Israël en guerre - Jour 55

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Une otage a bien été tuée par le Hamas à l’hôpital Shifa, annonce Tsahal

Une vidéo montre deux autres captifs israéliens à Shifa, le 7 octobre ; Noa Marciano, blessée dans une frappe de Tsahal, y a été emmenée et y a été assassinée par les terroristes

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des terroristes du Hamas amènent un otage à l’hôpital al-Shifa, comme le montrent des images de vidéo-surveillance du 7 octobre 2023. (Crédit : Armée israélienne)
Des terroristes du Hamas amènent un otage à l’hôpital al-Shifa, comme le montrent des images de vidéo-surveillance du 7 octobre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a dévoilé, dimanche, des images tournées par les caméras de surveillance de l’hôpital Shifa qui montrent les terroristes du Hamas amener un citoyen thaïlandais et un citoyen népalais, kidnappés le 7 octobre sur le sol israélien, dans l’établissement hospitalier de Gaza City. Les militaires ont par ailleurs accusé l’organisation terroriste palestinienne d’avoir assassiné là-bas une soldate israélienne qui avait été enlevée.

Elle a aussi partagé une nouvelle séquence montrant le réseau de tunnels et de bunkers qui, selon les militaires, est creusé sous l’hôpital alors même que les soldats continuent leurs opérations à l’intérieur de la structure et dans ses alentours directs. Tsahal affirme que le Hamas utilise Shifa et d’autres hôpitaux pour protéger ses activités terroristes et les responsables israéliens ont noté que Shifa abritait, en souterrain, un centre de commandement majeur du groupe.

Les officiels israéliens sont déterminés à fournir des preuves au monde attestant de l’usage de l’hôpital Shifa par le Hamas à des fins terroristes de manière à ancrer le soutien international à la campagne militaire de Tsahal. Ils dénoncent depuis longtemps le groupe qui, affirment-ils, utilise des boucliers humains par le biais des civils et des infrastructures civiles qui lui permettent de se protéger.

Les trois otages dont le sort a été évoqué lors du point-presse organisé par l’armée, dimanche, font partie des plus de 240 personnes qui ont été kidnappées lors du massacre commis par le Hamas dans le sud d’Israël, il y a six semaines. Le 7 octobre, des terroristes avaient franchi la frontière et tué environ 1 200 personnes – des civils en majorité – exécutant des familles toutes entières dans leurs habitations et abattant sauvagement des jeunes qui assistaient à une rave-party organisée dans le désert.

Israël avait déclaré la guerre au groupe terroriste en riposte, lançant une campagne aérienne et une offensive terrestre dont l’objectif est de renverser le Hamas, au pouvoir au sein de l’enclave côtière, et de libérer les otages. L’incursion terrestre, qui a fait 63 morts du côté israélien, s’est pour le moment focalisée sur le nord du territoire mais elle devrait ensuite s’élargir vers le sud.

Au cours de la semaine dernière, l’armée a mené des opérations à Shifa et à ses environs, découvrant, selon elle, des preuves signalant que le Hamas utilise bien le site pour ses activités terroristes. Les militaires ont précisé procéder à l’évacuation des patients – le plus grand nombre que possible.

Sur les images qui ont été diffusées dimanche par Tsahal, l’un des otages est visiblement blessé au bras et est amené sur un lit d’hôpital, tandis que le second est traîné de force à l’intérieur de l’hôpital.

« Cette séquence prouve que l’organisation terroriste du Hamas a utilisé l’hôpital Shifa le jour même du massacre comme infrastructure terroriste », a noté l’armée.

Tsahal a déclaré avoir informé les « autorités compétentes » de l’existence de ces images.

D’autres séquences diffusées par l’armée – tournées par les caméras de surveillance – montrent les terroristes du Hamas à l’intérieur et à l’extérieur des chambres des otages, ainsi que des véhicules israéliens volés stationnés aux abords de l’établissement.

Les militaires ont aussi dévoilé une infographie révélant les lieux, aux abords du complexe, où les corps sans vie de Yehudit Weiss et de la caporale Noa Marciano ont été découverts il y a plusieurs jours. Toutes les deux avaient été kidnappées par le Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre.

