Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a estimé mardi que si l’Iran reprenait son programme d’enrichissement, il serait en mesure en deux mois d’avoir assez de matériel pour une arme nucléaire, ce qui déclencherait une « réponse immédiate » des Etats-Unis.

« On sait publiquement aujourd’hui que nous travaillons sur une période d’environ deux mois pour ce qu’on appelle ‘être en capacité' » d’avoir une arme nucléaire, a expliqué M. Kerry, interrogé par la commission des Affaires étrangères du Sénat américain sur les négociations entre Téhéran et les grandes puissances sur son programme nucléaire controversé.

« Cette capacité signifie qu’ils (les Iraniens) décideraient de se sortir du régime qui a été mis en place et agiraient pour enrichir suffisamment afin de créer assez de matériel pour une arme », a poursuivi le chef de la diplomatie.

« Cela ne signifie pas qu’ils obtiendraient une tête (nucléaire) ou un système voire une capacité de test », a toutefois assuré M. Kerry.

L’Iran aurait alors « le matériel pour concevoir une bombe, mais sans la capacité nécessaire pour la placer dans quoi que ce soit, pour la livrer ou pour avoir quelque mécanisme pour le faire », a argumenté le ministre américain.

Les grandes puissances et l’Iran ont repris mardi à Vienne leur marathon diplomatique, intensifiant leurs échanges avec en ligne de mire un accord qui pourrait mettre fin, dès cet été, aux tensions suscitées par le programme nucléaire iranien.

C’est la troisième session de négociations depuis que Téhéran a accepté en novembre dernier de geler une partie de ses activités atomiques en échange d’une levée partielle des sanctions qui étouffent son économie.

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui dirige la délégation des « 5+1 » (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Allemagne), ont ouvert la réunion consacrée à « des échanges très riches et détaillés », a rapporté un porte-parole européen.

M. Kerry s’est dit « agnostique » et « non pas optimiste » sur l’issue de ces négociations, mais il s’est félicité de pourparlers à Vienne « sérieux, entre experts, en profondeur et détaillés ».

Il a toutefois prévenu que si les Iraniens « rompaient l’accord et commençaient à enrichir, ils prendraient une décision aux conséquences énormes à laquelle nous répondrions très probablement immédiatement ».

Washington a affirmé à de multiples reprises que les Etats-Unis feraient tout pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.