Un député druze accuse Liberman de soutenir Al-Qaïda en Syrie
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Un député druze accuse Liberman de soutenir Al-Qaïda en Syrie

Akram Hasson, député de la coalition, affirme que le ministre de la Défense fournit de l’aide aux combattants islamistes

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Akram Hasson, député de Koulanou, pendant son serment devant la Knesset, à Jérusalem, le 1er février 2016. (Crédit : Issac Harari/Flash90)
Akram Hasson, député de Koulanou, pendant son serment devant la Knesset, à Jérusalem, le 1er février 2016. (Crédit : Issac Harari/Flash90)

Un député de la coalition a accusé dimanche Avigdor Liberman, le ministre de la Défense, d’avoir soutenu une faction d’Al-Qaïda en Syrie, au cours d’une offensive « sans merci » contre des Druzes, sur le côté Syrien du plateau du Golan.

Le député druze Akram Hasson, du parti Koulanou, a affirmé que Liberman assurait la protection du Front Fateh al Sham (anciennement Front al-Nosra) en leur fournissant un soutien logistique avec une « technologie sophistiquée » pendant leurs attaques contre la ville de Hader, contrôlée par le régime.

« Le Front al-Nosra est en train d’attaquer le village druze de Hader sous la protection du ministre de la Défense Liberman. Nous ne serons pas tranquilles jusqu’à ce que Liberman cesse de soutenir le Front Al-Nosra contre les Druzes », a écrit Hasson sur Facebook.

Hasson a déclaré que le groupe combattant avait lancé des bombardements « sans merci » et « sans distinction de cibles » sur Hader, tuant des dizaines de personnes.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman avant la réunion hebdomadaire du gouvernement dans les bureaux du premier ministre, à Jérusalem, le 13 mars 2016. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman avant la réunion hebdomadaire du gouvernement dans les bureaux du premier ministre, à Jérusalem, le 13 mars 2016. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Selon le député, Israël aurait ciblé dernièrement des positions de l’armée syrienne appartenant au régime afin d’avantager les groupes jihadistes.

Hasson a également déclaré, sur la base d’informations vraisemblablement transmises par des témoins sur place, dans le village druze, que ces groupes posséderaient du matériel de haute technologie faisant basculer le contrôle de la situation en sa faveur. Il n’a pas précisé la nature de ces équipements.

« Cette stratégie et ces instructions proviennent de Liberman en personne », a écrit Hasson.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Tzachi Moshe, a déclaré ne vouloir faire aucun commentaire sur cette accusation.

Le député a également appelé à réunir des députés et des dirigeants religieux druzes pour discuter de la façon dont un « massacre » pourrait être évité dans le village druze de Hader.

La partie syrienne du plateau du Golan a été le lieu de violents combats entre les forces d’Assad et le Front Al-Nosra ces dernières années.

En juin 2015, la tension est montée d’un cran entre les Druzes israéliens et le gouvernement israélien quand Al-Nosra a tué plus de 20 membres de la communauté druze en Syrie.

Cet incident a provoqué une série de manifestations en Israël appelant l’armée israélienne à faire le nécessaire pour éviter de prochaines effusions de sang au sein de la communauté druze en Syrie.

Des Druzes israéliens participent  à une manifestation de soutien aux Druzes syriens dans le village de Yarka, le 14 juin 2015. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)
Des Druzes israéliens participent à une manifestation de soutien aux Druzes syriens dans le village de Yarka, le 14 juin 2015. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Les manifestations se sont encore intensifiées après l’attaque d’une ambulance de l’armée israélienne transportant des combattants syriens blessés. L’un des Syriens est mort au cours de cette attaque.

Les combattants druzes ont affirmé que l’armée israélienne transportait des membres du Front al-Nosra dans l’ambulance.

Après l’incident, l’armée avait démenti avoir fourni de l’aide médicale à des combattants islamistes, mais un officier de l’armée a déclaré peu de temps après au quotidien Haaretz qu’il était probable que des combattants d’al-Nosra soient soignés en Israël.

L’armée israélienne refuse de confirmer ou d’infirmer à ce jour qui est pris en charge, affirmant seulement qu’elle ne fait pas de discrimination entre les blessés nécessitant des soins.

Israël récupère régulièrement des Syriens blessés au cours de la guerre civile et les soigne dans l’hôpital de campagne monté le long de la frontière. Les grands blessés sont eux évacués vers des hôpitaux du pays.

Un garçon syrien hospitalisé en Israël goûte sa première matza, le 7 avril 2015. (Crédit : hôpital Ziv)
Un garçon syrien hospitalisé en Israël goûte sa première matza, le 7 avril 2015. (Crédit : hôpital Ziv)

A la fin du mois de juillet, Israël a autorisé l’association d’aide civile Amaliah, gérée par Moti Kahana, à fournir une série de soins et d’aides médicale, pédagogiques et alimentaires aux Syriens, l’armée faisant office d’intermédiaire.

Les Druzes, dont le mouvement spirituel s’est séparé de l’islam chiite au 11ème siècle, sont idéologiquement loyaux aux pays dans lesquels ils vivent. En Israël, les Druzes parlent l’hébreu et beaucoup d’entre eux servent dans l’armée.

Néanmoins, les habitants des 4 villages druzes établis sur les hauteurs du plateau du Golan ayant été conquis par Israël en 1967 sont restés ouvertement fidèles au régime syrien et ont pour la plupart refusé la nationalité israélienne.

Alors qu’Israël a fait attention à ne pas se retrouver au cœur de la guerre civile en Syrie, des représailles aux attaques des positions armées du régime syrien sont régulières afin de contrer les tirs perdus arrivant sur le territoire israélien, et veiller également à stopper les trafics d’armes aux terroristes du Hezbollah basés au sud du Liban.

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