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Un festival de jazz israélien à Eilat, à portée de roquettes

"Quand bien même 100 roquettes seraient tirées vers Eilat, personne n'annulerait sa participation", a déclaré Eli Degibri

Une vue du front de mer d'Eilat. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Une vue du front de mer d'Eilat. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Un festival de jazz à portée de roquettes peut sembler incongru, mais la station balnéaire israélienne d’Eilat l’accueille à partir de samedi, convaincue que rien ne pourra le gâcher, pas même d’éventuels tirs du Sinaï égyptien.

Le festival annuel se tient pendant quatre jours dans cette cité sur la mer Rouge, distante de quelques kilomètres de la péninsule du Sinaï où les forces égyptiennes luttent contre le groupe jihadiste d’Ansar Beit al-Maqdess (Partisans de Jérusalem), puis rebaptisés Provinces du Sinaï.

Beit al-Maqdess, qui a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique (EI), a revendiqué ces dernières années des tirs à partir du Sinaï sur le sud d’Israël, dont le tir de deux roquettes en janvier 2014 contre Eilat qui n’avaient pas fait de victimes.

Trois ans plus tôt, en août 2011, des attaques coordonnées attribuées par Israël à un groupe palestinien avaient fait huit morts à 20 km au nord d’Eilat et provoqué cette année là l’annulation de la venue de plusieurs musiciens étrangers au festival de jazz.

« Quand bien même 100 roquettes seraient tirées vers Eilat, personne n’annulerait sa participation », a déclaré cette semaine à l’AFP Eli Degibri, le directeur d’un festival qui fête son 30e anniversaire.

La fête accueillera surtout des musiciens israéliens. Seule exception Chick Corea, le célèbre pianiste américain, sera sur scène.

Trente concerts devraient attirer plus de 12 000 amateurs, bien plus que la moyenne habituelle de 7 500 visiteurs.

Pour Eli Degibri, le fait que la plupart des musiciens soient israéliens ne constitue pas un handicap. « C’est devenu un concept, un hommage rendu au jazz israélien », souligne ce saxophoniste qui a joué avec les plus grands musiciens américains, de Herbie Hancock au batteur Al Forster, avant de revenir en Israël il y a cinq ans.

Le bassiste Avishaï Cohen est lui aussi désormais basé à Jérusalem, tandis que son parfait homonyme trompettiste revient régulièrement se produire à Tel-Aviv, après que le jazz israélien a « conquis New York » à la fin des années 2000 selon les termes du célèbre magazine américain Jazz Times.

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