Une dernière surprise d’Obama pour Israël avant son départ ? Peu probable
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Analyse

Une dernière surprise d’Obama pour Israël avant son départ ? Peu probable

Le président américain sortant semble peu intéressé par une autre tentative d’instaurer la paix au Moyen-Orient

Le président américain Barack Obama, au centre, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le président Reuven Rivlin, à gauche, lors des funérailles de l'ancien président israélien Shimon Peres au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP)
Le président américain Barack Obama, au centre, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le président Reuven Rivlin, à gauche, lors des funérailles de l'ancien président israélien Shimon Peres au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP)

WASHINGTON (JTA) – Cela a commencé il y a quelques mois avec des murmures inquiets parmi les dirigeants pro-Israël. C’est maintenant exposé au grand jour dans des publicités en pleine page dans le New York Times et des tribunes dans les colonnes du Wall Street Journal :

Obama, sur le départ, a-t-il une surprise en réserve pour Israël ? Ou, comme l’Organisation Sioniste d’Amérique, l’une des plus critiques du président, a posé la question dans une publicité du Times : « Le président Obama trahira-t-il Israël ? »

En d’autres termes, Obama, libéré de toutes contraintes, prendra-t-il des décisions unilatérales, peut-être par le biais des Nations unies, pour imposer sa vision d’un accord final de statut entre les Israéliens et les Palestiniens ?

A la veille du jour de l’élection, la réponse est « peu probable », quel que soit le vainqueur. Le successeur consacré d’Obama, Hillary Clinton, a clairement fait savoir qu’elle ne voulait pas avoir à gérer les complications dues à des tensions de dernière minute entre les Etats-Unis et Israël.

Et même si Donald Trump a été élu, Obama n’a pas démontré beaucoup d’envie pour une autre tentative visant à instaurer la paix entre Israéliens et Palestiniens, tout particulièrement après l’issue catastrophique de la dernière tentative.

« Hillary Clinton a clairement exposé sa vision qu’une solution au conflit israélo-palestinien ne peut pas être imposée de l’extérieur, y compris par les Nations unies, et elle se tient fermement à cette position », a noté Laura Rosenberger, haute conseillère de la campagne de Clinton, dans un mail au JTA.

Un officiel de la campagne avait ajouté au JTA que Clinton a expliqué clairement sa préférence à Obama, à savoir qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises.

Et Obama a clairement montré, avec sa fervente campagne en faveur de Clinton dans les dernières semaines de sa campagne, qu’il souhaite une transition aussi douce que possible.

Obama a fait savoir qu’en ce qui concerne Israël et les Palestiniens, il ne souhaite plus s’impliquer.

Lors de sa dernière rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à New York en septembre, Obama a cédé sur la question devant Netanyahu, qui rejette toute interférence extérieure dans le processus, précisément parce que Netanyahu est sur du long terme et qu’Obama ne l’est pas.

« Evidemment, je ne vais rester président que pour plusieurs mois, a-t-il déclaré à l’époque. Le Premier ministre restera en place un peu plus lontemps et nous espérons, qu’avec ces conversations, nous aurons une idée de comment Israël voit les prochaines années, quelles sont les opportunités et quels sont les défis afin de s’assurer que nous conservons la possibilité d’un Israël stable, en sécurité et en paix avec ses voisins ainsi qu’une patrie palestinienne qui réponde aux aspirations de leur peuple ».

Ce qui est vrai, selon des officiels juifs qui dialoguent avec des officiels de l’Administration et du Congrès, est que des membres de l’Administration ont discuté, depuis l’effondrement des pourparlers de paix israélo-palestinien en avril 2014, des actions que la Maison Blanche pourrait prendre afin de garder en vie la solution à deux états. Ces options restent sur la table, même si la probabilité qu’Obama les applique diminue avec chaque jour qui passe.

