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Appel à une enquête sur le refus de Tsahal de traiter les alertes des tazpitaniyot

Une enquête est nécessaire "pour faire éclater la vérité, car rien d'autre ne pourra nous rassurer", affirme aux députés le père de la sergente Roni Eshel, tuée le 7 octobre

Les familles des soldates de surveillance tuées le 7 octobre assistant à une audience, à la Knesset, à Jérusalem, le 9 janvier 2024. (Crédit : Sam Sokol)
Les familles des soldates de surveillance tuées le 7 octobre assistant à une audience, à la Knesset, à Jérusalem, le 9 janvier 2024. (Crédit : Sam Sokol)

Décriant ce qu’ils appellent une « culture du rejet des femmes », des députés et des parents endeuillés ont exigé mardi une enquête sur le mépris manifeste de l’armée israélienne des avertissements des tatzpitaniyot – les soldates chargées de surveiller la frontière de Gaza – dans les semaines qui ont précédé le massacre brutal du groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre dernier.

« Vous devez exiger aujourd’hui, et hier, et aussi demain, d’enquêter et d’étudier cet échec », a affirmé Eyal Eshel, le père de feu la sergente Roni Eshel, 19 ans, une soldate d’observation de la 414e unité du Corps de Collecte de Renseignements, aux députés, ajoutant que sa fille n’était « plus là parce qu’ils ne l’ont pas écoutée ».

Pendant les semaines qui ont précédé l’assaut du Hamas – lorsque des milliers de terroristes ont afflué à travers la frontière, tuant 1 200 personnes environ et en kidnappant plus de 240 autres – les tatzpitaniyot ont signalé des signes d’activité le long de la frontière rétive de Gaza, située à un kilomètre de leur position.

Alors que les soldats de surveillance sont chargées de fournir des informations en temps réel aux soldats sur le terrain – ce qui leur a valu le surnom des « yeux de l’armée » – les membres de cette unité entièrement féminine estiment qu’elles n’ont pas été prises au sérieux par sexisme – une négligence qui, selon elles, a entraîné la mort de 15 d’entre elles dans leur base située au kibboutz Nahal Oz, le 7 octobre.

S’exprimant lors d’une audience spéciale sur les tatzpitaniyot, Eshel, comme d’autres parents présents, a déclaré que sa fille lui avait fait part de certains problèmes le long de la frontière de Gaza, notamment des caméras qui ne fonctionnaient pas, mais qu’elle lui avait demandé de ne pas contacter Tsahal en son nom afin de ne pas la mettre dans l’embarras.

« J’ai écouté, mais je n’ai pas agi. Je lui ai dit que nous avions la meilleure et la plus forte armée du monde », s’est-il souvenu.

Roni Eshel, une soldate de l’armée israélienne, tuée par des terroristes du Hamas sur la base militaire du kibboutz Nahal Oz, à proximité de la frontière de Gaza le 7 octobre 2023 et qui est porté disparu depuis. (Crédit : Eyal Eshel via AP)

« Une commission d’enquête externe est nécessaire pour faire éclater la vérité, car rien d’autre ne pourra nous rassurer », a-t-il souligné.

Ilana Nissani, dont la fille, la sergente Shahaf Nissani, âgée de 20 ans, a également servi en tant qu’observatrice à Nahal Oz, s’est souvenue avoir apporté de la nourriture à la base pour la fête organisée avant la démobilisation de sa fille le 6 octobre, la veille de sa mort.

Les soldates étaient « négligées », mais comme Roni Eshel, Shahaf ne voulait pas que ses parents interviennent, a déclaré Nissani.

« Maintenant, il est trop tard. »

Brandissant deux documents, Gili Leibushor, la mère de la sergente Yaël Leibushor, 20 ans, a déclaré aux membres de la Knesset que « le premier document est l’acte de naissance de Yaël. Le second document est son certificat de décès (…) ».

« Nous sommes responsables du premier document. Le second document, vous en êtes responsables. »

Alors que les députés de l’ensemble du spectre politique ont exprimé leur sympathie aux familles, ce sont surtout les membres de l’opposition qui se sont prononcés en faveur d’une enquête. Les membres du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont déjà exprimé leur opposition à l’ouverture d’une enquête avant la fin de la guerre.

Israël disposait de multiples sources d’information sur les exercices et autres préparatifs du Hamas en vue d’un assaut dans les semaines précédant le 7 octobre, notamment, semble-t-il, un plan d’attaque 2022 du groupe terroriste palestinien.

Des soldates israéliennes supervisant des caméras de surveillance dans un centre de commandement de la base militaire du kibboutz Reïm, dans le sud d’Israël, le 5 novembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Si l’armée avait seulement écouté ses observatrices, le 7 octobre « n’aurait pas eu lieu », a soutenu la ministre sans portefeuille Yifat Shasha-Biton (HaMahane HaMamlahti), qualifiant les soldates de « héros du peuple juif tout entier ».

« Nous, membres de la Knesset, sommes obligés d’entendre et de connaître tous les récits – l’héroïsme, mais aussi l’omission et la négligence », a écrit sur X, à la suite de la réunion, la députée Meirav Ben-Ari (Yesh Atid), organisatrice de l’audition spéciale.

« Personne n’est venu à leur secours jusqu’à ce qu’elles soient exécutées sur place. »

« Nous devons enquêter et ne rien négliger, non seulement pour voir qui a provoqué cette incurie », mais aussi pour empêcher que cela ne se reproduise, a affirmé la députée Pnina Tamano-Shata (HaMahane HaMamlahti), présidente de la commission des Droits des Femmes et de l’égalité des sexes de la Knesset.

La sergente Yaël Leibushor, assassinée lorsque des terroristes du Hamas ont envahi la base militaire de Nahal Oz, dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Condamnant ce qu’elle a décrit comme une « culture du rejet des femmes », Tamano-Shata a appelé à la création d’une commission d’enquête indépendante – distincte du plan récemment annoncé par Tsahal pour enquêter sur ses propres erreurs dans la période précédant l’attaque dévastatrice du Hamas – pour enquêter sur l’affaire.

La députée Yulia Malinovsky (Yisrael Beytenu) a abondé dans ce sens, dénonçant la « culture brisée » qui a conduit à ignorer les rapports des observatrices.

« Si nous ne tirons pas les leçons de cette terrible tragédie, cela se reproduira-t-il ? », a-t-elle questionné.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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