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Un grand journal haredi appelle à « rester à l’écart » de la manifestation pro-réforme

Yated Neeman, affilié à la faction Degel Hatorah de Yahadout HaTorah, a déclaré que ceux qui participent à la manifestation de Jérusalem ne sont "pas des nôtres"

Des Israéliens de droite marchant avec la Torah lors d'un rassemblement de soutien aux plans du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, à Tel Aviv, le 30 mars 2023. (Crédit : Ariel Schalit/AP)
Des Israéliens de droite marchant avec la Torah lors d'un rassemblement de soutien aux plans du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, à Tel Aviv, le 30 mars 2023. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Un journal haredi populaire a appelé ses lecteurs à ne pas participer à un rassemblement de masse prévu jeudi soir en soutien à la tentative controversée du gouvernement de remanier en profondeur le système judiciaire.

Yated Neeman, qui est affilié à la faction non hassidique Degel Hatorah de Yahadout HaTorah – un allié clé du Premier ministre Benjamin Netanyahu – a publié un article sur la manifestation en faveur de la réforme, indiquant son lieu et sa date.

Toutefois, l’article qui l’accompagnait invitait les membres de la communauté à ne pas y participer.

« Nous sommes clairement avec la droite sur l’ordre de nos rabbins, mais nous n’appartenons pas à cette campagne commune et nous ne nous y engageons pas », peut-on lire dans l’article.

« Nous sommes en faveur d’une réforme judiciaire et contre la prise de contrôle dictatoriale de la vie des gens par le terrorisme libéral. Mais les membres de la communauté haredi doivent rester à l’écart », ajoute l’article. « Ceux qui se rendent à des manifestations d’extrême-droite ne font pas partie de notre public, un point c’est tout. Ceux qui vont aux manifestations d’extrême-droite ne sont pas des nôtres. »

Si Degel Hatorah est depuis longtemps positionné à la droite sur l’échiquier politique, ses dirigeants rabbiniques rechignent à s’identifier à l’État et à ses institutions. Ils s’opposent aussi profondément aux manifestations qui ne sont pas séparées selon le sexe.

Benjamin Netanyahu du Likud avec le député Moshe Gafni, leader de Degel HaTorah, lors d’un vote dans la salle d’assemblée de la Knesset, le 28 décembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les partisans de la coalition et les partisans du plan controversé du gouvernement visant à entraver le système judiciaire se préparent à un rassemblement de masse en faveur de la réforme jeudi soir à Jérusalem, qui, espèrent-ils, dépassera en taille les nombreuses manifestations de masse contre la réforme organisées au cours des quatre derniers mois.

S’il est clair depuis longtemps que la communauté ultra-orthodoxe ne participera probablement pas en masse à l’événement, les organisateurs espèrent néanmoins que certains y prendront part.

Certains des membres les plus influents du gouvernement prendront la parole à cette occasion, notamment Yariv Levin, architecte de la réforme judiciaire, le ministre des Finances Bezalel Smotrich (HaTzionout HaDatit), et Israel Katz, ministre de l’Énergie, bien que Netanyahu ne soit pas censé participer à la manifestation.

Les organisateurs du rassemblement présentent cette manifestation de masse comme une riposte de ceux qui ont voté pour le gouvernement actuel contre le vaste mouvement de protestation qui s’oppose à la législation très controversée.

Les manifestations massives contre la refonte comprenaient un refus croissant de servir de la part des réservistes de Tsahal, des actions de grève du travail et des troubles civils, forçant Netanyahu à geler le processus législatif pour permettre des négociations avec l’opposition sur un compromis éventuel.

La bannière de Netanyahu indiquant « Beaucoup de politiciens, un seul leader » lors du rassemblement en faveur de la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Tel Aviv, le 30 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Si elle était appliquée dans son intégralité, cette législation donnerait aux coalitions au pouvoir un contrôle presque total sur les nominations judiciaires et réduirait considérablement la capacité de la Haute Cour de justice à invalider la législation.

Les opposants affirment que cette législation radicale supprimerait presque tous les freins et contrepoids du système de gouvernement israélien, érodant et potentiellement éliminant son caractère démocratique et laissant les minorités sans protection. Les partisans assurent qu’il s’agit d’une réforme indispensable pour mettre un frein à l’activisme de la Cour.

Le mouvement en faveur de la réforme est mené par la nouvelle organisation Tekuma 23, créée par le député Avichaï Buaron (Likud), un résident religieux de l’implantation d’Amichaï en Cisjordanie, ainsi que par Beraleh Krombie, un activiste de l’implantation, un conseiller en communication stratégique et un membre hassidique du mouvement Habad Loubavitch. Le groupe figurait parmi les principaux organisateurs d’un grand rassemblement de la droite le 27 mars, qui a attiré un grand nombre de membres des communautés religieuses nationales et de résidents d’implantations, quelques heures avant que Netanyahu n’annonce qu’il gelait le processus législatif.

Selon les organisateurs, un millier de bus privés devraient partir de dizaines d’endroits du pays pour se rendre au rassemblement à Jérusalem.

Jeremy Sharon a contribué à cet article.

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