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Banque d’Israël : bonnes perspectives économiques malgré les changements politiques

Amir Yaron, gouverneur de la banque centrale d'Israël, assure que l'économie israélienne a « une capacité impressionnante à croître », même en période d’incertitudes

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 avril 2022. (Crédit: Flash90)
Le gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, s'exprime lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 avril 2022. (Crédit: Flash90)

Le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, a déclaré mardi que la croissance de l’économie israélienne ne devrait pas être remise en cause par les conséquences politiques de la chute du gouvernement.

« Israël est heureusement dotée d’un système institutionnel qui, comme nous l’avons vu par le passé, permet à l’économie de fonctionner correctement même en période électorale », a déclaré Yaron lors de la conférence Eli Hurvitz à Jérusalem.

« L’économie israélienne a montré qu’elle avait une capacité impressionnante à croître et prospérer, même dans des conditions d’incertitudes politiques ou autres », a assuré Yaron.

Il espère que l’adoption du budget ne sera pas trop retardée par les élections prévues à l’automne, les cinquièmes en Israël en moins de quatre ans.

« C’est la formalité économique la plus importante pour un gouvernement, vitale pour la poursuite des réformes économiques essentielles au soutien à la croissance et à l’amélioration du niveau de vie », a déclaré Yaron à propos du budget.

La Knesset a entamé le processus de dissolution mercredi, après des mois difficiles qui ont abouti à la neutralisation de la coalition, incapable d’adopter des lois, même sans grand enjeu.

La coalition gouvernementale du Premier ministre Naftali Bennett avait pris le pouvoir l’an dernier, à l’issue d’une longue série d’élections infructueuses, et avait réussi l’automne dernier à faire adopter un budget, pour la première fois depuis des années en Israël.

La chute de la coalition plonge le pays dans l’incertitude politique, les sondages prédisant une impasse après les élections, à moins de changements majeurs au sein des alliances politiques. Jusqu’aux élections, le gouvernement restera en place, mais cessera pour l’essentiel de légiférer.

L’instabilité politique entre 2019 et 2021 a entraîné de lourdes pertes pour la société israélienne, notamment en raison de l’absence d’un budget à jour.

L’Institut israélien de la démocratie a estimé mercredi que le coût, pour l’économie, des prochaines élections devrait avoisiner les 3 milliards de shekels.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à la Knesset de Jérusalem, le 20 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans l’ensemble, l’économie israélienne a relativement bien résisté à des années d’instabilité politique et à la pandémie.

En 2021, l’économie israélienne a progressé de 8,1 %, dépassant toutes les prédictions. Elle s’est légèrement contractée au premier trimestre de cette année, mais plus tôt ce mois-ci, l’OCDE a déclaré qu’elle croîtrait finalement de 4,8 % en 2022.

L’inflation au cours des 12 derniers mois a été d’environ 4 % supérieure à la cible de la Banque d’Israël, allant de 1 à 3 %, mais inférieure à la moyenne mondiale.

Yaron a précisé que la commission monétaire de la Banque d’Israël mettrait en œuvre une politique destinée à freiner davantage l’inflation, jusqu’à atteindre la cible.

« Une inflation élevée nuit à la certitude économique et à l’activité. En outre, elle est très dommageable aux plus faibles », a-t-il expliqué.

« Une partie de cette inflation est imputable à des facteurs liés aux interruptions régulières de la chaîne d’approvisionnement, une autre à des processus inflationnistes nationaux, à l’égard desquels la politique monétaire est plus efficace », a confié Yaron.

Le déficit budgétaire d’Israël est quasi nul pour la première fois depuis 2008, et le chômage est faible, de l’ordre de 3,4 %.

L’écosystème technologique, facteur de puissance économique, se porte bien et conserve sa première place sur le plan mondial, en dépit d’un ralentissement global qui rend les financements plus rares. La valeur de l’écosystème des start-ups de Tel Aviv est estimée à 120 milliards de dollars.

La principale préoccupation économique de la population israélienne est le coût du logement, qui a augmenté de 15% au cours de l’année écoulée, sur une base déjà très élevée. Des manifestants ont installé un campement à Tel Aviv, cette semaine, pour appeler l’attention sur cette question, évoquant le mouvement de grande ampleur en faveur de la justice sociale de 2011.

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