Une vidéo d’enfants en larmes dans un abri illustre la souffrance dans le sud
Rechercher

Une vidéo d’enfants en larmes dans un abri illustre la souffrance dans le sud

Reut Shpilman, qui a filmé ses enfants qui refusaient de rentrer chez eux après une fausse alerte, fustige les dirigeants israéliens qui ne comprennent pas ce qu'ils endurent

Ori Shpilman dans un abri anti-bombes d'Ashkelon, le 27 novembre 2019. (Captrue d'écran Facebook)
Ori Shpilman dans un abri anti-bombes d'Ashkelon, le 27 novembre 2019. (Captrue d'écran Facebook)

La vidéo d’enfants gémissants dans un abri anti-bombes d’Ashkelon durant une alerte à la roquette est devenue virale, mettant en lumière la souffrance qu’endurent les résidents du sud face aux vagues de violences qui frappent la région.

La vidéo a été filmée mardi soir après que la sirène d’alarme a retenti dans la ville côtière peu avant minuit. L’armée a ensuite indiqué qu’aucune roquette n’avait été lancée, mais cela n’a pas aidé les enfants de Reut Shpilman, qui tremblaient de peur dans les abris.

« C’est très frustrant, le décalage entre la façon dont ont appréhendé la situation dans le sud et la façon dont la vie continue hors de la zone des sirènes », s’est agacée Reut Shpilman, mère de 4 enfants, auprès de la Douzième chaîne mercredi.

« En 30 secondes [après une sirène], il faut emmener 4 enfants dans un abri, qui est en dehors de la maison. Nous ne pouvons pas continuer comme ça. »

La vidéo, vue plus de 86 000 fois en 20 heures après sa publication mercredi à 1h15 du matin, montre trois de ses enfants dans l’abri.

הי אתם שם למעלה, אתם שומעים?? כאן בדרום חיים במציאות בלתי אפשרית! באיזה מדינה בעולם נותנים שירו על האזרחים שלהם???? באיזה??ביבי, עם כל ההישגים שלך, אם ישנם אזרחים שחיים תחת פחד יומיומי! לא עשית כלום!! עדיף שתלך הביתה!! מעל 10 שנים אתה בשלטון! חאלס! אין את מי להאשים!

פורסם על ידי ‏רעות שפילמן דרייר‏ ב- יום שלישי, 26 בנובמבר 2019

Ori, une fillette de 8 ans, semble visiblement troublée et pleure en disant à sa mère « je ne veux pas », après qu’on lui a dit qu’ils rentraient chez eux.

Yonatan, 6 ans, les mains jointes, grimace et tremble en s’approchant de sa mère.

Noam, 3 ans, s’accroche à la jambe de sa mère.

« Je ne veux pas… [inaudible]… il n’y aura plus de guerre, ça suffit », dit Ori, les lèvres frémissantes.

Reut propose de « rentrer à l’intérieur ».

Mais Ori refuse. « Maman, je n’aime pas être à la maison. Je veux rester ici. »

« Combien de temps pouvons-nous rester ici ? », demande Reut à sa fille.

« J’ai peur, je veux rester ici », insiste Ori, tremblant. « Je veux rester ici. »

Elle a dit avoir filmé ses enfants pendant 20 minutes après la sirène, après avoir réalisé qu’elle ne parvenait pas à les calmer.

Des missiles israéliens lancés par le système de défense Dôme de Fer, conçu pour intercepter et détruire des roquettes de courte portée et des obus de mortier, au dessus de Netivot,, le 12 novembre 2019 (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

La fausse alerte de mardi est survenue alors qu’Israël effectuait des frappes aériennes dans la bande de Gaza en réponse à des tirs de roquettes antérieurs sur la ville voisine de Sdérot. Il n’y a pas eu de blessés israéliens, bien qu’une femme ait été légèrement blessée en courant vers un abri.

Cette brève flambée a interrompu plusieurs jours de calme après deux jours d’intenses combats les 12 et 13 novembre entre Tsahal et les combattants du Jihad islamique à Gaza, au cours desquels plus de 400 roquettes ont visé Israël.

Selon les responsables de la santé de Gaza, 34 personnes ont été tuées dans l’enclave palestinienne au cours de l’épisode de tensions. Plus d’une dizaine de terroristes, mais aussi huit membres d’une même famille dont la maison semble avoir été prise pour cible par erreur, ont trouvé la mort.

Un enfant israélien attend la fin de l’alerte à la roquette dans un abri anti-aérien dans la ville côtière d’Ashkelon, en Israël, le mercredi 13 novembre 2019. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

Pendant ce conflit et d’autres, un certain nombre de vidéos ou d’images montrant le sort d’enfants israéliens se cachant dans des abris anti-aériens ou sur les trottoirs ont été largement diffusées.

Cet affrontement était le dernier d’une série de cycles de violence entre Israël et Gaza au cours des deux dernières années qui ont vu la région basculer entre combats intenses et cessez-le-feu temporaires.

Les autorités ont fait état d’une forte augmentation du nombre de résidents des localités frontalières de Gaza souffrant de symptômes de stress traumatique.

Des Israéliens réunis dans un abri durant une alerte à la roquette, à Ashkelon, le 13 novembre 2019. (Crédit ! Gil Cohen-Magen/AFP)

« Ces images se répètent à chaque sirène. C’est la réalité dans laquelle nous vivons », a déploré Reut Shpilman au micro de la Douzième chaîne.

« Mes enfants ne sont pas déprimés, ce sont des enfants heureux, normaux. Mais ça les poursuit partout », dit-elle. « Ma fille a peur de prendre le bus, parce que le chauffeur allume la radio, et elle entend parler de ballons incendiaires et de roquettes qassam qui tombent. Elle a peur de retourner dans sa chambre et demande ce que l’on fera si la sirène retentit à nouveau. »

Dans une publication Facebook accompagnant sa vidéo, la mère a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeants de ne pas garantir la sécurité de sa famille.

Le nouveau ministre de la Défense Naftali Bennett rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef d’état-major Aviv Kohavi et le général de brigade Ofer Winter, secrétaire militaire du ministre de la Défense, le 12 novembre 2019. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

« Hé, vous tous, vous m’entendez?? », interpelle-t-elle dans la publication. « Ici dans le sud, notre situation est invivable ! Quel pays du monde laisse ses citoyens se faire tirer dessus ??? ».

Une électrice de droite – sa photo de profil sur Facebook comprend un bulletin de vote du parti Yamina – a néanmoins exigé que Netanyahu « rentre chez lui ».

Ses propos ont été repris par d’autres personnes dans le sud, dont le maire de Sderot, Alon Davidi, qui a lancé une offensive mercredi contre Netanyahu, le ministre de la Défense Naftali Bennett, le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, ancien chef d’état-major de Tsahal, et celui d’Yisrael Beytenu et ancien ministre de la Défense, Avigdor Liberman, les accusant de se disputer sur des sujets politiques au lieu de traiter le sujet.

« Pendant des années, nous avons entendu dire que seuls eux seuls connaissaient la solution, si seulement nous leur donnions une chance », a-t-il déclaré à la radio 101.5. « Alors, honte à vous. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...