Une infographie montrant les endroits où les corps sans vie de deux otages israéliennes, Yehudit Weiss et Noa Marciano, ont été retrouvés près de l’hôpital Shifa. (Crédit : Armée israélienne)

Selon le porte-parole de Tsahal, le contre-amiral Daniel Hagari, Marciano avait été blessée lors d’un bombardement israélien en date du 9 octobre, alors qu’elle était retenue en captivité à Gaza. Elle avait été ensuite amenée à Shifa, où elle a été tuée.

« Noa a été détenue dans un appartement situé à côté de l’hôpital al-Shifa. Pendant les frappes de Tsahal à Gaza, l’un des terroristes du Hamas qui la détenait a été tué », a-t-il expliqué.

« Le rapport d’autopsie indique que Noa a été blessée par la frappe, mais pas au point de mettre sa vie en danger, ce qui dément les mensonges publiés par le Hamas qui a affirmé Noa avait perdu la vie suite aux attaques aériennes de Tsahal », a-t-il précisé.

« Selon les informations des services de renseignement, Noa a été emmenée à l’intérieur de l’enceinte de l’hôpital al-Shifa, où elle a été assassinée par un terroriste du Hamas », a-t-il ajouté.

A gauche : Yehudit Weiss.(Autorisation) ; A droite : Noa Marciano. (Autorisation)

Tsahal a aussi dévoilé une vidéo tournée par le Commandant de la 7e Brigade des blindés, le colonel Elad Tzuri, révélant l’endroit où le corps sans vie de Marciano a été découvert.

De plus, l’armée israélienne et l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet ont publié de nouvelles images montrant une partie du réseau de tunnels du Hamas sous l’hôpital al-Shifa. Les vidéos ont été réalisées à partir de deux caméras distinctes qui ont été introduites dans une entrée de tunnel découverte jeudi dans le complexe d’al-Shifa.

Cela fait des semaines que les militaires israéliens affirment qu’un réseau souterrain majeur, composé de tunnels et de bunkers, a été creusé sous l’hôpital Shifa mais c’est la première fois que des images montrent une partie de ces infrastructures.

L’entrée du tunnel a été localisée sur le terrain de l’hôpital, sous un auvent, où les troupes de Tsahal ont également trouvé une camionnette du Hamas avec des armes à l’intérieur – des armes semblables à celles qui avaient été utilisées par le groupe terroriste lors de l’assaut meurtrier du 7 octobre.

Les nouvelles vidéos montrent que l’ouverture consiste en un escalier en colimaçon qui part sur une profondeur d’environ trois mètres et qui continue ensuite à descendre sur sept mètres jusqu’à atteindre une section du réseau de tunnels. Le tunnel continue sur cinq mètres, avant de tourner à droite et de continuer sur 50 mètres.

Au bout du tunnel, les images révèlent une porte anti-explosion avec, selon Tsahal, un trou de canon permettant à un homme armé d’ouvrir le feu.

« Ce type de porte est utilisé par le groupe terroriste du Hamas pour bloquer la capacité de nos forces à entrer dans le quartier général », a expliqué Tsahal.

« Ces découvertes prouvent sans l’ombre d’un doute que les bâtiments du complexe hospitalier sont utilisés comme infrastructure par le groupe terroriste du Hamas, pour ses activités terroristes. C’est une preuve supplémentaire de l’utilisation cynique que le groupe terroriste du Hamas fait des résidents de la bande de Gaza, qu’il considère comme autant de boucliers humains pour commettre ses activités terroristes meurtrières », a ajouté Tsahal.

L’armée et le Shin Bet ont annoncé qu’ils continuaient leurs opérations à Shifa pour trouver tout le réseau souterrain qui quadrille le secteur.

Images extraites d’une vidéo de l’armée montrant un tunnel du Hamas trouvé sous l’hôpital Shifa, à Gaza City, le 19 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

En plus de Shifa, l’État juif accuse le Hamas d’utiliser d’autres établissements hospitaliers de la bande à des fins terroristes – notamment l’hôpital Rantisi, de Gaza City. Une vidéo diffusée dimanche par le Hamas montre trois hommes armés du groupe terroriste y entrer en courant après avoir apparemment remarqué des soldats israéliens.

Le Hamas a parlé des trois hommes en évoquant « des combattants du martyre » – ce qui indique peut-être qu’ils portaient des ceintures explosives.