« Chaque personne à qui j’ai parlé au Département d’Etat et à la Maison Blanche dit qu’elle n’a aucune idée de ce que le président compte faire », a déclaré Michael Koplow, le directeur politique du Forum Politique d’Israël, un groupe basé à Washington qui soutient la réouverture du processus de paix. « Aucune décision n’a été prise ».

Les options prises en considération, selon certaine informations, vont jusqu’au soutien d’une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui reconnaîtrait véritablement un Etat palestinien. Il pourrait aussi s’agir d’actions inoffensives comme un entretien ou une conférence de presse dans laquelle Obama exposerait ce qu’il considère être la meilleure solution au conflit.

Une des sources de l’anxiété qui se propage actuellement dans la communauté centriste et de droite pro-Israël a trait à l’expérience historique.

A la fin des années 1988, le président de l’époque Ronald Reagan, sur le départ, avait reconnu l’OLP dans une sorte de cadeau à son successeur, George H. W. Bush. Bill Clinton a tracé les contours d’une solution à deux états en décembre 2000 et janvier 2001, pendant ses derniers jours au pouvoir dans une ultime tentative de sauver les efforts de son deuxième mandat d’obtenir un accord de paix.

Mais aucun exemple ne correspond à la situation actuelle : contrairement à Bill Clinton, il n’y a pas de processus de paix en cours.

Dans les emails volés de la campagne et postés par Wikileaks, des conseillers de Clinton ont eu une poussée d’inquiétude à chaque fois que les tensions entre Obama et Netanyahu augmentaient.

Pourtant, les anxiétés persistent. Le Comité des Affaires Publiques Etats-Unis et Israël (AIPAC) en septembre a organisé une lettre signée par 88 sénateurs demandant à Obama de ne prendre aucune résolution au Conseil de sécurité sur Israël de « manière unilatérale ».

Le ZOA a pointé la transcription par la Maison Blanche de l’éloge funèbre d’Obama en septembre à l’enterrement de l’ancien président Shimon Peres ; une première version de la transcription faisait référence à « Jérusalem, Israël », avant d’être corrigée pour « Jérusalem ».

Pendant des décennies, les administrations américaines ont toujours refusé de trancher sur le statut de Jérusalem.

Jonathan Schanzer, un vice-président à la Fondation pour la Défense des Démocraties, a écrit un éditorial dans le Wall Street Journal intitulé « Une surprise d’Obama pour Israël ? » déclarant que l’action la plus audacieuse possible de l’administration serait de permettre, sans veto, une résolution du Conseil de Sécurité reconnaissant un Etat palestinien. C’était improbable, a-t-il déclaré, ne serait-ce parce que le Congrès l’empêcherait, peut-être en coupant les fonds aux Nations unies.

« Le Congrès ne céderait pas », a-t-il déclaré.

Plus probablement, a-t-il déclaré, on pense à deux actions moins graves : un discours d’Obama soulignant les paramètres qu’il perçoit pour une solution à deux états, ou permettre à travers une résolution de condamner l’expansion des implantations. (Cela constituerait une première pour l’administration Obama, contrairement à chaque administration depuis 1968 qui a opposé son veto à toutes les résolutions liées au conflit israélo-arabe auxquelles Israël s’est opposé).

La résolution sur les implantations pourrait ne pas avancer, a déclaré Schanzer, parce que l’administration Obama pourrait insister à contre-balancer cela avec un discours d’atténuation pour Israël, condamnant l’incitation à la haine des Palestiniens, que les Palestiniens et leurs alliées aux Nations unies réprouveraient.

Il reste le discours sur les paramètres, qui aurait des conséquences moindres, mais engendrerait de l’amertume à Jérusalem.

« Les Israéliens seraient probablement mécontents, cela entraînerait des concessions qu’ils préféreraient faire lors de négociations, a déclaré Schanzer. Les inconvénients sont minimaux parce qu’il peut s’exprimer dès qu’il le souhaite, cela n’est pas contraignant ».

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