Rechercher

Barkat : Netanyahu compte limoger la Procureure générale ; le Likud dément

Selon le député du parti du chef de l'opposition, Baharav-Miara devrait être remplacée par quelqu'un dont la "vision du monde s'aligne sur la droite"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député du Likud Nir Barkat, à droite, lors d'un événement de campagne à Tel Aviv, le 16 février 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député du Likud Nir Barkat, à droite, lors d'un événement de campagne à Tel Aviv, le 16 février 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Un membre important du Likud du chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que, selon lui, l’ancien Premier ministre, actuellement en procès pour corruption présumée, limogera la procureure générale, nommée par le gouvernement sortant, s’il remporte les prochaines élections de novembre.

Les remarques du député Nir Barkat – qui font écho à des déclarations faites ces derniers mois par d’autres membres du parti – ont été démenties quelques heures plus tard par le Likud, qui a publié une déclaration affirmant que Netanyahu n’avait pas l’intention de renvoyer la procureure générale Gali Baharav-Miara.

S’exprimant dimanche dans une interview à la radio 103FM, Barkat a déclaré : « Je pense que Netanyahu le fera [remplacer le procureur général] parce qu’il voudra quelqu’un dont la vision du monde s’aligne sur la droite. »

Il a ajouté que le parti devrait choisir un nouveau procureur général « qui puisse aider à mettre en œuvre les politiques du Likud. »

Barkat, généralement considéré comme un futur candidat potentiel à la direction du Likud, a déclaré qu’il était favorable à un changement du poste de procureur général, en le scindant en deux, avec un fonctionnaire chargé des poursuites et un autre servant de conseiller juridique au gouvernement.

Les critiques des conservateurs font valoir depuis des années que le fait que le même fonctionnaire occupe les deux rôles à la fois crée un conflit d’intérêts inhérent lorsqu’il s’agit de décider de porter plainte contre un membre du gouvernement.

« Notre confiance dans le système d’application de la loi est au plus bas. Les rôles devraient être séparés », a déclaré Barkat. « Alors qu’un procureur ou des juges ne peuvent pas être remplacés pendant leur mandat, un conseiller juridique, lui peut l’être sans aucun problème. »

La nouvelle procureure générale Gali Baharav-Miara lors d’une cérémonie d’accueil à Jérusalem le 8 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après la condamnation de ces remarques par ses rivaux politiques, le Likud a publié une déclaration disant que les mots de Barkat « ne représentent que lui-même et sont contraires à la position du Likud et de l’ancien Premier ministre Netanyahu ».

« Il n’y a aucun projet de renvoi du procureur général », a-t-il ajouté.

Barkat n’est pas le premier élu du Likud à menacer d’évincer Baharav-Miara au cours de la campagne électorale.

En juillet, alors que la procureure générale envisageait d’approuver la nomination par le gouvernement provisoire d’un nouveau chef d’état-major de Tsahal, Yoav Kisch, député du Likud, a déclaré que si elle donnait son feu vert au ministre de la Défense, Benny Gantz, elle serait démise de ses fonctions si le Likud reprenait le pouvoir après la formation d’un gouvernement.

« Les conséquences directes [d’un tel geste] la toucheraient elle et son statut », avait déclaré Kisch dans un communiqué.

Le président de la commission de la Knesset, Yoav Kisch, dirige une discussion sur les règles d’éthique pour les membres de la Knesset, le 17 janvier 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Allant plus loin que Kisch, le député du Likud Shlomo Karhi avait alors juré de remplacer Baharav-Miara, qu’elle approuve ou non la nomination d’un nouveau chef militaire.

« Comme toutes les nominations du gouvernement de la fraude », avait écrit Karhi sur Twitter.

Le Likud n’a pas officiellement désavoué ces propos, bien que le site d’information Ynet ait cité à l’époque des sources anonymes proches de Netanyahu affirmant que ces commentaires « ne correspondaient pas à son opinion ».

Baharav-Miara a fini par approuver la nomination d’un nouveau chef militaire, et Herzi Halevi a depuis été choisi par Gantz pour remplacer Aviv Kohavi. Mais un problème juridique cette fois menacerait la nomination du chef de l’État-Major.

Netanyahu – qui est en procès pour corruption – et le Likud ont souvent critiqué les procureurs, les forces de l’ordre et le système judiciaire au cours des dernières années, affirmant sans preuve qu’un procès avait été intenté contre l’ex-Premier ministre sur la base de fausses accusations afin de le forcer à quitter ses fonctions.

Alors qu’il était encore Premier ministre au sein du gouvernement de transition en avril dernier, Netanyahu a nommé un fidèle du Likud au poste de ministre de la Justice, malgré les objections du procureur général de l’époque, Avichai Mandelblit, mais il a ensuite fait marche arrière avant que la Haute Cour de justice ne tienne une audience sur la question.

Les députés du Likud et leurs alliés ont promis de réformer en profondeur le système juridique israélien s’ils reviennent au pouvoir, notamment en permettant à la Knesset de passer outre les décisions de la Cour suprême et en donnant aux hommes politiques davantage de poids dans le processus de nomination des juges. Certains ont également proposé une législation qui pourrait accorder l’immunité à Netanyahu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...