par l’espoir d’une « vague bleue » lors des élections de mi-mandat, traverse également une période délicate dans ses relations avec les Juifs.
Galindo, thérapeute spécialisée dans les questions sexuelles et familiales et mère célibataire qui s’est fait connaître localement après s’être opposée à un projet de réaménagement menaçant son logement social, n’a dépensé jusqu’à présent qu’environ 11 000 dollars pour sa campagne. Elle est pourtant arrivée en tête de la primaire démocrate très disputée de la 35ᵉ circonscription en mars, avec 29,2 % des voix.
Son adversaire au second tour, l’adjoint du shérif Johnny Garcia, a recueilli 27 % des voix. Les candidats arrivés en troisième et quatrième position ont apporté leur soutien à Galindo après avoir concédé leur défaite. Les progressistes locaux suggèrent que le soutien précoce apporté à Garcia par Democratic Majority for Israel (DMFI), ainsi que son positionnement en tant que modéré de l’establishment, ont peut-être nui à sa popularité auprès des électeurs démocrates, tandis que les positions anti-establishment de Galindo l’ont peut-être aidée.
Interrogée sur le rejet de Talarico à son égard, Galindo a déclaré à la JTA que sa position « laisse entendre qu’il pourrait être affilié au sionisme ; je m’adapterai donc en conséquence ».
« Je ne me serais de toute façon présentée avec personne », a-t-elle écrit dans un courriel.
« Je fais campagne de manière autonome afin de préserver ma liberté. C’est ce que les gens apprécient chez moi. »
Galindo a également déclaré à la JTA que « les attaques médiatiques coordonnées qualifiant ma rhétorique antisioniste d’antisémite » « causaient PLUS de tort aux Juifs de San Antonio en alimentant tous les stéréotypes selon lesquels ils contrôleraient les médias ».
« Les sionistes VEULENT que nous blâmions tous les Juifs pour les protéger de la violence qu’ils infligent aux Sémites à travers le Moyen-Orient », a poursuivi Galindo.
« Je ne me laisse pas avoir et je continuerai à protéger tous les Juifs de leurs dirigeants corrompus en rappelant constamment aux gens que ce ne sont PAS TOUS LES JUIFS. Nous devons affirmer haut et fort notre anti-sionisme en ces temps pour protéger nos voisins. »
La candidate a également dénigré d’autres groupes, notamment les hommes latino-américains, qu’elle a accusés d’avoir une « mentalité de colonisateurs ».
Concernant les Juifs et les sionistes, la candidate ne cache pas ses opinions…
« Tout cela est très complexe. Mais j’ai l’impression que ce sont les milliardaires sionistes qui contrôlent le monde », a-t-elle déclaré au San Antonio Current, cette semaine, quelques jours après que le New York Times et d’autres médias ont rendu publique sa rhétorique passée auprès d’un public national.
« Ils sont de toutes les religions. Mais surtout des milliardaires sionistes israéliens et juifs qui, de manière disproportionnée et factuelle, possèdent de nombreux studios de production hollywoodiens, des entreprises médiatiques et des banques. »
Cette semaine, elle a écrit sur les réseaux sociaux : « ZIOS = MONSTRES COLONISATEURS EUROPÉENS GÉNOCIDAIRE. »
Elle a par ailleurs fait référence à la « synagogue de Satan », une expression d’origine biblique popularisée par Louis Farrakhan pour promouvoir l’idée que les Juifs d’aujourd’hui ne sont pas authentiques, et a déclaré que « les dirigeants israéliens ne sont pas de vrais juifs ».
Mercredi, Galindo a écrit sur Instagram qu’elle rédigerait un projet de loi pour que « tout sionisme et tout soutien au sionisme soient sans aucun doute antisémites, puisque ce sont les sionistes qui nuisent aux Sémites », si elle était élue.
Elle a ajouté qu’elle transformerait un centre de détention local pour immigrants « en prison pour les sionistes américains et les anciens agents de l’ICE coupables de traite d’êtres humains », ajoutant entre parenthèses : « Ce sera également un centre de castration pour les pédophiles, qui constitueront probablement la majorité des sionistes. »
Invitée cette semaine sur la radio publique du Texas, elle a réfuté les accusations d’antisémitisme tout en réaffirmant son opposition aux « Juifs sionistes ».
« Je ne suis pas antisémite. D’ailleurs, ma dernière relation sérieuse était avec un Juif », a déclaré Galindo.
« Je suis contre les Juifs sionistes. Quand j’ai dit que ce sont les Juifs qui contrôlent Hollywood qui font cela, est-ce que tous les Juifs contrôlent Hollywood ? Non. Ce sont les Juifs sionistes. Les Juifs sionistes contrôlent nos médias, nos banques et tous nos politiciens. »
« Il existe de nombreuses preuves de ce que j’avance dans les dossiers Epstein », a-t-elle ajouté.
Dans la même émission, Garcia, l’adversaire de Galindo, l’a condamnée pour avoir tenu des « propos antisémites » et a déclaré avoir discuté de sa rhétorique avec des Juifs locaux inquiets.
« Cela incite les gens à ne pas voter et à perdre confiance dans le parti démocrate », a souligné Garcia.
« Et je les ai rassurés en leur disant : ‘Écoutez, je comprends à quel point nous vous avons perdus en 2024. Nous avons vu des gens quitter notre parti en masse. … Ces commentaires sont blessants et ne font aucun bien à notre parti démocrate.’ »
Sur les réseaux sociaux, Galindo a attaqué Garcia en le montrant se tenant devant les drapeaux américain et d’Israël et en affirmant qu’il « avait reçu de l’argent d’Israël pour entrer au Congrès et financer les guerres israéliennes ».
Le DMFI mobilise ses troupes de dernière minute contre Galindo, en lançant une nouvelle campagne publicitaire à six chiffres en faveur de Garcia.
« Johnny Garcia est un rassembleur qui soutient une relation solide entre les États-Unis et Israël et qui s’est clairement opposé à l’antisémitisme », a déclaré Brian Romick, directeur du DMFI, au Jewish Insider.
« Son adversaire, en revanche, embrasse fièrement des théories du complot antisémites ignobles, et si elle venait à l’emporter, elle pourrait mettre en péril la majorité démocrate à la Chambre des représentants. »
Galindo a reçu le soutien de Lean Left, un nouveau super PAC basé en Floride dont les origines sont obscures et qui a été associé aux républicains.
Interrogé au sujet de Galindo, le Jewish Community Relations Council (JCRC) de San Antonio a répondu à la JTA qu’il « condamne tout discours de haine, y compris l’utilisation de clichés antisémites, dans le discours public ». Il n’a cité aucun candidat dans son communiqué.
San Antonio compte environ 11 000 Juifs, qui ont été bouleversés l’an dernier par une menace de fusillade de masse visant un centre communautaire juif.
Depuis que les positions de Galindo ont été rendues publiques, l’un de ses anciens adversaires aux primaires a retiré son soutien.
« Au cours du second tour, j’ai été de plus en plus troublé par une série de déclarations désobligeantes, incendiaires et conspirationnistes visant le peuple juif et d’autres personnes », a déclaré John Lira, ancien membre du personnel de la Small Business Administration, dans un communiqué.
Lira n’a pas apporté son soutien à Garcia, affirmant au contraire qu’il « restera neutre lors de ce second tour ».
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