Un document de Kan sur la façon de recruter des journalistes fait polémique
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Un document de Kan sur la façon de recruter des journalistes fait polémique

Le ministre des Communications a qualifié "d'inappropriée" la synthèse de Kan sur les employés de l'IBA, qui incluait des observations offensantes

Le ministre des Communications, Ayoub Kara, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 6 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Communications, Ayoub Kara, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 6 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Communications Ayoub Kara a condamné vendredi la corporation de diffusion publique Kan suite à la publication d’un rapport d’enquête qui a révélé l’existence d’un document contenant des observations déplacées écrites par l’équipe de direction de Kan sur les anciens employés de l’Autorité de diffusion israélienne (IBA).

« Il est inapproprié que des managers d’une institution publique catégorisent les employés dévoués, les familles et les professionnels de premier ordre », a tweeté Kara en accompagnant son texte d’une photographie du rapport d’enquête parue dans le quotidien israélien Haaretz. « Je demanderai des clarifications aux responsables de la corporation dès le début de la semaine ».

L’article a révélé plusieurs observations faites sur des journalistes dans un document de synthèse dont l’objectif visait à déterminer quels professionnels seraient intégrés dans la nouvelle compagnie, suite au démantèlement de l’IBA.

Le présentateur des informations israéliennes Amir Ivgi, par exemple, s’y trouvait qualifié « d’affreux », tandis que la journaliste Merav Miller, elle aussi ancienne présentatrice du journal télévisé, était dépeinte comme « pas particulièrement compétente ».

L’article citait encore au moins cinq sources ayant participé à ce processus de recrutement qui avait permis le transfert des employés de l’IBA au sein de la nouvelle chaîne Kan. Les sources ont décrit la manière dont les appels d’offre pour les postes disponibles au sein de la nouvelle entreprise ont pu être établis dans le but d’empêcher l’embauche de certains journalistes, en les formulant de manière à ce qu’ils ne puissent pas répondre aux exigences requises.

L’Autorité de radiodiffusion d’Israël, à Jérusalem, le 6 mars 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Suite à la publication du document, Yair Tarchitzky, président de l’Union des journalistes, a demandé la suspension immédiate du directeur-général de Kan, Eldad Koblenz, par son conseil d’administration.

« Nous voulons la suspension du directeur-général jusqu’à la clarification de tous les faits », a écrit Tarchitzky dans un courrier adressé au conseil d’administration, selon la Dixième chaîne.

« Nous réclamons des clarifications pour établir qui sont les responsables de ces propos offensants, quelle a été l’utilisation du document, comment ce type d’initiative a été géré, ainsi que les autres failles qui se sont révélées lors de l’enquête – notamment l’accusation selon laquelle des appels d’offre ont été faits sur mesure ».

Merav Miller (Crédit : Facebook)

Pour sa part, Omer Ben-Ruby, manager de la radio israélienne – qui fait partie de Kan – a contacté les employés de la chaîne et leur a affirmé dans un courrier que tous les « recrutements ont totalement été effectués sur la base du professionnalisme et non sur la base de listes, de recommandations ou de calomnies ».

Kan a émis une réponse : « pendant la période d’établissement [de la corporation], seules des informations professionnelles et pertinentes ont été utilisées. Toute autre information telle que décrite dans l’article [de Haaretz] n’a été pertinente à aucune étape du recrutement ou du le processus de construction de la chaîne, et elles n’ont certainement pas figuré dans les documents officiels de la compagnie. Le processus de sélection des employés ne s’est fait que dans le cadre légal et seulement sur la base de considérations professionnelles – et les erreurs qui ont été faites ont été corrigées et prises en charge ».

L’IBA avait été fondée en 1948 et elle a eu le monopole des diffusions télévisées et radiophoniques jusque dans les années 1990.

En 2014, le gouvernement a voté la fermeture de l’IBA et l’ouverture de Kan à sa place, une tentative de réforme qui avait eu lieu dans le cadre d’un long débat politique amer sur le rôle de l’institution.

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