Une faction d’HaBayit HaYehudi menace de quitter le gouvernement après l’attaque
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Une faction d’HaBayit HaYehudi menace de quitter le gouvernement après l’attaque

Uri Ariel appelle à prendre une décision sur ses demandes de mesures contre les Palestiniens après une vague d’attaques terroristes mortelles en Cisjordanie

Le ministre de l'Agriculture, Uri Ariel, assiste à une réunion du parti HaBayit HaYehudi à la Knesset, à Jérusalem, le 11 décembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
Le ministre de l'Agriculture, Uri Ariel, assiste à une réunion du parti HaBayit HaYehudi à la Knesset, à Jérusalem, le 11 décembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)

Une faction d’extrême droite menace de quitter la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu et a appelé à une rencontre pour prendre une décision sur ses demandes de mesures contre les Palestiniens après une vague d’attaques terroristes mortelles en Cisjordanie.

« Après les attaques terroristes graves, nous avons décidé de… revoir notre appartenance au gouvernement et à la coalition », a déclaré sur Twitter Uri Ariel, ministre de l’Agriculture et chef de la faction de l’Union nationale au sein du parti de coalition HaBayit HaYehudi.

La rencontre aura lieu ce soir et pourrait voir Ariel et le député Bezalel Smotrich quitter la coalition, qui dispose actuellement d’une infime majorité à la Knesset – une décision qui renverserait le gouvernement.

Les deux députés ont l’intention d’adresser un ultimatum à Netanyahu, conditionnant leur participation à la coalition à la fermeture de la Route 60 – la principale route entre le nord et le sud de Cisjordanie – aux véhicules palestiniens.

Bezalel Smotrich, député de HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 28 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« J’ai demandé au Premier ministre d’ordonner des actions immédiates, y compris la mise en place de points de contrôle dans toute la Judée et Samarie, la démolition immédiate des maisons et l’expulsion des terroristes de la Judée et Samarie », a écrit Ariel, en utilisant le nom biblique pour la Cisjordanie.

Il a aussi demandé au cabinet de sécurité de se réunir dimanche.

Smotrich a déclaré que le gouvernement avait « aucun droit d’exister » si les routes de Cisjordanie ne sont pas fermées aux Palestiniens, et si des mesures ne sont pas prises pour légaliser les implantations.

Il a également appelé les habitants des implantations à bloquer la route 90 à 17h jeudi. « S’il y a des attaques terroristes, il n’y aura pas d’Arabes sur les routes. Nos vies sont plus importantes que leur bien-être ».

Des dizaines d’étudiants de la yeshiva Neve manifestent près du passage de marchandises de Kerem Shalom à Gaza en réponse à l’attaque terroriste près de l’avant-poste de Givat Assaf le 13 décembre 2018. (Crédit : autorisation)

Des responsables d’implantations ont par ailleurs demandé l’interdiction de déplacement pour les Palestiniens en Cisjordanie.

« Je demande au Premier ministre de traiter le terrorisme comme il le faut », a déclaré Yisrael Ganz, le président du Conseil régional Binyamin où l’attaque a eu lieu.

« La première mesure doit être une interdiction totale et immédiate de déplacement de la population arabe sur la route 90 », a-t-il ajouté, en référence à la principale voie de circulation entre le nord et le sud de la Cisjordanie.

« J’appelle l’échelon politique à repenser la politique de route ouverte [en Cisjordanie] », a déclaré Shai Alon, président du conseil local de Beit El.

« Il est inconcevable que semaine après semaine nous endurions des attaques avec des victimes sur les routes. Les routes doivent être immédiatement fermées aux Palestiniens », a-t-il déclaré.

Hananel Dorani, le président du conseil Yesha des implantations, appelle à la fermeture de toutes les entrées dans la ville palestinienne de Ramallah, et Yossi Dagan, le président du conseil régional de Samarie, appelle à la remise en place des dizaines de barrages à travers la Cisjordanie que l’armée a progressivement levés au fil des années.

Yossi Dagan, le président du Conseil de Samarie, a déclaré aux journalistes sur place à la jonction Assaf que sa municipalité, en plus du conseil régional Binyamin et le conseil local Beit El, cessera ses activités et fermera les écoles dimanche pour manifester devant le cabinet qui rencontre à Jérusalem.

Dagan a déclaré qu’il mènera une manifestation devant la résidence du Premier ministre ce soir à 19h.

« Nous appelons les dirigeants du conseil et tous les citoyens d’Israël qui se soucient des Juifs qui sont assassinés jour après jour à nous rejoindre parce que nous disons ‘assez’, nous ne resterons plus silencieux », a déclaré Dagan, en colère.

Des dizaines de lycéens de la Yeshiva de Neve ont manifesté à proximité de Kerem Shalon, le principal point de passage de la bande de Gaza pour les marchandises, en réponse à l’attaque terroriste à proximité de l’implantation de Givat Assaf.

Les adolescents ont bloqué une route conduisant au point de passage, en brûlant des pneus et appelant le gouvernement à répondre aux attaques par des sanctions.

Plus de 20 activistes d’extrême droite ont été arrêtés pour avoir bloqué la route 60 à la circulation des Palestiniens, a déclaré le groupe d’assistance juridique Honenu.

Les suspects ont été emmenés au poste de police de Binyamin dans le centre de la Cisjordanie. On ne sait pas encore clairement s’ils seront libérés ou si la police va retenir des charges contre eux.

Des terroristes juifs d’extrême droite ont été filmés en train de jeter des pierres sur des véhicules palestiniens après l’attaque terroriste

Plusieurs conducteurs palestiniens ont filmé des habitants israéliens d’implantation en train de jeter des pierres sur des véhicules à proximité de Ramallah dans le centre de la Cisjordanie.

L’ONG de veille de l’activité des implantations La Paix maintenant a condamné l’attaque terroriste « choquante » menée dans l’avant-poste illégal de Givat Assaf dans le centre de la Cisjordanie. Mais elle a appelé le gouvernement à ne pas céder aux demandes des responsables du mouvement d’implantations qui ont auparavant appelé à prendre diverses mesures punitives contre les Palestiniens.

« Les appels à la vengeance et au renforcement du contrôle israélien sur la Cisjordanie constituent une utilisation cynique du meurtre et font la promotion d’une politique messianique qui nous met tous en danger », a déclaré l’ONG de gauche.

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