Un Saoudien et une Iranienne à la TV israélienne pour évoquer le Moyen Orient
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Un Saoudien et une Iranienne à la TV israélienne pour évoquer le Moyen Orient

Abed al-Hamid Hakim, qui s'exprimait depuis Jeddah dans une interview accordée à la Deuxième chaîne, a évoqué la politique d'état pour mettre un terme au terrorisme ; une Iranienne décrit l'attentat de Téhéran

Le correspondant chargé des affaires arabes  Ehud Yaari de la Deuxième chaîne en Israël s 'entretient avec le Saoudien Abed al-Hamid Hakim depuis Jeddah, le 7 juin 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Le correspondant chargé des affaires arabes Ehud Yaari de la Deuxième chaîne en Israël s 'entretient avec le Saoudien Abed al-Hamid Hakim depuis Jeddah, le 7 juin 2017. (Crédit : capture d'écran Twitter)

La Deuxième chaîne israélienne a interrogé lundi soir un expert saoudien sur la crise entre son pays et le Qatar. Depuis, cet entretien a entraîné de nombreux commentaires, réseaux sociaux et médias arabes dénonçant une « normalisation » entre Israël et l’Arabie saoudite.

Dans ce que la Deuxième chaîne a qualifié de toute première interview en direct accordée depuis l’Arabie saoudite, le correspondant des affaires arabes de la chaîne, Ehud Yaari, s’est entretenu avec le Saoudien Abed al-Hamid Hakim lundi, directement depuis Jeddah.

Il a notamment accusé les deux mouvements palestiniens terroristes, le Hamas et le Jihad islamique, proches du Qatar, d’ « utiliser la religion à des fins politiques ».

Il a encore dénoncé les Frères musulmans, dont est issu le Hamas, classés terroristes par plusieurs pays arabes et d’autres de « diffuser le terrorisme au nom de la religion, de la résistance ou du jihad », des allusions claires aux noms du Hamas et du Jihad islamique.

Hakim a indiqué à la Deuxième chaîne que le temps d’un « nouveau Moyen Orient » était arrivé, mais n’a pas évoqué les relations entre Israël et l’Arabie Saoudite, ajoutant qu’il pensait que l’isolement du Qatar était la première étape qui permettrait d’éliminer le terrorisme dans la région entière.

https://twitter.com/RamiAILoIah/status/871845977300316161

« Israël utilise la crise dans le Golfe pour normaliser ses relations avec les pays arabes », a aussitôt accusé Arab 48, un journal arabe israélien basé à Nazareth, la plus grande ville arabe d’Israël. « Des Saoudiens en direct sur les écrans israéliens », écrivait-il encore.

La question de la « normalisation » est particulièrement sensible pour les Palestiniens et les Arabes israéliens en particulier, et pour les Arabes en général. Elle est vigoureusement rejetée en l’absence d’accord de paix avec les Palestiniens.

La coopération entre Israël et l’Arabie saoudite « comme des alliés et des amis n’est plus secrète et apparaît maintenant clairement », a déclaré à l’AFP le politologue arabe israélien Hussein al-Soueiti.

Plusieurs sites d’information à Gaza et proches du Hamas ont titré : « Un Saoudien menace le Hamas et le Jihad islamique sur une chaîne en hébreu » et sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes évoquaient un « traître ».

D’autres médias en ligne dénonçaient une « opération saoudienne de normalisation avec l’entité sioniste ennemie ».

Pour le militant arabe israélien Raja Zaatra, « l’Arabie saoudite est le dernier pays à pouvoir parler de terrorisme ». « Les organisations terroristes que le régime wahhabite saoudien finance et parraine ne sont pas très différentes de celles financées par le Qatar et soutenues par ses médias », écrivait-il ainsi sur sa page Facebook.

Un hélicoptère de la police au-dessus du mausolée de l'Ayatollah Rouhollah Khomeiny, à Téhéran, après un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique, le 7 juin 2017. (Crédit : Hasan Shirvani/Miza News/AFP)
Un hélicoptère de la police au-dessus du mausolée de l’Ayatollah Rouhollah Khomeiny, à Téhéran, après un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique, le 7 juin 2017. (Crédit : Hasan Shirvani/Miza News/AFP)

D’autre part, une Iranienne anonyme a parlé mercredi à la Deuxième chaîne, le visage flouté pour protéger son identité.

Elle a décrit l’attentat terroriste de la journée et a expliqué que les Iraniens étaient impatients d’être en paix avec les autres nations.

Il y a eu de nombreux reportages portant sur des pourparlers clandestins entre Israël et les puissances arabes, qui en sont venues à considérer l’Etat juif comme un allié possible contre ce qu’elles considèrent comme une menace bien plus grande : l’Iran et ses aspirations régionales. Les responsables saoudiens ont organisé certaines réunions ouvertes avec de hauts responsables israéliens, et un général saoudien est venu à Jérusalem, rencontrant des personnalités de haut rang et des politiciens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a souvent évoqué des liens secrets croissants avec les nations arabes, même si certains spécialistes ont prévenu que la perspective de normalisation des relations reste mince en l’absence de paix avec les Palestiniens.

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