Une chanteuse marocaine menacée de mort après avoir chanté avec un Israélien
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Une chanteuse marocaine menacée de mort après avoir chanté avec un Israélien

Sanaa Mohamed s'est mise à l'abri et a annulé des interviews avec une chaîne israélienne en raison du tollé

Sanaa Mohamed dans un clip vidéo avec un artiste israélien (Capture d'écran/YouTube)
Sanaa Mohamed dans un clip vidéo avec un artiste israélien (Capture d'écran/YouTube)

Une chanteuse marocaine a reçu une pluie de menaces de mort après sa collaboration musicale avec l’artiste israélien Elkana Marziano, a rapporté lundi la Douzième chaîne.

Sanaa Mohamed s’est « mise à l’abri » et a annulé une interview avec la chaîne israélienne en raison du tollé qu’elle a subi, a indiqué le rapport, ajoutant qu’elle allait bien.

Marziano a déclaré à la chaîne : « Nous parlons beaucoup. Je parle un peu la langue… C’était une alliance naturelle. Elle est au Maroc et je suis d’origine marocaine. Cette collaboration est donc passionnante et c’est le plus beau cadeau qu’il m’a été donné de recevoir ».

L’artiste israélien a ajouté qu’il aimerait se produire pour le roi du Maroc.

Le Maroc a accepté en 2020 de reprendre ses liens avec Israël dans le cadre d’un accord négocié par les Etats-Unis, emboîtant le pas aux Emirats arabes unis et au Bahreïn. En retour, le président américain de l’époque, Donald Trump, a rempli un objectif vieux de plusieurs décennies en soutenant la souveraineté contestée du Maroc au Sahara occidental, que Rabat appelle ses « provinces du sud ».

En décembre, un musicien tunisien qui avait collaboré avec un chanteur israélien sur une chanson promouvant la tolérance religieuse entre les musulmans et les juifs a subi de graves revers. Il a été licencié de son emploi chez un diffuseur public et a reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux.

La chanson « Peace Between Neighbors » a été interprétée par l’Israélien Ziv Yehezkel, un juif mizrahi religieux qui chante principalement en arabe, et le producteur et compositeur tunisien Noamane Chaari. Cette collaboration a été organisée par le Conseil arabe pour l’intégration régionale, qui tente de faire progresser le dialogue arabo-israélien dans la région.

La chanson a été écrite par un artiste yéménite qui souhaite rester anonyme pour sa propre sécurité, car il vit dans un territoire contrôlé par les milices Houthi pro-iraniennes.

Lors d’une apparition à la télévision après la sortie de la chanson, Chaari a nié que la chanson appelait à la paix entre Israël et le monde arabe. Elle cherchait plutôt à promouvoir la paix « entre les musulmans et les juifs », a déclaré le chanteur au « Late Show » de la chaîne tunisienne Channel 9.

Ses collègues l’ont cependant accusé d’aider « l’entité sioniste usurpatrice ».

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