Un Israélien guéri de la COVID-19 réinfecté par le variant sud-africain
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Un Israélien guéri de la COVID-19 réinfecté par le variant sud-africain

Cet homme de 57 ans était récemment revenu d'une visite en Turquie et est largement resté asymptomatique

Capture d'écran d'une vidéo de Ziv Yaffe, à gauche, qui a été réinfecté par le coronavirus, et de Shai Efrati du centre médical Assaf Harofeh. (Capture d'écran : Douzième chaîne)
Capture d'écran d'une vidéo de Ziv Yaffe, à gauche, qui a été réinfecté par le coronavirus, et de Shai Efrati du centre médical Assaf Harofeh. (Capture d'écran : Douzième chaîne)

Un Israélien qui avait guéri de la COVID-19 a appris dimanche qu’il avait été réinfecté par le dit « variant sud-africain », ont fait savoir les médias israéliens. C’est la toute première fois que se présente ce cas de figure.

Ce diagnostic survient dans un contexte d’incertitude continue sur l’efficacité du vaccin Pfizer/BioNTech – utilisé par Israël dans son programme massif d’immunisation – contre les nouvelles variantes du virus.

Ziv Yaffe, âgé de 57 ans et originaire du centre du pays, était récemment revenu de Turquie. S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne, il a expliqué que, si durant sa première infection, au mois d’août, il avait présenté « tous les symptômes », il s’était senti bien lors de la seconde.

Yaffe était revenu au sein de l’État juif en date du 16 janvier. Le 23 janvier, il a constaté un écoulement nasal et est allé se faire dépister au coronavirus dans la mesure où il participait à un programme de recherches de suivi du centre médical Assaf Harofeh. Le test a montré qu’il avait été réinfecté et des examens ont révélé qu’il était atteint par le variant sud-africain.

Dans le reportage, Shai Efrati, chef de la recherche et du développement au centre médical, a déclaré à la chaîne que le cas de Yaffe est unique parce que les médecins disposent de son dossier médical complet, établissant tout son parcours de malade du coronavirus.

« C’est la première fois que nous disposons d’un dossier complet avec l’infection, la guérison, la réinfection et que nous sommes en mesure de constater, dans son cas, que les anticorps l’ont protégé face à la mutation », dit Efrati.

« Ce qui nous permet d’apprendre que lorsqu’il y a des anticorps, ils protègent contre la maladie », continue-t-il.

L’aéroport international Ben Gurion presque vide, aux abords de Tel Aviv, le 18 janvier 2021. (Avshalom Sassoni/FLASH90)

Efrati recommande toutefois la prudence, ajoutant qu’il serait prématuré de conclure que les personnes ayant attrapé la maladie sont protégées contre d’éventuels variants. Il explique qu’il faudra pouvoir étudier d’autres cas similaires avant d’en tirer des conclusions.

Il estime néanmoins que le cas de Yaffe est « très encourageant ».

Yaffe note qu’en plus de se sentir plutôt bien, personne, parmi les membres de sa famille et d’autres qui ont été en contact étroit avec lui pendant sa seconde infection, n’est tombé malade.

C’est la deuxième fois que le variant sud-africain entre en Israël depuis la Turquie, a remarqué le site d’information Ynet.

Les responsables de la santé s’inquiètent de ce que le variant sud-africain – similaire aux variants britannique et californien qui sont considérés comme plus contagieux – puisse donner lieu à une nouvelle vague d’infection parmi des personnes ayant déjà guéri de la COVID-19 et qui n’ont pas encore été vaccinées dans le cadre de la vaste campagne d’immunisation contre le coronavirus au sein de l’État juif.

Tous les patients antérieurs atteints par la souche sud-africaine – elle avait été découverte au mois de décembre en Afrique du Sud – étaient des voyageurs revenus au sein de l’État juif depuis l’Afrique du Sud, l’Ethiopie ou Dubaï.

Sharon Alroy-Preis, cheffe de la division de santé publique au sein du ministère de la Santé, lors d’une visioconférence organisée par la Commission de la constitution, du droit et de la justice de la Knesset, le 6 janvier 2021. (Capture d’écran : YouTube)

Samedi, la docteure Sharon Alroy-Preis, cheffe des services de santé publique au sein du ministère de la Santé, a confié à Kan que des indications préliminaires pouvaient indiquer que les vaccins seraient moins efficaces pour combattre le variant sud-africain.

« Nous n’avons pas encore de preuve sur une résistance complète des variants, quels qu’ils soient, au vaccin mais il y a des éléments préliminaires qui permettent d’avancer que peut-être, l’efficacité du vaccin serait quelque peu moindre contre le variant sud-africain », a-t-elle expliqué.

Alroy-Preis a précisé que des études étaient en cours sur le sujet.

Pfizer et BioNTech, dont le vaccin est utilisé dans la campagne de vaccination israélienne qui est aujourd’hui unique au monde, ont annoncé jeudi que les premiers tests suggéraient que l’immunisation était efficace contre les variants sud-africain et britannique du coronavirus.

L’étude a révélé que les anticorps avaient pu neutraliser tous les variants testés. Elle a noté que l’effet était « légèrement inférieur » contre les trois mutations du variant découvert en Afrique du Sud, notamment l’E484K. Mais les deux entreprises ont estimé qu’il était improbable que l’efficacité du vaccin soit réduite de manière significative.

Le ministère de la Santé a confirmé, la semaine dernière, que trois cas de plus du variant sud-africain avaient été enregistrés au sein de l’État juif, ce qui a amené le groupe total d’infections de ce variant à 30 personnes. Trois ont été découverts au cours d’un échantillonnage aléatoire, ce qui a fait naître l’inquiétude d’une propagation qui serait non-détectée dans la communauté.

Pendant ce temps, le variant britannique se répand rapidement en Israël. Les responsables de la santé attribuent le nombre important et continu de nouveaux cas de coronavirus enregistré après des semaines de confinement à cette souche particulière. Le nombre de nouvelles infections quotidiennes reste dans les milliers de cas, et ce malgré les restrictions strictes et la campagne de vaccination.

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