Un Israélien montre comment la COVID-19 affecte le cœur de façon unique
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Un Israélien montre comment la COVID-19 affecte le cœur de façon unique

La maladie cause un type de lésion unique au ventricule droit du coeur, ce qui s'observe chez deux patients sur cinq hospitalisés

Des médecins du centre médical Sourasky à Tel Aviv soignent un patient dans l'unité de coronavirus, le 4 mai 2020. (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)
Des médecins du centre médical Sourasky à Tel Aviv soignent un patient dans l'unité de coronavirus, le 4 mai 2020. (Crédit : Yossi Aloni / Flash90)

Alors que le monde ne comprend pas encore très bien comment la COVID-19 affecte le cœur, un cardiologue israélien a commencé à proposer la meilleure reconstitution en date de ce puzzle complexe.

La maladie cause un type de lésion unique au côté droit du coeur, ce qui s’observe chez deux patients sur cinq hospitalisés, selon une équipe du docteur Yishay Szekely du centre médical Sourasky de Tel Aviv.

« Personne ne savait ce qui se passait réellement au coeur, et nous disons qu’il y a 40 % des patients hospitalisés qui souffrent d’un dysfonctionnement au côté droit, et que la maladie affecte rarement le côté gauche », a déclaré Szekely au Times of Israël.

« Nous avons établi ce qui se passe effectivement au niveau du cœur, et c’est une première étape vers une meilleure compréhension des effets de la maladie sur le cœur, et pour ensuite proposer de meilleurs traitements futurs, a-t-il ajouté. Je pense que c’est une étape importante ».

Le Dr. Yishay Szekely, cardiologue à l’hôpital Sourasky de Tel Aviv (Crédit : Yishay Szekely)

Szekely a récemment publié sa recherche dans la revue spécialisée en cardiologie American Heart Association journal Circulation. Il a expliqué que son étude sur 100 patients est la première étude mondiale à utiliser systématiquement l’imagerie pour montrer l’impact du coronavirus sur le coeur, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des tests effectués en laboratoire.

On pense que le COVID-19 se manifeste principalement comme une affection respiratoire, mais il est connu comme pouvant causer des dégâts importants au coeur. Szekely a déclaré qu’il avait eu recours à des IRM cardiaques pour beaucoup de ses patients atteints du coronavirus dans son hôpital afin de vérifier quelques points. Il a été surpris par ce qu’il a vu.

Il s’attendait à trouver des lésions au côté gauche du coeur, en se basant sur les rapports préliminaires venus de Chine et d’Europe. Au lieu de cela, il a constaté que toutes les lésions cardiaques affectaient le ventricule droit.

Quand des virus provoquent des lésions cardiaques directes au coeur, ils affectent le côté gauche, a souligné Szekley. Il a ajouté qu’il peut aussi y avoir des lésions au côté droit, mais il n’a jamais observé de virus qui entraîne de manière constante des lésions au côté droit du coeur.

Mais, comme cela semble être le cas si l’on en croit son étude du COVID-19, a-t-il déclaré, il n’y a que deux manières d’interpréter les résultats. L’une était de conclure que le coronavirus a un effet différent sur le coeur que d’autres virus – Szekely a rejeté cette hypothèse comme étant hautement improbable. L’autre possibilité était de conclure que le coeur ne réagit pas directement au virus, mais plutôt à la pression exercée sur les poumons.

C’est cohérent, a déclaré Szekely, étant donné que le côté droit du coeur est chargé d’envoyer du sang vers les poumons. « Une pression élevée sur les poumons pourrait forcer le côté droit du coeur à travailler plus dur, a-t-il dit. Pensez à une pompe qui a besoin de travailler plus dur à cause de plus de résistance ».

Cette conclusion devrait décourager les chercheurs d’investir directement des efforts pour traiter les effets du coronavirus sur le coeur, en les encourageant à consolider leurs efforts afin de trouver des moyens d’améliorer la santé des poumons des patients, a déclaré Szekely.

Il a plusieurs théories pouvant expliquer pourquoi la maladie affecte le côté droit du coeur. Certaines théories sont liées à la réaction des poumons face au virus, et une autre hypothèse suggère que le traitement pourrait lui-même affecter négativement les poumons.

Un docteur vérifie l’écran de contrôle d’un respirateur médical à l’hôpital universitaire Samson Assuta d’Ashdod, le 16 mars 2020. (Jack Guez/AFP)

« Il est possible que si vous ventilez des patients à des fortes pressions, vous causez des lésions. Celles-ci pourraient être entraînées par le traitement et non pas la maladie », a-t-il dit. Si c’était exact, cela pourrait donner raison à certains médecins qui ont affirmé que la ventilation pouvait parfois être néfaste.

Szekely pense que l’apport principal de son travail est qu’il donne une première explication du comment la maladie affecte le coeur ce qui permettra d’aider les chercheurs, les docteurs et les groupes pharmaceutiques pour développer des traitements. Mais il a dit que même avant d’autres découvertes majeures, ses conclusions pouvaient aider des docteurs à soigner des patients.

En se basant la recherche et ses hypothèse actuelles pour expliquer ses conclusions, Szekely pense que les docteurs devraient être encore plus attentifs au côté droit du coeur pendant toute l’hospitalisation des patients.

« La recherche peut aider à orienter les traitements, par exemple [en] ayant recours à des anticoagulants afin de permettre au ventricule droit de fonctionner avec une basse pression, et d’ajuster les mesures de ventilation en se basant plus encore sur l’état du coeur du patient », a-t-il déclaré.

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