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Un groupe d’aide juif dénonce la hotline de Trump sur les crimes des migrants

L'HIAS avertit que VOICE, nouveau bureau spécial pour les victimes des crimes commis par les immigrants, 'donne une nouvelle direction dangereuse à la société'

Le président américain Donald Trump pendant un discours prononcé devant l'assemblée plénière du Congrès juif mondial à New York, le 23 avril 2017. (Crédit : capture d'écran Maison Blanche)
Le président américain Donald Trump pendant un discours prononcé devant l'assemblée plénière du Congrès juif mondial à New York, le 23 avril 2017. (Crédit : capture d'écran Maison Blanche)

Un nouveau programme gouvernemental pour venir en aide aux victimes des crimes commis par les immigrants sans papier désigne de manière inéquitable les minorités, a affirmé un groupe d’aide aux réfugiés.

HIAS, qui dirige les programmes d’installation des réfugiés, a critiqué le nouveau bureau spécial pour les victimes de crimes « d’immigration » (Victims of Immigration Crime Engagement Office) ou VOICE, créé mercredi.

VOICE, qui sera dirigé par le bureau chargé de l’immigration et des douanes, offrira des conseils aux victimes de crimes commis par des immigrants sans papier, ainsi que des informations sur le statut d’immigration des auteurs.

Un communiqué annonçant le lancement de VOICE explique que « VOICE veut garantir aux victimes d’étrangers criminels qu’elle seront écoutées, vues et soutenues ». Un programme qui existe déjà au niveau de l’état – qui s’appelle ‘Victim Information and Notification Everyday’ – offre des conseils aux victimes de crimes sans se concentrer exclusivement sur les immigrants sans papier, selon le New York Times.

Dans un communiqué paru jeudi, l’HIAS a expliqué que VOICE discrimine une population vulnérable.

« Ne désigner certaines personnes que sur la base exclusive de leur statut d’immigration donne une nouvelle direction dangereuse à notre société », a indiqué le communiqué.

« Ce nouveau bureau gouvernemental financé par les contribuables sert exclusivement à marginaliser les communautés minoritaires, à diaboliser les nouveaux arrivants et à nous diviser ».

L’HIAS a comparé le travail effectué par le bureau aux accusations qui étaient formulées il y a un siècle, affirmant que les Juifs étaient à l’origine des crimes. D’autres critiques sont allées plus loin. Democracy Now!, un programme d’information considéré comme progressiste, a ainsi comparé l’insistance de Trump sur les crimes commis par des migrants sans papier aux articles publiés dans les journaux de l’Allemagne nazie consacrés aux crimes des Juifs.

« Par exemple, durant le début du 20e siècle, des Juifs réfugiés aidés par l’HIAS qui avaient fui les persécutions en Europe se sont vus reprocher la majorité des crimes à New York,” a indiqué le communiqué de l’HIAS.

« C’est injuste de diaboliser les immigrants sur la base des actions de quelques-uns tout en échouant à reconnaître la majorité écrasante de contributions positives apportées à notre économie et à nos communautés par les nouveaux membres de notre société ».

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