AMIA : Un enregistrement d’un ex-ministre argentin admis comme preuve pour trahison présumée
Rechercher

AMIA : Un enregistrement d’un ex-ministre argentin admis comme preuve pour trahison présumée

Hector Timerman est entendu dire que Téhéran est responsable de l’attentat de l’AMIA et justifier les négociations pour une enquête commune contestée

Hector Timerman, ancien ministre argentin des Affaires étrangères. (Crédit : MRECIC ARG/CC-BY/Flickr)
Hector Timerman, ancien ministre argentin des Affaires étrangères. (Crédit : MRECIC ARG/CC-BY/Flickr)

BUENOS AIRES — Les juges argentins examinant les accusations de trahison pesant sur un ancien ministre ont admis comme preuve un enregistrement de lui parlant de l’implication iranienne dans un attentat terroriste à Buenos Aires.

Les juges de la cour d’appel fédérale ont décidé la semaine dernière d’admettre l’enregistrement de 2012 de l’ancien ministre des Affaires étrangères Hector Timerman, qui est juif.

Dedans, il est entendu justifier les négociations avec l’Iran pour enquêter de manière commune sur l’attentat terroriste de 1994, alors même que l’on l’entend dire que la République islamique est responsable de l’explosion du centre communautaire juif de l’AMIA (Association mutuelle israélite d’Argentine), qui a tué 85 personnes.

« S’il y avait quelqu’un d’autre, ils [les Iraniens] n’auraient pas placé la bombe. Donc nous sommes revenus au début. Avez-vous quelqu’un d’autre, que je puisse négocier avec lui ? », entend-on Timerman dire dans l’enregistrement, qui a lieu pendant une conversation téléphonique entre lui et le président de l’AMIA Guillermo Borger, opposant à la brève collaboration entre l’Argentine et l’Iran sur l’enquête.

Le procureur fédéral Eduardo Taiano avait décidé en décembre 2015 de commencer une enquête sur Timerman pour trahison présumée et planification de couverture.

En plus de Timerman, l’ancienne présidente Cristina Fernández de Kirchner fait aussi l’objet d’une enquête pour trahison présumée, ainsi que des membres du Congères qui ont voté en février 2013 en faveur d’un protocole d’entente avec l’Iran.

Le centre AMIA à Buenos Aires après l'attentat de 1994 (Crédit : CC BY La Nación (Argentine)/Wikipedia Commons)
Le centre AMIA à Buenos Aires après l’attentat de 1994 (Crédit : CC BY La Nación (Argentine)/Wikipedia Commons)

Sous Kirchner, l’Argentine avait initié une coopération très contestée avec l’Iran sur l’explosion de l’AMIA, que les agences de renseignements occidentales et le propre système judiciaire de l’Argentine avaient attribué à l’Iran.

Mais la coopération, défendue par Timerman et Kirchner, avait été abandonnée suite à l’élection en octobre 2015 du président actuel de l’Argentine, Mauricio Macri, qui a annulé le pacte.

D’autre part, la ministre de la Justice des Etats-Unis, Loretta Lynch, et le directeur du FBI, James Comey, ont rencontré jeudi à Washington le ministre argentin de la Justice Germán Garavano et ont proposé une coopération technique pour éclaircir la mort du procureur Alberto Nisman, procureur spécial qui enquêtait sur l’attentat de l’AMIA. Il avait été retrouvé mort dans son appartement quelques heures avant de présenter des preuves aux législateurs argentins que Kirchner avait couvert le rôle de l’Iran dans l’attentat.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...