Appels à une opération militaire forte contre Gaza après le tir de roquette
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Appels à une opération militaire forte contre Gaza après le tir de roquette

Après l'attaque contre une yeshiva de Sderots, plusieurs politiciens ont déclaré qu'Israël devrait cibler des chefs du Hamas

Un rabbin à l'intérieur d'une école religieuse de Sderot, en Israël, après qu'elle a été touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 13 juin 2019. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)
Un rabbin à l'intérieur d'une école religieuse de Sderot, en Israël, après qu'elle a été touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 13 juin 2019. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

Des politiciens israéliens de droite et du centre ont appelé jeudi à une action militaire forte contre Gaza, après qu’une école religieuse dans le sud d’Israël a été frappée par une roquette tirée depuis le territoire palestinien.

Les terroristes gazaouis ont lancé deux missiles sur Israël jeudi, mettant un terme à plus d’un mois de calme relatif et rapprochant une fois de plus les deux camps d’une confrontation militaire de grande ampleur.

L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz et l’ancien ministre de la Défense Avidgor Liberman, tout les deux dirigeants de partis rivaux aux prochaines élections, ont appelé à des actions dures contre le groupe terroriste du Hamas qui contrôle Gaza.

Gantz, le chef du parti Kakhol lavan, a préconisé une « attaque d’une intensité sans précédent », notamment en ciblant des dirigeants du groupe terroriste.

« Braquez un pistolet sur des personnalités du Hamas », a clamé Gantz. « Ensuite, exploitez le calme pour une initiative politique avec des pressions économiques. Commencez un cessez-le-feu avec une médiation internationale, et ne laissez pas le Hamas dicter le jeu. »

Aucun groupe palestinien n’a revendiqué l’attaque, mais l’armée israélienne tient généralement le Hamas pour responsable de toute violence émanant de l’enclave.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a fait aucune déclaration officielle après le tir de roquette.

La roquette a frappé la façade de la yeshiva, propulsant des débris sur le trottoir. Plusieurs fenêtre en verre trempé ont été brisées. La roquette n’a cependant pas explosé. Si elle avait explosé, les dégâts auraient été beaucoup plus importants. La plupart des étudiants étaient rentrés chez eux pour le weekend, mais plusieurs personnes étaient encore à l’intérieur de l’école au moment de l’attaque.

Après la première attaque de roquette, qui a été interceptée par le système anti-missile du Dôme de Fer avant le lever du soleil jeudi matin, un avion israélien a bombardé des installations souterraines du Hamas dans le sud de la bande de Gaza.

Vue d’un bateau de pêche au port de Gaza ville, le 13 juin 2019. (Hassan Jedi/Flash90)

Les tensions avec Gaza augmentent progressivement depuis quelques jours, alors qu’Israël a restreint la zone de pêche accessible aux pêcheurs gazaouis en réaction aux lancers de ballons incendiaires au-dessus de la frontière mercredi.

Les tensions ont menacé de rendre caduc le cessez-le-feu officieux négocié après une flambée de violence début mai au cours de laquelle les deux camps ont échangé les plus violents tirs depuis cinq ans, entraînant la mort de quatre Israéliens et de 29 Gazaouis. Les Gazaouis affirment qu’Israël a été lent dans l’application des éléments de l’accord.

Gantz, qui commandait l’armée israélienne lors de la dernière confrontation majeure à Gaza en 2014, a critiqué le gouvernement pour avoir accepté le transfert de millions de dollars en liquide du Qatar vers le Hamas dans le cadre de l’accord.

« Quand vous vous occupez des pêcheurs et du transfert de protection (argent) du Qatar, vous ne réglez pas le problème, » a déclaré Gantz dans un communiqué. « Alors comment fait-on autrement ? Tout d’abord, on mène une attaque d’une intensité sans précédent. »

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la Knesset, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman, qui a démissionné de son poste de ministre de la Défense l’année dernière pour protester contre ce qu’il disait être une réponse trop légère du gouvernement aux attaques de Gaza, a appelé Israël à arrêter de négocier des accords avec le Hamas pour obtenir le calme.

« Nous devons enterrer profondément le ‘processus d’arrangements’ [avec le Hamas], raviver et renouveler la capacité de dissuasion d’Israël », a-t-il dit.

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, tient une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 mai 2019. (Flash90)

« Nous devons porter un coup sévère au Hamas et mettre un terme aux lancers de ballons incendiaires, de roquettes et à la production d’armes, aux émeutes à la frontière, et bien sûr, arrêter le transfert d’argent-protection », a-t-il dit.

Le député Rafi Peretz, chef de l’Union des partis de droite et ancien rabbin dans l’armée, a lié l’attaque au plan de paix américain encore non présenté, qui a été surnommé « l’accord du siècle ».

« Quand des gens vivant des salons avec l’air conditionné confondent ‘l’accord du siècle’ avec Sderot et la périphérie de Gaza, les enfants [se retrouvent] à courir, apeurés, vers les abris », a-t-il dit. « Nous sommes obligés d’inverser cette tendance – la peur doit changer de camp, elle doit aller vers les chef du Hamas, les fils de la mort qui dérangent nos vis sans être punis. »

L’élu de l’Union des partis de droite Bezalel Smotrich a dit qu’Israël aurait dû prendre des mesures disproportionnées dès la première’attaque de roquette initiale.

« Si ce matin après la première roquette, quarante bâtiments avaient été rasés dans le centre de Gaza – la roquette qui a été lancée ce soir et endommagé la… yeshiva à Sedrot n’aurait pas été lancée », a-t-il dit dans un communiqué. « Une réponse militaire douloureuse est nécessaire au court terme. »

Les dégâts fait dans une école religieuse à Sderot, après un tir de roquette depuis la bande de Gaza, le 13 juin 2019 (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

Alon Davidi, le maire de Sderot, dont la ville est victime des roquettes gazaouis depuis plus de 15 ans, a appelé à une action militaire contre les chefs du Hamas Ismail Haniya et Yahya Sinwar dans le cadre d’une offensive plus large.

« La situation ne peut pas continuer comme cela, a-t-il dit. Comme je l’ai dit dans le passé, seule une opération terrestre apportera la paix à notre région. »

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