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USA : En refusant de libérer des otages vulnérables, le Hamas bloque le cessez-le-feu

Selon les représentants de Biden, un accord reste possible, une trêve permettrait de ramener les civils dans le nord de Gaza ; un accord avant le Ramadan serait souhaitable

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Un homme collant des photos des Israéliens toujours retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la "Place des otages", à Tel Aviv, le 4 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Un homme collant des photos des Israéliens toujours retenus en otage par les terroristes du Hamas à Gaza, sur la "Place des otages", à Tel Aviv, le 4 mars 2024. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

De hauts responsables de l’administration Biden ont accusé le Hamas, jeudi, d’empêcher la conclusion d’un accord de cessez-le-feu de six semaines avec Israël par son refus de libérer les otages malades, âgés et de sexe féminin qu’il retient à Gaza.

« Il pourrait y avoir un cessez-le-feu d’au moins six semaines aujourd’hui si le Hamas acceptait de libérer une catégorie définie d’otages vulnérables, notamment des femmes, des personnes âgées, des malades et des blessés », a déclaré l’un des responsables, qui ont tous parlé aux journalistes sous le couvert de l’anonymat. « La balle est maintenant dans le camp du Hamas. »

« L’élément clé côté [Hamas] est la libération des malades, des personnes âgées et des femmes. Et c’est là que ça bloque », a ajouté un deuxième responsable.

Alors que le Hamas aurait quitté la table des négociations au Caire au motif que celles-ci seraient arrivées à une impasse, les responsables américains ont insisté pour dire qu’un accord était toujours possible et qu’ils continuaient à œuvrer en ce sens. « C’est ainsi, à nos yeux, que nous pourrons ramener les otages à la maison », a déclaré l’un d’entre eux.

De hauts responsables de l’administration Biden ont donné des précisions sur l’accord en cours de négociation. La première phase verrait un cessez-le-feu de six semaines et serait structurée de manière à ce que deux phases supplémentaires puissent être ajoutées par la suite.

L’accord prévoirait également le « repositionnement des forces israéliennes » au cours de cette première phase et autoriserait le retour des Palestiniens dans le nord de la bande de Gaza.

Des Palestiniens déplacés transportent leurs affaires dans une rue de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 mars 2024, dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas. (Crédit : AFP)

Ce deuxième point est une source de friction avec Israël, qui a jusqu’à présent rejeté publiquement cette demande, affirmant qu’elle permettrait une résurgence du Hamas dans cette moitié de la bande.

« Nous entendons ramener des gens dans le nord. Cette mesure fait partie de l’accord qui a été élaboré », a affirmé le responsable.

Le projet de permettre aux Palestiniens de retourner dans le nord de la bande de Gaza rend plus urgente l’amélioration des mécanismes d’acheminement de l’aide humanitaire dans l’ensemble de l’enclave. C’est pourquoi l’administration Biden envisage la création d’un corridor maritime et d’autres mécanismes d’acheminement, a expliqué l’un des hauts responsables.

Selon eux, l’administration Biden s’efforcera de conclure un accord de cessez-le-feu temporaire avant le Ramadan, qui commence aux alentours du 10 mars. Toutefois, ont-ils précisé, « il n’y a pas de date butoir précise pour ces négociations. »

« Nous sommes conscients que les extrémistes pourraient essayer d’utiliser le Ramadan pour déclencher quelque chose de très regrettable pendant ce mois sacré, et nous voulons nous assurer que la période soit paisible pour que les gens puissent pratiquer leur culte », a déclaré le haut fonctionnaire. « Nous y travaillons avec les Israéliens, l’Autorité palestinienne (AP), les Jordaniens et d’autres. »

« Ismail Haniyeh, chef du Hamas, a appelé à la violence pendant le ramadan. Nous savons qu’ils pourraient très certainement lancer des attaques à cette occasion. Cette période est toujours volatile… Nous sommes tout à fait conscients des intentions possibles [du Hamas] », a déclaré le représentant, évoquant le récent appel du chef du Hamas aux Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est à se rendre sur le mont du Temple le premier jour du mois sacré pour les musulmans.

