Une délégation israélienne en Argentine pour commémorer l’attentat de l’ambassade
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Une délégation israélienne en Argentine pour commémorer l’attentat de l’ambassade

25 ans après la mort de 4 Israéliens et 25 Argentins dans un attentat terroriste lié à l’Iran à Buenos Aires, des proches des défunts et des diplomates rencontreront le président

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les arbres de la Plaza qui abrite l'Ambassade d'Israël à Buenos Aires, en Argentine, plantés en mémoire des personnes tuées dans l'attentat de l'ambassade en 1992. (Crédit : NYC2TLV/CC-BY/Wikimedia Commons)
Les arbres de la Plaza qui abrite l'Ambassade d'Israël à Buenos Aires, en Argentine, plantés en mémoire des personnes tuées dans l'attentat de l'ambassade en 1992. (Crédit : NYC2TLV/CC-BY/Wikimedia Commons)

De hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères sont partis pour Buenos Aires mercredi soir pour une série d’évènements commémorant le 25e anniversaire d’un attentat terroriste mortel contre l’ambassade israélienne en Argentine.

Yuval Rotem, le directeur général du ministère, et Modi Ehpraim, son adjoint en charge de l’Amérique latine, dirigeant la délégation israélienne, qui comprend également des membres des familles des Israéliens tués dans l’attentat de 1992. Ils doivent rencontrer plusieurs responsables argentins, dont le président Mauricio Macri et le maire de Buenos Aires, Horacio Rodriguez Larreta.

« Nous nous souvenons de nos collègues décédés, ainsi que des employés [argentins] qui ont perdu leurs vies dans cette attaque terroriste initiée par l’Iran », a déclaré cette semaine au Times of Israël Emmanuel Nahshon, le porte-parole des Affaires étrangères. « Nous allons en Argentine pour [leur] rendre hommage, tous ensemble, avec d’importantes personnalités du gouvernement argentin et de la communauté juive argentine. »

Le 17 mars 1992, un attentat suicide a tué 29 personnes et en a blessé des centaines devant l’ambassade israélienne à Buenos Aires. Cette attaque reste la plus meurtrière contre une mission diplomatique israélienne. Un groupe lié à l’Iran et au groupe terroriste du Hezbollah avait revendiqué l’attentat.

La place Embajada de Israel de Buenos Aires, où se situait l'ancienne ambassade d'Israël en Argentine. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)
La place Embajada de Israel de Buenos Aires, où se situait l’ancienne ambassade d’Israël en Argentine. (Crédit : Ilan Ben Zion/Times of Israël)

« Le souvenir de ces terribles jours en Argentine est gravé dans nos cœurs, les images ne s’évanouiront jamais de nos mémoires », avait déclaré la semaine dernière le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie mémorielle organisée au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

« Je suis certain que vous vous souvenez tous du moment où nous avons appris en Israël l’attaque de l’ambassade. Un pont a relié les milliers de kilomètres entre Jérusalem et Buenos Aires, un pont qui nous a liés dans notre destinée commune, notre angoisse, notre empathie, notre solidarité et notre clarté. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la cérémonie de commémoration du 25e anniversaire de l'attentat contre l'ambassade d'Israël à Buenos Aires, au ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, le 6 mars 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la cérémonie de commémoration du 25e anniversaire de l’attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, au ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, le 6 mars 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Netanyahu avait indiqué qu’Israël avait immédiatement su que Téhéran était responsable de l’attentat. « L’Iran l’a initié, l’Iran l’a prévu, et l’Iran, via son sbire, le Hezbollah, l’a aussi exécuté. »

Deux ans après, un autre attentat sponsorisé par l’Iran a eu lieu en Argentine. Une bombe avait été placée dans le centre communautaire juif AMIA, et a tué 85 personnes et en a blessé des centaines, a déclaré le Premier ministre.

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)
Un homme marche dans les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

« Nous avions alors mis en garde contre le monstre croissant du terrorisme, sponsorisé par l’Iran, qui envoie ses métastases dans le monde entier, et est toujours présent », avait-il déclaré.

« Depuis l’attentat en Argentine, l’Iran et son suppôt, le Hezbollah, ont créé un réseau de terrorisme dans plus de 30 pays sur les cinq continents. Il est le plus grand instigateur de terrorisme dans le monde. Ses victimes sont des Juifs, des Israéliens, des citoyens de l’Occident et de l’Orient, des opposants intérieurs et des opposants au régime depuis l’étranger », avait-il déclaré.

L’Iran cherche à obtenir des armes nucléaires, à développer son programme de missiles balistiques pour répandre l’instabilité dans la région, avait ajouté le Premier ministre. « Le régime de Téhéran aspire à planter son drapeau sur les ruines du monde libre. Il continue à menacer d’annihiler Israël. L’une de nos agences de sécurité estime que plus de 80 % des problèmes sécuritaires fondamentaux d’Israël trouvent leur source en Iran. »

Le président argentin Mauricio Macri s'adressant aux délégués du Congrès juif mondial à Buenos Aires, en Argentine, le 15 mars 2016 (Crédit : Congrès juif mondial)
Le président argentin Mauricio Macri s’adressant aux délégués du Congrès juif mondial à Buenos Aires, en Argentine, le 15 mars 2016 (Crédit : Congrès juif mondial)

A Buenos Aires, la délégation israélienne devrait rencontrer le président Macri. Ce sera la première fois qu’un chef d’état argentin rencontrera les proches de ceux qui ont été tués dans l’attentat de 1992.

La vice-présidente Gabriela Michetti devrait assister à la principale cérémonie, qui aura lieu vendredi après-midi, à l’instant précis où avait eu lieu l’attentat il y a un quart de siècle, à son emplacement même, dans le quartier Retiro de Buenos Aires.

La délégation devrait aussi rencontrer Marcos Peña, le chef du cabinet des ministres, le maire de Buenos Aires, le ministre de l’Environnement Sergio Bergman, qui est aussi un rabbin conservateur, et le vice-ministre des Finances, Sebastan Galiani.

Sur les 29 victimes de l’attentat, 25 étaient argentines et quatre israéliennes. Netanyahu leur a rendu hommage lors la cérémonie la semaine dernière.

Il a salué David Goldman Ben Rephael, qui était alors ambassadeur en Argentine, « un vrai professionnel, un amoureux de la justice, intelligent, droit, humble et sincère. »

Eli Carmon, l’épouse du consul Danny Carmon, « avait une personnalité radieuse, était une mère exemplaire et une femme douée et travailleuse », a déclaré Netanyahu. Eli Ben Zeev, responsable de la sécurité, était intransigeant, altruiste, méticuleux et fiable. Zehava Zehavi, première secrétaire de l’ambassade, était « toujours prête à aider et la première à se porter bénévole », a-t-il déclaré.

« Une tragédie déchirante s’est abattue sur les familles et a changé leurs vies pour toujours, les familles de nos victimes assassinées, des victimes argentines, juives comme non juives, et la famille du ministère des Affaires étrangères. »

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