Arrestation d’un faux médecin qui proposait des examens mammaires
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Arrestation d’un faux médecin qui proposait des examens mammaires

Cet homme de 53 ans, cadre dans l'édition et originaire de Herzliya, aurait sexuellement agressé des dizaines de femmes sous couvert de fausses consultations médicales

Photo d'illustration : Un médecin avec son stéthoscope (Crédit : BrianAJackson / Getty Images)
Photo d'illustration : Un médecin avec son stéthoscope (Crédit : BrianAJackson / Getty Images)

La police israélienne a arrêté lundi un homme de 53 ans du centre d’Israël soupçonné de s’être fait passer pour un médecin qui prétendait être spécialiste des seins et pouvoir réaliser des examens sur des femmes.

Les agressions sexuelles qui en auraient découlé, depuis une décennie, ont été révélées par le quotidien Yedioth Ahronoth.

Un reportage d’investigation publié par le Yedioth a fait savoir que cet auteur et cadre dans l’édition de Herzliya aurait agressé sexuellement des dizaines de femmes au cours des 10 dernières années sous couvert de fausses consultations médicales, prétendant être un médecin canadien en visite.

Même si l’homme avait été nommé dans le reportage initial, son identité a depuis été placée sous embargo par le tribunal. Son placement en détention a été ordonné jusqu’à la fin de la semaine.

Une victime, qui s’est présentée seulement sous le nom de Karen, a expliqué au journal qu’elle était entrée en contact avec le « médecin » l’année dernière, alors qu’elle rencontrait des difficultés pour nourrir son nouveau-né.

« Les professionnels ne pouvaient pas identifier le problème », a-t-elle raconté. « Et tout le monde pensait que ce n’était rien ».

Pour Karen, les mois qui ont suivi la naissance de son enfant ont été les plus difficiles de sa vie et lorsque les spécialistes se sont trouvés dans l’incapacité de lui venir en aide, elle a tenté de trouver des réponses sur Internet. Elle s’est souvenue avoir découvert le blog d’un Israélien qui affirmait être un chirurgien du sein reconnu vivant au Canada.

Quand elle est entrée en contact avec lui, il lui a dit qu’il devait se rendre en Israël au cours des semaines suivantes et lui a vivement recommandé de prendre un rendez-vous privé avec lui.

Le « médecin » lui a expliqué que parce qu’il était résident de longue date au Canada, il n’avait pas la permission d’exercer en Israël et qu’il n’y avait pas non plus de bureau. Il l’a orientée vers une « clinique privée » pour l’examen, un établissement qui, selon lui, appartenait à un collègue local.

Mais une enquête sous couverture du Yedioth a fait savoir que la clinique était en fait un espace inutilisé situé au quatrième étage de sa maison d’édition et que le « médecin » qui a donné depuis plus de 10 ans des consultations médicales à des patientes n’avait jamais effectué de cursus de médecine.

L’article a par ailleurs découvert que le lieu où il prétendait avoir travaillé sur plusieurs de ses comptes en ligne, le Barrie Health Department, n’existe ni au Canada ni ailleurs. Un cyber-expert a confirmé au journal que les domaines de ses blogs et de ses sites internet se trouvent en Israël.

Une journaliste du Yedioth qui a travaillé sous couverture, se présentant comme une patiente potentielle, a confirmé la semaine dernière que l’homme prenait des rendez-vous dans son bureau de Herzliya en dehors des heures de travail.

D’autres journalistes, se présentant comme des écrivains en herbe désireux de trouver un éditeur, ont rencontré l’homme dimanche à son bureau. Ce dernier a admis à cette occasion n’être jamais allé dans une école de médecine mais il s’est vanté de ses vastes connaissances dans ce domaine.

Lorsque les journalistes ont évoqué devant lui l’escroquerie à la médecine, il a insisté sur le fait qu’il était innocent, tout en reconnaissant en avoir entendu parler.

« Ce n’est pas moi, ce n’est pas moi mais je sais qu’il y a un type qui fait ça », a dit le suspect aux journalistes. « Ce n’est pas moi mais je sais qui c’est… Lui et moi, on se ressemble ».

« Je n’ai jamais prétendu être quelqu’un d’autre ou soignr une femme, qui qu’elle soit », a-t-il ajouté.

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