Un ministre de haut rang alerte Israël d’une guerre imminente avec Gaza
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Un ministre de haut rang alerte Israël d’une guerre imminente avec Gaza

Yisraël Katz : personne ne veut la guerre, mais "nous avons une ligne rouge" ; Steinitz : Israël pourrait être contraint à reprendre Gaza si les tirs de roquettes se poursuivent

Des soldats israéliens gardent la frontière avec la bande de Gaza le 29 mai 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des soldats israéliens gardent la frontière avec la bande de Gaza le 29 mai 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Israël n’a jamais été aussi proche d’une guerre avec Gaza depuis la guerre de 2014 avec le Hamas, a déclaré le ministre du Renseignement Yisrael Katz à la radio de l’armée mardi soir, après une journée de tirs intenses de roquettes et de mortiers depuis la bande de Gaza et de représailles israéliennes.

« Nous n’avons jamais été aussi proche de la guerre depuis l’opération Bordure protectrice », a-t-il affirmé. « Nous ne voulons pas la guerre et le camp adverse non plus, mais nous avons une ligne rouge ».

Pour M. Katz, les heures à venir pourraient connaître une « escalade » de la violence. « Que cette situation se transforme en une guerre que nous ne voulons pas et qu’ils ne veulent pas – c’est à eux et à eux seuls d’en décider », a-t-il ajouté.

Mardi, au moins 60 roquettes et obus de mortier ont été lancés sur Israël depuis Gaza, ainsi que des dizaines de frappes de représailles de la part de Tsahal contre des cibles terroristes dans la bande de Gaza, couronnant des semaines de tensions croissantes dans la région à la suite de manifestations hebdomadaires à la frontière. Lors d’un tir de mortier tôt le matin, un obus a explosé dans la cour d’une école maternelle peu avant l’arrivée des enfants.

Le ministre du Renseignement et des Transports, Yisraël Katz, assiste à une réunion du Comité des finances à la Knesset, le 26 février 2018. (Flash90)

Quatre Israéliens – trois soldats et un civil – ont été blessés par des éclats d’obus lors des attaques. Un soldat a été modérément blessé, tandis que les autres ont été légèrement blessés.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz a averti qu’Israël pourrait être contraint de « conquérir Gaza » si le niveau de violence ne diminue pas.

« Il se peut que nous n’ayons pas le choix, et que nous soyons contraints de frapper Gaza et d’en prendre le contrôle afin de mettre fin une fois pour toutes à ce régime terroriste », a déclaré M. Steinitz, membre du cabinet de sécurité de haut niveau, au site d’information Ynet.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, lors de la réunion hebdomadaire des ministres
dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem,le 29 octobre 2017. (Ohad Zwigenberg/Flash90)

Il a toutefois souligné qu’Israël ne voulait pas d’un tel scénario. « Nous espérons ne pas être contraints à une telle éventualité », a-t-il ajouté, appelant à une riposte énergique qui empêcherait un conflit beaucoup plus important.

Steinitz s’est fait l’écho de Katz en disant qu’il ne croyait pas que le Hamas voulait une guerre totale avec Israël, mais qu’Israël réagirait durement si l’organisation terroriste ne pouvait pas contrôler les tirs de roquettes.

Il a aussi déclaré qu’il était important qu’Israël n’utilise pas seulement ses muscles, mais aussi son cerveau pour négocier avec l’enclave palestinienne.

Israël doit « tenir compte de la situation humanitaire à Gaza […] nous devons réfléchir à la manière de mettre en œuvre une solution plus globale qui entraînera un changement fondamental de la situation à Gaza », a indiqué M. Steinitz.

Netanyahu a rencontré mardi soir le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le chef d’état-major de Tsahal Gadi Eizenkot et le chef de l’agence de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman pour s’entretenir de l’escalade dans le sud.

Une photo prise depuis la ville de Gaza le 29 mai 2018 montre une fumée s’échappant en arrière-plan à la suite d’une frappe aérienne israélienne sur l’enclave palestinienne. (AFP PHOTO / THOMAS COEX)

Avant la réunion Liberman a averti sur Twitter : « Tout endroit d’où des groupes terroristes tirent sur Israël est une cible légitime pour les frappes aériennes ». Il s’est engagé à « agir de toutes les manières possibles pour assurer la sécurité et la tranquillité des citoyens israéliens ».

Netanyahu avait promis plus tôt de répondre « avec une grande force » aux attaques de Gaza.

Le président Reuven Rivlin a déclaré que ces violences faisaient partie d’un « conflit ouvert avec des organisations terroristes soutenues par l’Iran […] nous sommes déterminés à défendre nos frontières, notre vie quotidienne et la vie de notre peuple ». Il a ajouté qu’Israël « n’acceptera pas que l’étau de terreur iranien se resserre au nord et au sud ».

Le député Isaac Herzog (Union sioniste), leader de l’opposition, s’adresse à la plénière de la Knesset le 12 mars 2018 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Le chef de l’opposition Isaac Herzog (Union sioniste) a appelé la communauté internationale à « élever la voix » pour condamner les tirs de missiles en provenance de Gaza sous peine de « donner au Hamas une incitation supplémentaire à nous entraîner dans un conflit non désiré, inutile et coûteux ».

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, a soutenu la sévère riposte israélienne, affirmant qu’il s’attendait lui aussi à « une condamnation claire de la communauté internationale à cette attaque massive contre une population civile ».

Le député Ayman Odeh, et président de la Liste arabe unie, à la Knesset, le 1er novembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Parallèlement, le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a condamné le gouvernement israélien pour ces violences, affirmant que « le gouvernement d’extrême droite pousse la région à la guerre ». Odeh a ajouté : « Cette escalade n’est pas venue de nulle part. Gaza est assiégée, et au lieu de trouver de vraies solutions, Netanyahu choisit d’attiser les flammes sous cette cocotte-minute ».

Le député Jamal Zahalka de la Liste arabe unie a affirmé qu’Israël était en train de « déclencher une confrontation militaire » à Gaza et a appelé le monde à « réfréner la folie du pouvoir israélien ».

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