Une baronne quitte le parti qui l’a suspendue pour ses propos anti-juifs
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Une baronne quitte le parti qui l’a suspendue pour ses propos anti-juifs

Les libéraux-démocrates ont suspendu Jenny Tonge après qu’elle ait organisé un événement durant lequel la responsabilité de la Shoah a été imputée aux Juifs et Israël a été comparé à l’EI

Jenny Tonge, la parlementaire britannique et d'autres intervenants écoutent durant une rencontre anti-Israël à la Chambre des Lords le 25 octobre 2016, pendant qu'un membre du public accuse les juifs d'avoir contrarié Hitler au point de commettre le génocide de la Shoah. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Jenny Tonge, la parlementaire britannique et d'autres intervenants écoutent durant une rencontre anti-Israël à la Chambre des Lords le 25 octobre 2016, pendant qu'un membre du public accuse les juifs d'avoir contrarié Hitler au point de commettre le génocide de la Shoah. (Crédit : capture d'écran Facebook)

Le parti a suspendu jeudi Tonge, qui appartient à la Chambre haute du Parlement, après qu’elle ait organisé un événement au début de la semaine à la Chambre des Lords au cours duquel ont été émises des observations critiques de la Déclaration Balfour en 1917, par laquelle le Royaume-Uni s’était engagé à envisager favorablement l’établissement d’un foyer national juif sur les terres qui deviendraient plus tard le Mandat britannique sur la Palestine.

Lors de la réunion, un membre du public avait été applaudi pour avoir clamé que les Juifs portaient la responsabilité de l’Holocauste et pour avoir comparé Israël à l’Etat islamique.

Tonge, qui siège en tant qu’indépendante à la Chambre des Lords après avoir démissionné du groupe parlementaire du parti en raison de propos anti-israéliens en 2012, présidait cette réunion organisée par le Centre pour le Retour des Palestiniens.

“Le parti a suspendu le statut de Jenny Tonge. Nous avons pris ses propos avec beaucoup de gravité et nous avons agi en conséquence », aurait dit, selon le Daily Telegraph, un porte-parole du parti. Le Guardian déclare pour sa part que Tonge a indiqué qu’elle avait quitté sa formation « à un peu près au même moment » que sa suspension a été annoncée.

Au mois de juillet, Tonge, qui a accueilli et participé à de nombreux événements anti-israéliens, avait déclaré que le traitement des Palestiniens de la part d’Israël est l’une des causes majeures de la croissance de l’islamisme extrémiste et de Daech, utilisant l’acronyme arabe de l’organisation terroriste de l’Etat islamique.

Tonge avait démissionné en 2012 de son poste de party whip et de son poste de parlementaire après avoir évoqué la disparition d’Israël lors d’un événement de promotion du boycott de l’état juif. Elle inscrit dorénavant son parti, qui possède 8 sièges sur 650 à la Chambre des Communes, la chambre basse britannique, et 104 sièges sur 813 à la Chambre haute, la Chambre des Lords, comme étant “Libéral-Démocrate indépendant”.

« Attention à Israël. Israël ne sera pas là éternellement sous sa présente forme », avait-elle dit à l’époque. « Un jour, les Américains diront au lobby d’Israël aux Etats-Unis : Cela suffit. Israël perdra son soutien et là, le pays récoltera ce qu’il a semé ».

Le Board of Deputies of British Jews, qui avait appelé régulièrement à la démission de Tonge, a accueilli la nouvelle de sa suspension avec satisfaction.

“C’est une récidiviste, qui propage les pires tropes antisémites encore et encore”, a déclaré Jonathan Arkush, président du bureau, dans une déclaration.

Gideon Falter, président de l’organisme Campaign Against Antisemitism, a également qualifié cette suspension d‘avancée dans le bon sens.

“La Baronne Tonge est spécialisée dans la provocation envers les Juifs”, a expliqué Falter, et le fait qu’elle soit encore membre de la Chambre des Lords et des Libéraux-Démocrates est honteux pour les deux institutions”.

Plut tôt, la Fédération sioniste de Grande-Bretagne a déclaré que la mesure prise à l’encontre de Tonge “souligne la pure laideur de la réunion de défense des droits de l’Homme » à laquelle elle s’est rendue.

« Depuis des années, ces événements ont eu lieu en servant de caisse de résonnance à des interlocuteurs qui concourent les uns les autres à celui qui fera les déclarations les plus ignorantes, les plus grotesques et les plus offensantes concernant Israël », lit-on dans le communiqué.

L’ambassade israélienne à Londres s’est simplement contentée pour sa part d’expliquer en réponse au communiqué annonçant la suspension que « l’antisémitisme ne pourra jamais être toléré ».

La teneur des paroles prononcées lors de cette réunion, qui a été diffusée en direct sur Facebook par le Centre pour le Retour des Palestiniens, a été évoquée jeudi à la Chambre des Communes.

C’est le parlementaire irlandais David Davies qui a soulevé la question en interrogeant le président de la Chambre David Lidington : « Pourrions-nous débattre de l’utilité de l’occupation de ces locaux suite aux rapports selon lesquels un membre de la Chambre des Lords a pu scandaleusement présider un événement lors duquel Israël a été comparé à l’EI tandis que les Juifs se sont vus reprocher leur propre génocide ? »

Davies a poursuivi : “Pouvons-nous débattre de cela et savoir si nous devons nous excuser pour ces commentaires scandaleux auprès du gouvernement israélien et des Juifs.”

Lidington a répondu qu’il était “véritablement horrifié” par les propos tenus lors de la réunion, ajoutant que « notre préoccupation à tous au sujet de ce qu’il s‘est passé doit être très forte ».

Le leader a également fait part de son espoir de voir le président des Libéraux-Démocrates, Tim Farron, « lancer une enquête immédiate et minutieuse afin que nous soyons en mesure de connaître la vérité et de prendre les éventuelles sanctions disciplinaires appropriées ».

Farron, mardi, a déclaré à la radio londonienne LBC a déclaré à la radio londonienne LBC que les propos de Tonge étaient “intolérables” et qu’une action serait entreprise, même s’il n’en a pas spécifié le type.

Un porte-parole du parti a confié à Jewish News que “Tonge n’accepte pas la discipline du Parti dans la Chambre des Lords et ne s’exprime pas au nom des Libéraux-Démocrates sur les questions liées au Moyen-Orient”.

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