Un Gazaoui tué pendant des émeutes sur la frontière avec Israël
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Un Gazaoui tué pendant des émeutes sur la frontière avec Israël

Cinq manifestants auraient été blessés lors de ces émeutes qui ont eu lieu pour la cinquième soirée consécutive à la frontière avec Israël

Des Palestiniens transportent un blessé pendant une manifestation nocturne à la frontière avec Israël, à l'Est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 septembre 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Des Palestiniens transportent un blessé pendant une manifestation nocturne à la frontière avec Israël, à l'Est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 septembre 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Un Palestinien a été tué et un autre a été grièvement blessé par des tirs israéliens pendant des manifestations violentes qui ont eu lieu jeudi soir à la frontière avec Gaza, ont fait savoir les autorités de l’enclave côtière, qui est dirigée par le Hamas.

C’était le sixième jour de manifestations violentes nocturnes à la frontière. Les Palestiniens ont brûlé des pneus et jeté des explosifs sur les troupes israéliennes stationnées à la frontière, a fait savoir Tsahal.

L’armée a reconnu avoir utilisé des balles réelles ainsi que des outils de dispersion d’émeutes non-mortels.

Ahmed Mustafa Salah, un homme de 26 ans, a succombé à Jabaliya à des blessures par balle à l’abdomen lors de ces nouveaux heurts qui ont fait au moins 15 blessés, dont l’un reste pour l’heure dans un état grave.

Les autorités sanitaires à Gaza ont par ailleurs annoncé que quatre personnes avaient été blessées par balle. Leur vie ne serait pas en danger.

Dix manifestants ont été pris en charge pour inhalation de gaz lacrymogènes, selon les responsables du Hamas.

Les Palestiniens se rassemblent lors d’une manifestation nocturne à la frontière avec Israël, à l’Est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 septembre 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Un responsable de l’armée israélienne a indiqué au Times of Israël que les militaires avaient utilisé des méthodes de dispersion d’émeute pour contrer la manifestation violente.

« Plus de mille émeutiers se sont rassemblés, ce soir, à des endroits multiples situés aux abords de la barrière de sécurité dressée le long de la bande de Gaza », a déclaré l’officiel. « Les émeutiers ont fait brûler des pneus et ont jeté des explosifs. Les soldats de l’armée israélienne, qui étaient déployés dans le secteur, ont utilisé des méthodes de contrôle des foules et, quand cela a été nécessaire, ils ont répondu par des tirs isolés ».

Selon les journalistes de l’AFP, des manifestations ont eu lieu à plusieurs endroits de la frontière. Des médias à Gaza ont affirmé que des combattants avaient ouvert le feu sur un drone de l’armée israélienne qui survolait les manifestants, à l’Est de Gaza City.

Les émeutiers issus des « unités de confusion nocturne » se donnent rendez-vous, depuis le week-end dernier, le long de la frontière, chaque soir – avec pour objectif de renforcer les pressions exercées sur Israël en vue d’un allègement du blocus imposé à l’enclave.

Toutefois, les violences de jeudi signalent une escalade significative des affrontements et surviennent alors que l’armée israélienne est mise en cause pour sa politique d’usage de moyens létaux à l’encontre des manifestants.

Des émeutiers palestiniens affrontent les troupes israéliennes à la frontière entre Gaza et Israël, là l’est de Gaza City, le 21 août 2021. (Crédit :Abed Rahim Khatib/Flash90)

Une enquête initiale sur les coups de feu qui avaient pris pour cible l’agent de la police des frontières Barel Hadaria Shmueli, qui a succombé à ses blessures, a ainsi établi que les émeutiers, sur la frontière, était parvenus à se rapprocher de lui parce qu’il avait été ordonné aux soldats de ne pas ouvrir le feu.

Certains opposants au gouvernement actuel ont affirmé que ce dernier avait imposé de nouvelles restrictions aux militaires en raison de la présence, au sein de la coalition, du parti arabe Raam. Le chef d’état-major Aviv Kohavi a rejeté, jeudi, que des changements dans les règles d’engagement ou un manque d’équipement aient été à l’origine de la mort de Shmueli.

« Les soldats et les commandants sont équipés de tous les outils, et les règles régissant l’usage des armes à feu sont claires. Toute affirmation du contraire est non seulement infondée mais totalement mensongère », a-t-il ajouté. « Un soldat se sentant menacé et en péril, que ce soit sur le front ou temps de paix, a l’autorisation – et doit – passer à l’acte et faire disparaître la menace ».

Saleh est le troisième palestinien à mourir dans ces mouvements de protestation récents. Omar Abu Nil, 13 ans, et un membre du Hamas, Osama Duiej, avaient été blessés par balle samedi et ils ont succombé à leurs blessures quelques jours plus tard.

Des Palestiniens font brûler des pneus suite à une manifestation sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël, à l’est de la bande de Gaza, le 28 août 2021. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Israël a annoncé mercredi que le blocus serait allégé à Gaza malgré les agitations. L’État juif a fait savoir que la zone de pêche serait élargie, l’approvisionnement en eau revu à la hausse et que les hommes d’affaires palestiniens et les produits pourraient quitter Gaza en plus grand nombre.

Le pays a ajouté qu’il ouvrirait complètement le poste-frontière de Kerem Shalom pour permettre l’acheminement des équipements et des produits dans la bande. L’approvisionnement en eau sera augmenté de 5 millions de mètres-cube supplémentaires.

L’équipe du Times of Israel, Judah Ari Gross et l’AFP ont contribué à cet article.

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