Walter Laqueur, spécialiste du terrorisme qui avait fui la Shoah, meurt à 97 ans
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Walter Laqueur, spécialiste du terrorisme qui avait fui la Shoah, meurt à 97 ans

Cet éminent chercheur a révolutionné les études sur le fascisme, le terrorisme et le déclin de l'Europe, ainsi que le conflit israélo-arabe

Walter Laqueur en 1981. (Fred Sweets/The Washington Post via Getty Images et JTA)
Walter Laqueur en 1981. (Fred Sweets/The Washington Post via Getty Images et JTA)

Walter Laqueur, l’un des intellectuels les plus éminents du 20e siècle sur le déclin de l’Europe et le terrorisme, est mort.

Laqueur est décédé chez lui à Washington, dimanche. Il avait 92 ans.

Né à Wroclaw, en Pologne, et élevé à Breslau, en Allemagne, il était adolescent lorsque ses parents l’envoyèrent en Palestine mandataire quelques jours seulement avant le pogrom de la Kristallnacht en 1938. Ses parents mourront plus tard pendant la Shoah.

En Palestine mandataire, Laqueur a travaillé dans un kibboutz et comme journaliste avant de partir pour l’Europe et les Etats-Unis. Il deviendra plus tard président du Conseil international de la recherche du Center for Strategic and International Studies et directeur de la Wiener Library à Londres.

Laqueur a beaucoup écrit sur le fascisme, le terrorisme et le déclin de l’Europe, et avait prédit avec justesse que plutôt que de se démocratiser après l’éclatement de l’Union soviétique, la Russie prendrait la forme d’un autoritarisme populiste aujourd’hui connu sous le nom de « Poutinisme ».

En tant que chercheur sur le terrorisme, il a contribué à briser le mythe populaire selon lequel la pauvreté mène au terrorisme. Laqueur a également beaucoup écrit sur le conflit israélo-arabe et la Shoah. Beaucoup de ses livres, dont A History of Zionism et A History of Terrorism, sont considérés comme des classiques.

« L’Europe ne sera pas enterrée sous les cendres, comme Pompéi ou Herculanum, mais l’Europe est en déclin », disait-il au magazine allemand Der Spiegel, selon le Washington Post. « C’est certainement horrifiant de constater son impuissance face à l’approche des tempêtes. Après avoir été le centre de la politique mondiale pendant si longtemps, le vieux continent court maintenant le risque de devenir un pion ».

Il laisse derrière lui son épouse Susi Genzen Wichmann, ses filles Sylvia Laqueur Graham et Shlomit Laqueur, et quatre petits-enfants.

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