Rechercher

Abiy Ahmed : 4 criminels de guerre parmi les personnes évacuées vers Israël

Le transport aérien de 800 autres personnes serait suspendu, alors que Naftali Bennett convoque une réunion pour définir la politique à suivre

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed prend la parole lors d'un dernier meeting de campagne dans un stade de la ville de Jimma, dans le sud-ouest de la région d'Oromia, en Éthiopie, le 16 juin 2021. (Crédit : AP Photo/ Mulugeta Ayene, Dossier)
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed prend la parole lors d'un dernier meeting de campagne dans un stade de la ville de Jimma, dans le sud-ouest de la région d'Oromia, en Éthiopie, le 16 juin 2021. (Crédit : AP Photo/ Mulugeta Ayene, Dossier)

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’est plaint avec colère, lors d’un appel téléphonique avec le Premier ministre Naftali Bennett, que les Éthiopiens amenés en Israël ces derniers mois pendant une guerre qui s’intensifie dans le pays africain incluaient des officiers impliqués dans des crimes de guerre, selon un reportage lundi.

La Treizième chaîne a cité une source de sécurité impliquée dans cette affaire, selon laquelle au moins quatre officiers – parmi les plus de 2 000 personnes amenées en Israël au cours de l’année écoulée – sont soupçonnés d’avoir pris part à des massacres de rebelles dans la région du Tigré.

La pression s’est accrue sur Israël ces dernières semaines pour faire venir des milliers de membres de la communauté juive éthiopienne en Israël, alors que l’insurrection des rebelles du Tigré s’intensifie et se rapproche de la capitale Addis-Abeba. « Nous devons continuer à les faire venir en Israël rapidement », a déclaré le président Isaac Herzog la semaine dernière.

Les problèmes signalés dans le cadre de la campagne ont entraîné la suspension du transport aérien de 800 personnes supplémentaires, ajoute la chaîne, à la suite d’une réunion « difficile » lundi matin entre la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et la ministre de l’Intégration Pnina Tamano-Shata.

Selon le quotidien Haaretz, Mme Tamano-Shata, qui est elle-même d’origine éthiopienne, a menacé lundi de quitter son poste si aucune autre personne n’était évacuée par avion.

Le reportage ajoute que Bennett convoquera une réunion dans les prochains jours afin d’établir une politique en la matière. Shaked, Tamano-Shata et le ministre de la Défense Benny Gantz assisteront à cette réunion.

Selon le reportage de la Treizième chaîne, les personnes qui doivent être amenées en Israël ne courent aucun danger immédiat et concret en raison de leur judéité.

Il peut également y avoir un doute sur le fait qu’ils soient tous juifs, après que des médias hébraïques ont déclaré dimanche soir que des dizaines d’Éthiopiens participant à l’opération secrète pourraient avoir faussement déclaré leur ascendance juive et exagéré le danger qu’ils représentaient. Une enquête de l’Autorité de l’immigration et de la population a soulevé des « doutes sérieux » concernant la grande majorité d’un groupe de 61 Éthiopiens amenés en Israël au cours des derniers mois.

Les membres de la communauté impliqués dans l’effort ont nié les accusations, selon la Douzième chaîne, qui a également publié une évaluation du Conseil de sécurité nationale affirmant qu’il n’y avait pas d’urgence aux efforts de transport aérien.

Photo d’illustration montrant des immigrants éthiopiens arrivant à l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, Israël, jeudi 3 décembre 2020. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)

Depuis que les combats ont éclaté il y a un an, plus de 2 000 Juifs éthiopiens ont été amenés en Israël dans le cadre d’opérations gérées par l’État, dont le groupe des 61, qui avaient besoin de l’accord des ministres pour leur immigration car ils ne font pas partie de la communauté juive et ne revendiquent que des racines juives.

Bien que le projet de les faire venir en Israël ait été élaboré sous le mandat de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, c’est le cabinet de son successeur Naftali Bennett qui l’a approuvé, rapporte Haaretz.

On estime qu’entre 7 000 et 12 000 membres de la communauté éthiopienne attendent toujours de venir en Israël, dont beaucoup vivent dans la région du Tigré, au cœur du conflit. D’autres, qui ont quitté leurs villages il y a des années, vivent péniblement près des centres communautaires juifs de la ville de Gondar et d’Addis-Abeba. Beaucoup attendent depuis des décennies de pouvoir immigrer.

Alors que les immigrants juifs éthiopiens de la communauté Beta Israel sont reconnus comme étant pleinement juifs, les immigrants éthiopiens appartenant à la plus petite communauté Falash Mura doivent se convertir à l’orthodoxie après avoir immigré. Les Falash Mura sont des Juifs éthiopiens dont les ancêtres se sont convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a plusieurs générations. Quelque 30 000 d’entre eux ont immigré en Israël depuis 1997, selon le bureau du Premier ministre.

Comme le ministère de l’Intérieur ne considère pas les Falash Mura comme des Juifs, ils ne peuvent pas immigrer en vertu de la loi du retour et doivent donc obtenir une autorisation spéciale du gouvernement pour se rendre en Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...