Amir Haskel, arrêté lors d’une manif anti-corruption, libéré sur ordre d’un juge
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Amir Haskel, arrêté lors d’une manif anti-corruption, libéré sur ordre d’un juge

Les autorités ont cherché à faire interdire de Jérusalem l'ex-général et deux autres individus ; la cour y a vu une tentative d'entraver leur liberté d'expression

Le général (rés.) Amir Haskel et deux autres manifestants lors d'une audience organisée à la cour des magistrats de Jérusalem, le 27 juin 2020, après un rassemblement organisé aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 27 juin 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le général (rés.) Amir Haskel et deux autres manifestants lors d'une audience organisée à la cour des magistrats de Jérusalem, le 27 juin 2020, après un rassemblement organisé aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 27 juin 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une magistrate a ordonné la libération sans condition d’un ancien haut-général et de deux autres hommes, dans la nuit de samedi à dimanche. Les trois individus avaient été placés en détention après avoir été arrêtés lors d’un rassemblement organisé aux abords de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu vendredi.

La police avait réclamé l’émission d’ordonnances de restriction contre le général (rés.) Amir Haskel et deux autres manifestants, Gil Danieli et Saadi Ben Sheetrit, demandant à ce qu’ils soient interdits de séjour à Jérusalem pendant au moins quinze jours. Les trois hommes avaient été placés en détention vendredi après une manifestation à Jérusalem visant à dénoncer la corruption au sein du gouvernement.

Mais lors d’une audience qui s’est prolongée jusqu’après minuit, samedi soir, la juge de la cour des magistrats de Jérusalem, Orna Sandler-Eitan, a déclaré que leur interdire de se trouver à Jérusalem reviendrait à museler leur liberté d’expression. Elle a donc ordonné leur libération sans condition.

« Personne ne nous empêchera de manifester dans la mesure où nous respectons les directives de santé », a affirmé Haskel, selon des informations parues dans les médias en hébreu. Il a comparé le pays à une poudrière sur le point d’exploser : « Si mon arrestation permet d’allumer une étincelle, alors cela aura valu la peine », a-t-il continué.

Pendant l’audience, un représentant de la police a indiqué qu’une ordonnance temporaire de restriction interdisant aux manifestants appréhendés de se trouver à Jérusalem était le minimum requis après le refus opposé par les trois hommes d’une libération conditionnelle, selon les informations parues dans les médias en hébreu.

« J’ai des difficultés avec cette demande », a dit la juge. « Cela revient dans les faits à réduire ces hommes au silence ».

Ses partisans ont également jugé que l’arrestation de Haskel était politique et visait à le faire taire.

« La tentative de réduire au silence les individus et d’empêcher les manifestations dans un pays démocratique est impensable », a déploré Limor Livnat, ex-ministre du Likud et critique fervente de Netanyahu.

Un représentant de la police a admis devant la juge que Haskel, 66 ans, n’avait pas bloqué les rues de manière active, mais qu’il avait été à l’origine de ce rassemblement et que par conséquent il était responsable de la présence des autres manifestants, selon le quotidien d’information Haaretz.

Le représentant a ajouté que la police portait des gants pour intervenir auprès des protestataires.

Les Israéliens manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de sa résidence officielle de Jérusalem, le 27 juin 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Ce rassemblement avait été organisé dans le cadre du mouvement anti-corruption du « drapeau noir » contre Netanyahu, qui est actuellement traduit devant la justice dans une série de dossiers de corruption. Samedi soir, des milliers de personnes ont manifesté au même endroit, sur la rue Azza, à Jérusalem, pour dénoncer cette fois la corruption et ces arrestations.

Une vidéo et des photos ont montré les manifestants assis au milieu de la rue située aux abords de la résidence du Premier ministre, certains aux prises avec la police qui semble vouloir leur faire quitter les lieux. Il est impossible de dire pour le moment si les agents avaient, à ce moment-là, reçu l’ordre de disperser la foule.

La police aux prises avec un manifestant au cours d’un rassemblement contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 26 juin 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Haskel, qui a servi pendant 32 ans dans l’armée de l’air – il a notamment été pilote pendant la guerre de 1973 et été chef des personnels de l’armée de l’air israélienne – avait été arrêté peu après avoir pris la parole, selon des témoins.

« Amir s’est exprimé lors du mouvement. Il a prononcé un discours patriotique et immédiatement après, des policiers se sont jetés sur lui, l’ont mis dans une voiture de patrouille et l’ont emmené », a commenté Hanna Yablonka, originaire de Givatayim, auprès du site d’information Ynet. « Je vais à un grand nombre de manifestations, mais je n’avais jamais vu ça. Il a été traité comme un grand criminel, pas comme un pilote de l’armée de l’air ».

Les opposants et les partisans de Netanyahu ont organisé un certain nombre de manifestations aux abords de sa résidence officielle récemment, et notamment au mois de mai, le premier jour du procès pour corruption du Premier ministre.

Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans trois dossiers distincts ainsi que de pots-de-vin dans l’un d’entre eux. Il n’a cessé de clamer son innocence, affirmant que ces accusations entrent dans le cadre d’une initiative menée par ses adversaires politiques, les médias, les forces de l’ordre et les procureurs afin de le chasser du pouvoir.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

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