Une équipe israélienne prolonge la vie des souris. Bientôt chez les humains ?
Rechercher

Une équipe israélienne prolonge la vie des souris. Bientôt chez les humains ?

Les souris sont aussi plus vigoureuses et moins malades après que les scientifiques ont augmenté l'apport en SIRT6, une protéine qui diminue normalement avec le vieillissement

Image d'illustration : Agnes Keleti, ancienne gymnaste médaillée d'or olympique, réagit au feu d'artifice qui éclate sur son gâteau d'anniversaire à Budapest, en Hongrie, lundi 4 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Laszlo Balogh)
Image d'illustration : Agnes Keleti, ancienne gymnaste médaillée d'or olympique, réagit au feu d'artifice qui éclate sur son gâteau d'anniversaire à Budapest, en Hongrie, lundi 4 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Laszlo Balogh)

Des scientifiques israéliens ont augmenté l’espérance de vie de 23 % chez les souris, une avancée qui, l’espèrent-ils, pourrait être reproduite chez l’homme.

Ils ont augmenté l’apport en SIRT6, une protéine qui diminue normalement avec le vieillissement, sur 250 souris.

Dans une recherche évaluée par des pairs et qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications, ils ont révélé l’augmentation de l’espérance de vie, et ont également déclaré que les souris ayant reçu l’apport en protéines étaient plus jeunes et moins sensibles au cancer.

« Le changement dans l’espérance de vie est significatif, quand on sait qu’un bond équivalent dans l’espérance de vie humaine nous ferait vivre en moyenne jusqu’à près de 120 ans », a déclaré le professeur Haim Cohen de l’université Bar-Ilan.

« Les changements que nous avons observés chez la souris peuvent être transposés à l’homme, et si c’est le cas, ce serait passionnant », a-t-il ajouté.

Illustration : Un couple âgé (Crédit : CherriesJD via iStock by Getty Images)

Le laboratoire de Cohen travaille à l’identification de médicaments qui pourraient permettre de stimuler la protéine SIRT6 en toute sécurité chez l’homme.

Il est bien connu que les niveaux de SIRT6 diminuent avec l’âge, et la possibilité que la stimulation de la production de la protéine puisse être bénéfique suscite un grand intérêt.

En 2012, Cohen est devenu le premier chercheur à augmenter réellement les taux chez les animaux et à augmenter l’espérance de vie, et ce faisant, à faire vivre les souris mâles 15% plus longtemps. Mais cette expérience n’a eu aucun impact sur les souris femelles.

Dans la dernière recherche, une collaboration entre des scientifiques internationaux, dont le professeur Rafael de Cabo des National Institutes of Health des États-Unis, le saut dans l’espérance de vie a été observé à la fois chez les souris mâles et femelles.

Elle est plus importante chez les souris mâles, dont la durée de vie est désormais 30 % plus longue que celle des mâles du groupe témoin.

Les souris femelles vivent 15 % de plus que leurs homologues du groupe témoin.

En évaluant la jeunesse, les chercheurs ont constaté que l’un symptôme du vieillissement chez les souris est la perte de la capacité à générer de l’énergie après un court jeûne, parce qu’elles luttent pour puiser de l’énergie des graisses et de l’acide lactique.

Or, les souris âgées, ayant un taux élevé de SIRT6, pouvaient facilement générer de l’énergie à partir de ces sources.

Elles avaient moins de cholestérol, l’incidence du cancer était moindre, et elles étaient capables de courir plus vite.

Prof. Haim Cohen dans son laboratoire (Crédit : avec l’aimable autorisation de l’Université Bar Ilan)

« Cette découverte montre que la protéine SIRT6 contrôle la vitesse du vieillissement sain. Si l’on stimule son activité, on pourrait potentiellement ralentir le vieillissement », a déclaré Cohen.

Il a toutefois fait remarquer qu’il n’existe actuellement aucun outil permettant de transposer cette avancée à l’homme.

Il pourrait facilement augmenter les niveaux de SIRT6 chez les souris en les modifiant génétiquement, alors que pour augmenter l’activité de la protéine chez les humains, il faudrait des médicaments.

Son laboratoire travaille sur ce défi, et il pense qu’il pourrait réussir d’ici deux à trois ans.

« Nous développons de petites molécules qui peuvent augmenter les niveaux de SIRT6 ou rendre les quantités existantes de la protéine plus actives », a-t-il déclaré.

« Elles pourraient être utilisées à l’avenir pour lutter contre le vieillissement ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...