Le président américain Joe Biden prononce le discours sur l’état de l’Union lors d’une session conjointe du Congrès au Capitole des États-Unis, jeudi 7 mars 2024, à Washington. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Lors du discours sur l’état de l’Union de jeudi soir Biden s’est engagé à faire libérer les otages, et a mis en garde Israël contre l’utilisation de l’aide comme monnaie d’échange. Un otage libéré se trouvait dans l’assistance ainsi que les proches de plusieurs otages encore à Gaza.

Il a déploré le « jour le plus meurtrier pour le peuple juif depuis la Shoah » dans son discours sur l’état de l’Union, jeudi, défendu le droit d’Israël à poursuivre le Hamas suite à l’attaque menée par le groupe terroriste le 7 octobre, tout en exprimant son mécontentement du bilan humanitaire de la guerre.

Il a également souligné la responsabilité fondamentale d’Israël « de protéger et sauver la vie des innocents »

Biden a promis « à toutes les familles que nous ferons tout pour faire revenir leurs proches » et a rappelé les initiatives en vue de la conclusion d’un cessez-le-feu, qui permettrait la libération des otages et l’acheminement de davantage d’aide humanitaire à Gaza, où le risque de famine se fait chaque jour plus grand.

Ce sentiment a été partagé plus tôt dans la journée de jeudi par l’ambassadeur américain en Israël, Jack Lew, lors d’une conférence sur la sécurité à Tel Aviv.

Le chef du politburo du Hamas basé au Qatar, Ismail Haniyeh, s’adressant aux journalistes alors qu’il accueille le ministre iranien des Affaires étrangères (absent sur la photo), à Doha, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ministère iranien des Affaires étrangères / AFP)

« C’est une erreur de penser que les négociations sur les otages sont terminées. « Les discussions se poursuivent, il y a encore des échanges, les différences s’estompent », a-t-il déclaré.

« Une trêve augmenterait la probabilité d’une solution diplomatique dans le nord. Une trêve augmenterait la probabilité d’une normalisation saoudienne à l’avenir », a soutenu Lew.

Il a cependant précisé que pour qu’il y ait normalisation, il faut qu’il y ait une conversation « au-delà de l’horizon » sur la question d’un État palestinien.

Si la question des otages n’est pas résolue, a-t-il dit, « je ne sais pas comment placer les autres pièces du puzzle pour trouver une solution », faisant référence à la normalisation avec les pays arabes de la région et à une solution diplomatique à la lutte contre le Hezbollah.

Parlant du « lendemain » de la guerre, Lew a indiqué que l’administration future de Gaza était « au cœur de tous les plans futurs ».

« Le personnel sera constitué de locaux, dont beaucoup ont travaillé pour l’Autorité palestinienne », a-t-il déclaré. « Le personnel devra être approuvé. »

Il a reconnu le malaise israélien face à l’idée d’une solution à deux États, mais a déclaré que l’alternative était des violences sans fin.

Plus tard dans la journée, le Directorat des Renseignements des États-Unis, Bill Burns, est arrivé au Qatar après une visite discrète en Égypte la veille, dans ce qui semble être la dernière tentative de l’administration Biden pour parvenir à un accord sur les otages avant le début du Ramadan au début de la semaine prochaine.

Les pourparlers semblaient dans l’impasse jeudi, lorsque la délégation du Hamas a quitté le Caire sans aucun signe de progrès dans les négociations négociées par l’Égypte, le Qatar et les États-Unis.

Un responsable américain a déclaré à CNN que Burns n’avait pas prévu de s’arrêter en Israël lors de sa tournée régionale, ajoutant que le sommet de Doha ne prévoyait pas non plus de réunion quadripartite avec les chefs des services de renseignement des États-Unis, de l’Égypte et d’Israël, ni avec le Premier ministre du Qatar.

