Yom Yeroushalayim : La scène hi-tech unique de la ville fêtée dans des vidéos
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Yom Yeroushalayim : La scène hi-tech unique de la ville fêtée dans des vidéos

Start-Up Nation Central et ses partenaires à Jérusalem montrent les entrepreneurs et les initiatives sociales lancées dans la ville sainte, qui accueille en son sein 350 start-ups

Des Juifs prient au mur Occidental de Jérusalem, dans la Vieille Ville, à la veille de Yom Yeroushalayim, le 9 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des Juifs prient au mur Occidental de Jérusalem, dans la Vieille Ville, à la veille de Yom Yeroushalayim, le 9 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Pour marquer Yom Yeroushalayim, fête nationale où Israël célèbre la réunification, il y a 54 ans, de Jérusalem-Ouest et de Jérusalem-Est, une coalition formée d’organisations à but non-lucratif et d’agences gouvernementales a créé une série de vidéos qui soulignent « l’écosystème technologique unique » qui s’est développé au fil des années dans la capitale d’Israël.

Ces vidéos mettent en lumière entrepreneurs et entreprises travaillant dans la ville, et parviennent à montrer la manière dont la diversité culturelle et le sentiment communautaire qui caractérisent l’une des villes les plus anciennes du monde ont aussi aidé à en faire le berceau des technologies de conduite autonome et de biotechnologies de pointe. La ville accueille également les centres de recherche et développement de multinationales innovantes.

Cette initiative a été mise au point par Start-Up Nation Central, une organisation à but non-lucratif qui cherche à dynamiser l’écosystème technologique de la nation. Elle s’est associée à cette occasion à la Fondation de Jérusalem, à l’Autorité du développement de Jérusalem et au ministère de Jérusalem et du patrimoine.

Wendy Singer, directrice exécutive de Start-Up Nation Central. (Crédit : Miri Davidovitz)

Les célébrations de la Journée de Jérusalem, cette année, ont été largement assombries par les affrontements majeurs qui se déroulent sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, alors que la police a interdit aux visiteurs juifs de se rendre sur le site dans un contexte de heurts entre forces de l’ordre et émeutiers palestiniens. Le mont du Temple est un lieu sacré pour les Juifs comme pour les musulmans.

« Le secteur technologique, à Jérusalem, a connu une croissance spectaculaire au cours de la dernière décennie », commente Wendy Singer, directrice exécutive de Start-Up Nation Central, dans un communiqué.

Selon des données qui ont été compilées par Start-Up Nation Central et l’Autorité du développement de Jérusalem, il y a environ 350 start-ups qui ont ouvert leurs bureaux dans la ville aujourd’hui – contre 200 en 2012 et 405 l’année dernière – une baisse qui peut s’expliquer par le fait que de nombreuses jeunes entreprises en formation ont définitivement fermé le rideau dans le cadre de la crise qui a été entraînée par la pandémie de COVID-19.

Ces firmes travaillent dans les secteurs de la santé numérique, dans l’industrie pharmaceutique et dans les logiciels, mais aussi dans la cybersécurité et dans les technologies propres.

Dans cet écosystème, il y a également des poids lourds comme Mobileye, fabricant de technologies de conduite autonome qui a été racheté en 2017 par Intel Corp. au prix stupéfiant de 15,3 milliards de dollars ; comme OrCam, qui produit un dispositif s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour aider les personnes malvoyantes à voir ; ou comme Lightricks, qui fabrique des applications de photographie et de montage vidéo.

OrCam et Lightricks sont aujourd’hui des compagnies évaluées à plus d’un milliard de dollars.

22 corporations multinationales ont aussi installé leurs centres de recherche et développement dans la ville sainte : Parmi elles, G&E, Intel et Cisco. Il y a aussi 24 fonds d’investissement et 11 institutions universitaires qui ont ouvert des bureaux à Jérusalem, montrent les données.

Une voiture passe devant les bureaux de l’entreprise automobile israélienne Mobileye à Jérusalem le 13 mars 2017 (Crédit : Thomas Coex/ AFP)

Jérusalem s’enorgueillit de compter 136 firmes dans les secteurs des sciences de la vie et des technologies. Les start-ups développant des technologies basées sur l’intelligence artificielle ont fait un bond, passant de 30 en 2015 à 82.

Cette prospérité de la scène technologique dans la ville « prouve que des écosystèmes se sont développés bien au-delà du centre du pays, qu’ils peuvent fleurir et tenir un rôle partiel dans la croissance de la périphérie d’Israël », note Singer. La plus grande partie des start-ups se concentre aujourd’hui dans la région centrale de l’État juif, à Tel Aviv et dans ses environs.

Plusieurs facteurs ont aidé la culture de l’innovation à prospérer à Jérusalem, explique Singer.

La population diversifiée de la ville – où se côtoient laïcs et religieux, Juifs et Arabes, hommes et femmes, Israéliens et nouveaux immigrants – offre un terreau fertile pour la créativité. Ce qui est également renforcé par la présence d’institutions israéliennes comme l’université Hébraïque de Jérusalem et l’Académie Bezalel des arts et du design, avec un mélange multidisciplinaire de talents et de connaissances.

De plus, une coalition informelle constituée d’agences gouvernementales, d’ONGs comme Start-Up Nation Central et d’acteurs académiques s’est engagée à soutenir et à renforcer le secteur technologique local, créant des initiatives permettant de dynamiser la collaboration et la créativité, poursuit Singer.

