Un homme muni d’une arme interpellé au Mémorial des déportés à Mayenne
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Un homme muni d’une arme interpellé au Mémorial des déportés à Mayenne

Isolé, se disant "nationaliste", le suspect de 20 ans consultait régulièrement des sites antisémites et avait "Mein Kampf" dans son sac à dos

Salle des objets du souvenir du mémorial des déportés de la Mayenne (Crédit: Apmd53/Wikimedia Commons)
Salle des objets du souvenir du mémorial des déportés de la Mayenne (Crédit: Apmd53/Wikimedia Commons)

L’homme qui a menacé avec un fusil un employé du Mémorial des déportés à Mayenne (Mayenne) est un jeune « nationaliste », fragile psychologiquement, détenteur d’ouvrages antisémites, qui voulait commettre un « acte spectaculaire », a indiqué le procureur de Laval mercredi.

Originaire de Château-Gontier (Mayenne) et âgé de 20 ans, le suspect « n’a aucun antécédent pénal mais a des antécédents psychiatriques », a précisé le procureur Guirec Le Bras, au cours d’une conférence de presse.

Il avait été hospitalisé sous contrainte à deux reprises, en 2016 et entre octobre et décembre 2017.

Isolé, se disant « nationaliste », il consultait régulièrement des sites antisémites.

Mardi, à 15H00, il a menacé, avec un fusil de chasse non chargé, un employé de l’accueil du Mémorial des déportés de Mayenne, un lieu qui rend hommage aux personnes envoyées dans les camps de concentration et d’extermination nazis.

« C’est une prise d’otages », a-t-il dit à l’employé, qui a résisté et appelé à l’aide. Maîtrisé et désarmé avec l’aide d’un second employé, l’homme a été placé en garde à vue par les gendarmes à 15H20.

Dans son sac à dos, ceux-ci ont découvert plusieurs ouvrages, dont « Mein Kampf » d’Adolf Hitler, « Psychanalyse du judaïsme » d’Hervé Ryssen ou « Comprendre l’empire » d’Alain Soral.

« Pour autant, il n’a à aucun moment prononcé de propos antisémites lors de la commission des faits », a souligné le magistrat. Or, le journaliste Pierre-Erik Cally de France 3 Mayenne avait affirmé que « l’homme de type européen a proféré des menaces contre les Juifs ».

Et pendant sa garde à vue, « il a dit qu’il voulait faire un coup d’éclat sans plus d’élaboration ou de précision », a-t-il ajouté.

Il « mûrissait son projet depuis un mois » et avait acheté le fusil vendredi dernier dans la région angevine, selon le procureur. Mais la détermination du lieu n’est arrivée que très tardivement.

« Compte tenu des fragilités psychiatriques, ce qui nous reste à vérifier c’est s’il y aura une clause d’irresponsabilité pénale à terme. Pour l’instant, nous n’avons pas ces éléments », a souligné le magistrat. « Selon ces éléments, ça s’orientera soit vers une irresponsabilité soit vers des poursuites pénales contre l’intéressé. »

Le parquet décidera des suites à donner à cette affaire à l’issue de la garde à vue, qui a été prolongée jusqu’à jeudi après-midi. L’enquête a été ouverte pour « violences avec armes » et « détention et transport d’arme prohibée ».

Étudiant en sports-études dans le but de devenir basketteur, le jeune homme avait échoué à intégrer un club espoir de haut niveau, avant d’enchaîner des petits boulots. Il avait un suivi psychiatrique depuis sa dernière hospitalisation.

Il doit être examiné par un expert psychiatre mercredi après-midi.

Le préfet de Mayenne, Frédéric Veaux, a « salué le courage et le sang-froid des agents qui ont fait face à l’agresseur et la réactivité et le professionnalisme des gendarmes qui sont intervenus ».

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