Virus/Libération de 70 000 prisonniers en Iran : « trop peu, trop tard » – ONU
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Virus/Libération de 70 000 prisonniers en Iran : « trop peu, trop tard » – ONU

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme en Iran a critiqué la gestion iranienne de l'épidémie, l'une des plus meurtrières après la Chine et l'Italie

On contrôle la température d'une femme et on lui désinfecte les mains alors qu'elle entre dans le centre commercial Palladium, dans le nord de Téhéran, en Iran, le 3 mars 2020. (AP Photo/Vahid Salemi)
On contrôle la température d'une femme et on lui désinfecte les mains alors qu'elle entre dans le centre commercial Palladium, dans le nord de Téhéran, en Iran, le 3 mars 2020. (AP Photo/Vahid Salemi)

La réponse de l’Iran face à l’épidémie du nouveau coronavirus, incluant notamment la libération provisoire de 70 000 prisonniers, est insuffisante et arrive trop tard, a estimé un expert de l’ONU mardi.

S’exprimant devant les médias à Genève, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Iran, Javaid Rehman, a critiqué la gestion iranienne de l’épidémie, qui est l’une des plus meurtrières en dehors de la Chine et de l’Italie.

En Iran, 291 personnes ont été tuées par l’épidémie de Covid-19 et plus de 8 000 cas ont été recensés. Depuis les deux premiers décès à Qom, ville sainte chiite au sud de Téhéran, le 19 février, l’épidémie a connu une « rapide expansion », a commenté M. Rehman.

« A mon avis, l’Etat en a fait trop peu » et a agi « trop tard », a-t-il dit.

Il a également déclaré que des rapports récents indiquaient que la maladie Covid-19 s’était propagée à l’intérieur des prisons iraniennes.

Lundi, l’agence officielle de l’Autorité judiciaire Mizan Online a cité le responsable de l’Organisation des prisons en Iran, Asghar Jahangir, disant qu' »environ 70 000 prisonniers » ont été libérés dans le but de combattre la propagation de l’épidémie.

Selon l’expert de l’ONU, l’Iran n’a libéré que des détenus qui avaient été condamnés à des peines n’allant pas au-delà de cinq ans d’emprisonnement, excluant ainsi de facto les personnes condamnés pour atteinte à la sûreté nationale comme les prisonniers politiques et les personnes arrêtées dans les manifestations de novembre dernier.

Javaid Rehman a appelé Téhéran à mettre à ces restrictions « discriminatoires » et recommandé que « tous les prisonniers » puissent être provisoirement libérés.

Dans un rapport qu’il a présenté lundi au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le Rapporteur a par ailleurs déploré les conditions de détention en Iran. Dans les prisons et centres de détention iraniens, la surpopulation, la malnutrition et le manque d’hygiène sont des facteurs propices à la propagation de maladie, a-t-il déclaré.

M. Rehman a également averti que les sanctions américaines, que Washington a rétablies après avoir claqué la porte de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018, avaient conduit à des pénuries de médicaments et d’équipements médicaux en Iran.

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