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US: Interrogé sur Israël, un républicain juif cite l’esclavage face à sa rivale noire

Josh Mandel, candidat au Sénat et partisan de Trump, a proposé une réponse étrange incluant Martin Luther King Jr. à une question sur la menace iranienne lors d'un débat

Josh Mandel (à gauche), un candidat républicain au Sénat américain, débat avec Morgan Harper (à droite), un démocrate, à l'église City of God de Cleveland, le 21 février 2022. (Campagne de Morgan Harper/YouTube via JTA)
Josh Mandel (à gauche), un candidat républicain au Sénat américain, débat avec Morgan Harper (à droite), un démocrate, à l'église City of God de Cleveland, le 21 février 2022. (Campagne de Morgan Harper/YouTube via JTA)

JTA – C’était une question habituelle sur Israël, caractéristique de nombreux débats politiques récents.

« Pourriez-vous nous dire si vous accorderiez un soutien inconditionnel pour protéger et défendre Israël si l’Iran attaquait l’État juif ? » a demandé le modérateur lors du débat qui s’est tenu lundi entre Josh Mandel, un républicain juif d’extrême-droite qui brigue le siège de sénateur des États-Unis dans l’Ohio, et Morgan Harper, une démocrate progressiste.

La réponse de Josh Mandel lors du débat, qui s’est tenu dans une église afro-américaine de Cleveland, était tout sauf habituelle. Il s’est adressé directement à Harper, qui est Noire.

« Morgan, connais-tu le seul pays sur toute la planète où les Africains n’ont pas été amenés comme esclaves ? L’État juif d’Israël », a déclaré Mandel. « Pendant le mouvement des droits civiques, les meilleurs partenaires de Martin Luther King étaient juifs. En fait, des Juifs sont morts en marchant main dans la main, bras dessus, bras dessous, avec MLK pour faire avancer la cause des droits civiques. »

Le rapport entre l’esclavage ou l’alliance entre les Juifs américains et les Noirs à l’époque des droits civiques et la menace iranienne n’est pas clair ; Morgan avait l’air perplexe pendant que Mandel donnait sa réponse, et ce dernier n’a pas répondu à une demande de précisions de la Jewish Telegraphic Agency.

M. Mandel a ensuite abordé le conflit israélo-palestinien en déclarant qu’il « y a une raison pour laquelle les pays arabes ne veulent pas des Palestiniens : c’est parce que, à maintes reprises, les dirigeants palestiniens se sont comportés comme des animaux ».

Ces propos lui ont valu une réprimande de la part de Harper. « Je dois vraiment réagir à une partie de cette rhétorique, honnêtement très dangereuse, que mon adversaire avance ici aujourd’hui », a-t-elle déclaré.  « Ces propos contribuent à des choses comme l’islamophobie que nous avons vu se produire dans diverses parties de notre État et de notre pays, et il est vraiment irresponsable pour quelqu’un qui essaie de siéger au Sénat des États-Unis de se tenir ici et de dire ce genre de choses.  »

La réponse de Mme Harper à la question initiale, concernant la menace de l’Iran, était, pour sa part, habituelle des démocrates de la gauche progressiste : « Je suis favorable à ce que l’on continue à faire ce qui est nécessaire pour protéger Israël en tant qu’État », a déclaré Mme Harper, ancienne avocate chargée de la protection des consommateurs pour l’administration Obama. Elle a ajouté que, concernant le conflit israélo-palestinien, « les Israéliens et les Palestiniens jouissent des droits humains, qui doivent être protégés » et que les habitants de l’Ohio méritent d’entendre « toutes les parties sur cette question ».

M. Mandel a fait l’objet d’un examen minutieux pour être passé du statut de républicain modéré lorsqu’il était trésorier d’État dans la première partie de la dernière décennie, à celui de politicien de la droite radicale qui soutient l’ancien président américain Donald Trump et ses fausses déclarations selon lesquelles il aurait gagné les dernières élections.

Le débat Harper-Mandel est inhabituel car les deux candidats ne sont pas encore candidats à l’investiture et doivent affronter des primaires compétitives dans leurs partis respectifs.

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