Les vidéos

Les vidéos sont consacrées à certaines start-ups, à certains entrepreneurs et autres initiatives locales lancées dans la ville.

Dans une vidéo évoquant plus particulièrement les biotechnologies et les sciences de la vie, Ronen Regal, responsable technologique au sein d’Alpha Tau Medical, évoque comment, après avoir travaillé au sein d’unités technologiques pendant son service militaire, il a pris la décision d’intégrer dans le civil les connaissances acquises à l’armée dans les systèmes de communication optiques et dans les technologies vidéo sans fil.

Segal a rejoint Uzi Sofer, son ami de longue date qui est le directeur-général et le fondateur d’Alpha Tau Medical, pour l’accompagner dans sa tentative d’utiliser l’énergie nucléaire pour traiter les cancers.

Shai Melcer, directeur-général de BIOHOUSE, parle de la façon dont son organisation met en lien les entrepreneurs, les médecins, les investisseurs et les acteurs de l’industrie, en permettant aux start-ups de travailler dans des structures de R&D pleinement équipées qui sont installées dans des hôpitaux.

Cette vidéo de « RehabTech » montre Yaron Segal, fondateur de BrainQ, une start-up basée à Jérusalem dont l’objectif est de réduire les handicaps liés aux attaques et aux troubles neurologiques. Segal y explique comment l’idée de cette technologie lui est venue il y a vingt ans, quand Lear, son fils, est né avec un trouble neurologique rare qui affecte le développement de son système nerveux autonome, entraînant chez lui un handicap et l’obligeant à se déplacer à l’aide d’un fauteuil roulant.

« En tant que père et en tant que médecin, je n’étais pas prêt à accepter que Lear et d’autres comme lui n’aient pas de traitement disponible pour soigner cette maladie », explique Segal. Il a donc cherché à développer une technologie susceptible d’encourager le rétablissement du cerveau. Le dispositif qu’il a créé, et qui a la forme d’un chapeau, vise à traiter les zones endommagées du cerveau par le biais d’ondes électromagnétiques, ou d’ondes cervicales artificielles, qui simulent le réseau neuronal pour rééquilibrer le cerveau et lui redonner un fonctionnement normal.

Un essai-pilote entrepris sur 25 patients atteints d’une attaque, qui ont donc été soignés par cette thérapie électromagnétique basée sur l’intelligence artificielle, a montré des résultats « frappants » en termes de réduction des handicaps, a noté la compagnie au mois de mars.

Dans la même vidéo, la docteure Maurit Beeri, directrice-générale de l’hôpital ALYN, évoque la manière dont cet hôpital qui rééduque les enfants cherche à « niveler le terrain de jeu » de manière à ce que tout un chacun puisse accéder à n’importe quel espace – ce qui ôterait, en conséquence, « toute pertinence au mot handicap ». L’hôpital utilise ses technologies et son centre d’innovation, ainsi qu’un laboratoire de biomécanique, pour créer des gadgets taillés sur mesure susceptibles de répondre aux besoins spécifiques de chaque patient.

« Je ne crois pas dans les impossibilités », s’exclame Beeri dans la vidéo. Les enfants ont un potentiel imaginable en termes de dépassement des limitations, continue-t-elle.

Une vidéo, intitulée « l’industrie réimaginée », montre les initiatives qui ont été entreprises dans la zone industrielle de Talpiot, à Jérusalem.

Elie Wurtman, fondateur de PICO, entrepreneur et investisseur en capital-risque, évoque le fonds de capital-risque qu’il a créé aux côtés d’une entreprise sociale appelée PICO Kids, qui organise des formations à l’emploi en direction des jeunes de Jérusalem.

Wurtman a installé les locaux de PICO dans la zone industrielle de Talpiot pour rassembler « les esprits créatifs, les entrepreneurs et la communauté vibrante de Jérusalem », dit-il.

De son côté, Aharon Horwitz, directeur-général et cofondateur d’AutoLeadStar, parle de la plateforme numérique qui aide les vendeurs de voitures à imiter la manière dont ils vendent leurs produits dans la vie réelle en l’adaptant à internet. Si elle a été développée parmi les vieux garages d’entretien automobile à Talpiot, elle aide également l’industrie aux États-Unis.

Horwitz est aussi le fondateur de PresenTense, une organisation qui a construit un écosystème visant à dynamiser les initiatives sociales qui ont pour objectif de faire entrer les diverses communautés encore en marge dans le secteur hi-tech israélien, en pleine expansion.

« Quand je sors de mon bureau et que je vois un homme qui parle yiddish, ou que je rencontre un homme qui s’exprime en arabe, que je vois les couleurs, les confessions, les opportunités – c’est cette complexité de la ville de Jérusalem qui entraîne sa créativité », explique Wurtman dans la vidéo.

Dans la vidéo « ArtTech », Smadar Tsook, fondateur de la Jerusalem Art Map, qui aide les utilisateurs à expérimenter la scène culturelle de Jérusalem virtuellement et qui aide également à « connecter les individus ».

Neta Meisels, cofondatrice et directrice-générale de Hamiffal, un espace de création partagé de Jérusalem, dirigé par la communauté en direction de la communauté, explique la manière dont « la culture doit rester innovante et interactive pour conserver sa pertinence ».

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