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USA : Cardona menace de coupes budgétaires les universités tolèrant l’antisémitisme

Face au regain de l'antisémitisme sur les campus, le Secrétaire à l'Éducation rappelle que les établissements financés par le gouvernement fédéral sont tenus de protéger les Juifs et autres minorités

Le Secrétaire américain à l'Éducation, Miguel Cardona, s'exprime lors d'un événement au ministère du Travail, à Washington, le 18 novembre 2021. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)
Le Secrétaire américain à l'Éducation, Miguel Cardona, s'exprime lors d'un événement au ministère du Travail, à Washington, le 18 novembre 2021. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP)

WASHINGTON (JTA) – Suite à une réunion, le mois dernier, avec des organisations juives alarmées par le regain d’antisémitisme sur les campus en raison de la guerre entre Israël et le Hamas, le Secrétaire à l’Éducation, Miguel Cardona, a déclaré que les universités américaines pourraient se voir retirer des fonds publics si elles ne luttaient pas contre l’antisémitisme et toute forme de sectarisme.

Cardona a lancé cet avertissement dans une interview sur CNN, peu de temps avant la publication d’une lettre rappelant aux établissements financés par le gouvernement fédéral leurs obligations en matière de protection des Juifs et autres minorités.

« Je veux aider ces universités, leur donner des conseils. En cas d’actes flagrants, je veux m’assurer que le nécessaire sera fait et qu’il y aura enquête », a-t-il déclaré à la chaîne. « Et si au final il faut retirer les fonds à un campus qui refuse de se conformer aux instructions, nous le ferons. »

Les propos de Cardona n’ont rien de nouveau, mais ils indiquent clairement qu’il est prêt à faire pression sur les universités afin qu’elles prennent leurs responsabilités. Dans un communiqué publié le 7 novembre annonçant officiellement l’envoi de ce courrier, Cardona a rappelé que les instructions contenues dans ce courrier étaient liées à ce que les organisations juives qualifient de pic massif d’antisémitisme sur les campus depuis que les terroristes du Hamas ont frappé Israël, le 7 octobre dernier, ce qui a déclenché la guerre.

La guerre a éclaté après l’attaque sur le territoire israélien, au niveau de la bande de Gaza, de 3 000 terroristes dirigés par le Hamas, le 7 octobre dernier qui ont massacré près de 1 400 personnes – principalement des civils – dans des communautés du sud d’Israël. Ils ont également fait 240 otages qu’ils ont enlevés et conduits dans la bande de Gaza, parmi eux une trentaine d’enfants.

« La hausse des incidents de haine sur nos campus, en raison du conflit entre Israël et le Hamas, est extrêmement traumatisante pour les étudiants et elle devrait l’être également pour tous les Américains. L’antisémitisme, l’islamophobie et toutes les autres formes de haine vont à l’encontre de tout ce que nous défendons en tant que nation », a-t-il déclaré.

Signé par Catherine Lhamon, Secrétaire adjointe du département pour les droits civiques, le courrier adressé le 7 novembre aux universités qui perçoivent des fonds fédéraux fait état dans son premier paragraphe d’« une augmentation alarmante des incidents antisémites inquiétants et des menaces contre les étudiants juifs, israéliens, musulmans, arabes et palestiniens sur les campus et dans les écoles P-12 ».

Des affiches des certaines de personnes enlevées par le Hamas en Israël, le 7 octobre 2023, sur un poteau devant l’Université de New York (NYU) alors que les tensions entre les partisans de la Palestine et d’Israël augmentent sur les campus universitaires du pays, le 30 octobre 2023, à New York. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Au deuxième paragraphe, Lhamon rappelle que les fonds publics fédéraux perçus par les établissements sont subordonnés à leur obligation légale de protéger les élèves issus des minorités. Les universités publiques et privées touchent des fonds publics fédéraux à divers titres.

« Je vous écris pour rappeler aux collèges, universités et écoles qui bénéficient de fonds fédéraux leur responsabilité légale en vertu du titre VI de la loi sur les droits civils de 1964 et de ses règlements d’application (titre VI), qui est de fournir à tous les élèves un environnement scolaire exempt de discriminations fondées sur la race, la couleur ou l’origine, y compris l’ascendance ou les caractéristiques ethniques », rappelle Lhamon dans ce courrier. » Il est de votre obligation légale, en vertu du titre VI, de lutter contre les discriminations prohibées à l’encontre des étudiants et des autres personnes sur votre campus, y compris ceux qui sont ou sont perçus comme juifs, israéliens, musulmans, arabes ou palestiniens, de la façon décrite dans ce courrier. »

Lors de son entretien, le 30 octobre dernier, avec des dirigeants d’organisations juives, Cardona avait souligné que l’administration Biden avait, avant même l’attaque meurtrière du Hamas du 7 octobre contre Israël, décidé d’appliquer le dispositif légal de protection des droits civiques aux minorités religieuses, y compris les juifs et les musulmans. Il s’était alors engagé à leur fournir un plan abouti dans les deux semaines.

Lors de cette réunion, les dirigeants d’organisations juives avaient souligné que le gouvernement fédéral avait, ces dernières années, étendu le bénéfice du titre IX de la même loi aux discriminations fondées sur le sexe afin de priver de fonds publics les universités qui ne faisaient rien contre le harcèlement et les agressions sexuelles. Ils avaient suggéré au ministère de prendre des mesures similaires au regard du titre VI, pour les inciter à agir.

La toute première semaine de novembre, la sénatrice Jacky Rosen, Démocrate juive du Nevada, avait elle-même envoyé un courrier demandant au ministère de l’Éducation de publier « des directives actualisées aux administrateurs des universités indiquant clairement les conséquences d’une carence de mesures pour assurer la sécurité des étudiants juifs », entre autres.

La sénatrice Jacky Rosen, Démocrate du Nevada, s’exprime lors d’une audience du Comité sénatorial de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales intitulée « Surveillance du CBP : examen des défis évolutifs de l’Agence », le jeudi 25 juin 2020 au Capitole à Washington. (Crédit : Tom Williams/Pool via AP)

Rosen, qui a cofondé un groupe de travail sur l’antisémitisme au Sénat, s’est réjouie de la lettre de Cardona publiée le 7 novembre. « Je suis heureuse de voir que, suite à ma demande, le ministère de l’Éducation des États-Unis prend des mesures pour rappeler aux administrateurs des établissements scolaires leur responsabilité légale de protéger les élèves de l’antisémitisme et d’autres formes de discriminations – sous peine d’en subir les conséquences », a-t-elle déclaré. « Je continue de demander au ministère de mettre sur pieds un groupe de travail chargé de lutter contre l’antisémitisme sur les campus. »

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