Sur la vidéo, il y a deux explosions – la première résulte apparemment d’un tir de lance-grenades de la part des hommes du Hamas vers l’hôpital. L’origine de la seconde reste indéterminée.

L’armée a, dans le passé, présenté des preuves attestant de la présence de ceintures explosives dans la bande de Gaza.

De surcroît, dans la journée de dimanche, l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et l’unité 504 du Directorat des Renseignements militaires de Tsahal – spécialisée dans le HUMINT (renseignement humain) – ont annoncé avoir arrêté plus de 100 terroristes dans la bande de Gaza ces derniers jours, dont des membres des forces Nukhba du Hamas qui ont participé à l’assaut du 7 octobre.

Un communiqué conjoint du Shin Bet et de Tsahal a indiqué que les forces avaient procédé à des interrogatoires de suspects à Gaza et qu’elles avaient emmené plus de 100 terroristes pour les interroger en Israël.

Le communiqué a précisé que des terroristes des forces de la Nukhba du Hamas, des spécialistes des roquettes, des tireurs d’élite, des experts en explosifs et des logisticiens ont été arrêtés et qu’au cours de leur interrogatoire, ils ont fourni des informations sur l’emplacement des tunnels et des caches d’armes du groupe terroriste palestinien.

Le Shin Bet et Tsahal ont affirmé que les détenus avaient également fourni des informations sur le mode opératoire du Hamas.

« Les informations provenant des interrogatoires des terroristes servent aux forces opérant au sol et depuis les airs dans la bande de Gaza et elles sont utilisées pour fournir à nos soldats des renseignements de grande qualité et à jour, ce qui contribue à la poursuite des manœuvres au sol et des efforts de combat », a fait savoir le Shin Bet.

Des soldats de Tsahal dans la bande de Gaza sur une photo diffusée le 19 novembre 2023. (Crédit : Tsahal)

Dimanche, en début de matinée, l’armée a annoncé avoir renforcé ses frappes nocturnes alors que les forces terrestres manœuvrent plus profondément dans la Cisjordanie.

Signe apparent de l’avancée d’Israël au sein de l’enclave côtière, des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré des dizaines de drapeaux israéliens le long de la plage, dans la bande, une vidéo accompagnée d’une voix off qui note « La Journée de l’Indépendance a lieu tôt cette année ».

Au moment où l’armée assied son contrôle sur Gaza City, elle a demandé aux résidents de Khan Younès, dans le sud, d’évacuer, ce qui indique que l’incursion s’étendra probablement à ce secteur dans les journées et dans les semaines à venir.

L’armée a annoncé qu’il y aurait des pauses humanitaires dans le nord de Gaza, dimanche, pour permettre aux Palestiniens de partir vers le sud.

Des drapeaux israéliens le bord d’une route dans le nord de la bande de Gaza, le 16 novembre 2023.(Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a fait savoir que plus de 13 000 personnes avaient perdu la vie à Gaza depuis le début de la guerre, dont au moins 3500 femmes et 5500 enfants – des chiffres qui ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante et qui ne font pas la différence entre les civils et les membres du groupe terroriste, et qui comptent aussi les victimes des roquettes défaillantes qui, lancées vers le territoire israélien, sont retombées dans la bande.

Les Nations unies ont annoncé que la population de 2,3 millions de personnes à Gaza manquait de produits alimentaires de base et d’eau, estimant que la quantité de carburant qui entre actuellement dans l’enclave ne représente que la moitié du minimum qui serait nécessaire au quotidien. L’État juif indique que le Hamas a pillé les ressources à Gaza, notamment l’essence, exprimant sa préoccupation qu’un tel pillage puisse continuer en laissant, par ailleurs, le groupe terroriste avoir accès au carburant nécessaire pour alimenter son réseau de tunnels et procéder à ses tirs de ses roquettes.

Jusqu’à présent, Israël a refusé les appels au cessez-le-feu, à moins qu’il ne soit l’occasion de libérer un nombre significatif des 240 otages qui ont été kidnappés le 7 octobre, notamment toutes les femmes et tous les enfants. L’État juif craint également qu’un arrêt dans les combats permette au Hamas et aux autres groupes terroristes de se regrouper et de se préparer en vue des futurs combats, entravant les capacités d’opération de Tsahal.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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