CNN a indiqué que les espoirs de parvenir à un accord avant le Ramadan s’amenuisaient, mais le site d’information Walla a déclaré que le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avait déclaré aux familles d’otages en visite à Washington mercredi que les États-Unis continueraient à œuvrer en faveur d’un accord, même après le début du mois sacré.

Sullivan a indiqué aux familles que l’accord sur la table était raisonnable et que les Etats-Unis continueraient à essayer de faire pression sur le Hamas par l’intermédiaire de l’Egypte et du Qatar au cours du week-end, selon Walla.

(De gauche à droite) Le président de l’état-major interarmées Charles Q. Brown Jr, le Président américain Joe Biden, le directeur de la CIA William Burns, le conseiller adjoint à la Sécurité nationale Jon Finer et le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin se réunissent pour un briefing sur l’Ukraine, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 5 octobre 2023. (Crédit : Brendan Smialowski / AFP)

Un responsable israélien a indiqué au site d’information Ynet que, selon Jérusalem, le Hamas aurait pris la décision de bloquer [les négociations] afin de permettre la poursuite de la guerre pendant le mois du Ramadan.

Plus tôt dans la journée de jeudi, le Hamas a publié un communiqué indiquant que sa délégation avait quitté le Caire, mais qu’il poursuivrait les négociations sur une trêve à Gaza jusqu’à ce qu’un accord soit conclu avec Israël, imputant l’absence de progrès à Jérusalem.

Une source officielle égyptienne a déclaré à la chaîne de télévision publique Al-Qahera News que la raison pour laquelle les négociations sur un cessez-le-feu à Gaza sont au point mort est la demande du Hamas qui souhaite un processus par étapes menant à la fin de la guerre, mais elle a ajouté que les pourparlers reprendraient la semaine prochaine.

Des responsables égyptiens avaient précédemment déclaré que, malgré l’impasse, ils n’excluaient pas qu’un accord soit conclu avant le mois de jeûne musulman du Ramadan, qui est apparu comme une date butoir informelle.

Les responsables égyptiens ont déclaré que le Hamas avait initialement accepté les principaux termes du texte, mais qu’il souhaitait obtenir des engagements quant à l’instauration d’un cessez-le-feu définitif et plus permanent.

Israël n’a pas fait de commentaires.

Des membres des familles des otages israélo-américains détenus par le Hamas s’adressant à la presse après une réunion avec le président américain Joe Biden, à l’extérieur de la Maison Blanche, à Washington, le 13 décembre 2023. (Crédit : Jim Watson/AFP)

Les négociateurs du Hamas, du Qatar et de l’Égypte – mais pas d’Israël – ont tenté cette semaine d’obtenir un cessez-le-feu de six semaines à temps pour le Ramadan.

L’accord présenté au Hamas pour la bande de Gaza prévoit, dans un premier temps, la libération d’au moins une partie des otages que le groupe terroriste détient toujours depuis les massacres du 7 octobre. Les prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteint à la sureté de l’état seraient relâchés en contrepartie.

Israël avait précédemment indiqué qu’il ne participerait pas aux pourparlers du Caire en raison du refus du Hamas de fournir une liste des otages encore en vie. Le Hamas a répondu que, les otages étant dispersés dans la zone de guerre, il était impossible d’obtenir une telle liste sans cessez-le-feu.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré jeudi que le nombre de morts dans la bande de Gaza avait dépassé les 30 800 depuis le 7 octobre, date à laquelle des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont lancé une attaque meurtrière contre le sud d’Israël, tuant près de 1 200 personnes et en prenant 253 en otage. Les chiffres du Hamas ne peuvent être vérifiés, ne font pas la distinction entre terroristes et civils et incluent les 13 000 terroristes du Hamas qu’Israël dit avoir tués dans les combats depuis octobre.

Israël affirme également avoir tué un millier de terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre.

Les responsables du Hamas ont également fait savoir que jeudi, Israël avait restitué 47 corps de Palestiniens tués lors de l’offensive militaire au point de passage avec l’enclave dans le sud de la bande de Gaza.

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