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Ben Gvir redouble d’efforts pour faciliter les octrois de permis de port d’arme

Alors que la vague de criminalité ne faiblit pas, le ministre de la Sécurité nationale se vante d'avoir presque triplé le nombre d'armes à feu autorisées au cours des derniers mois

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant lors d'un rassemblement de soutien à la réforme du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 1er juin 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s'exprimant lors d'un rassemblement de soutien à la réforme du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 1er juin 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le ministre de la Sécurité nationale d’extrême-droite, Itamar Ben Gvir, a déclaré mardi qu’il allait de l’avant avec son projet de faciliter l’obtention d’un permis de port d’arme, dans le cadre de sa tentative d’augmenter le nombre d’armes à feu dans les rues du pays.

Ben Gvir estime qu’augmenter le nombre de détenteurs de permis de port d’armes pourrait contribuer à lutter contre les vagues d’attentats terroristes et la violence criminelle liée aux armes à feu que la police et les forces de sécurité ont eu du mal à endiguer.

Selon les directives actuelles, le service militaire ne donne droit à un permis de port d’arme que si le demandeur a servi dans des unités d’infanterie de combat.

Les changements proposés par Ben Gvir – qui, selon une déclaration de son bureau, ont été discutés avec des représentants de la police et d’autres fonctionnaires – élargiraient cette éligibilité à tout vétéran du service de combat, y compris ceux qui ont servi dans des unités blindées et d’artillerie et dans la police des frontières, ainsi que les étudiants du programme Hesder – qui permet de conjuguer étude de la Torah en yeshiva et service militaire – et les volontaires du service de secours du Magen David Adom.

Le communiqué souligne également l’augmentation massive du nombre de permis de port d’arme délivrés par son ministère grâce à des mesures de rationalisation : 11 393 au cours des quatre derniers mois, contre 4 054 au cours de la même période en 2022.

En février, Ben Gvir a demandé au département des licences d’armes à feu du ministère de la Sécurité nationale de travailler selon des procédures d’urgence afin d’accélérer le processus jusqu’en mai de cette année, notamment en doublant les effectifs du Département et en étendant les heures d’ouverture du bureau.

Le contrôle des armes à feu en Israël est relativement strict, et les armes ne sont généralement accordées qu’à ceux qui peuvent démontrer un besoin de sécurité supplémentaire dans leur travail ou leur vie quotidienne. Dans presque tous les cas, les citoyens ne peuvent posséder qu’une seule arme et seulement 50 munitions à la fois.

Des Israéliens s’entraînant au tir à l’arme de poing dans un stand de tir dans la ville de Katzrin, sur le plateau du Golan, le 3 avril 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

« Ce que nous promulguons ici est une mesure qui sauve des vies », a déclaré Ben Gvir dans son communiqué de mardi. « Nous rectifions une injustice qui dure depuis des années en permettant aux soldats qui défendent l’État d’Israël de protéger leur propre vie et celle de leur famille. »

Les critiques ont averti que les armes à feu supplémentaires s’accompagneraient de risques importants, notamment de suicides, de violences à l’encontre des femmes, d’incidents liés à la rage au volant et de meurtres.

Selon les données de l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI), sur 32 femmes assassinées avec des armes à feu entre 2019 et 2021, 9 ont été tuées par des détenteurs de permis de port d’arme.

Alors que Ben Gvir a fait pression pour augmenter le nombre d’armes présentes dans les rues, il a été accusé, avec la police, de ne pas faire assez pour endiguer la vague d’homicides dans la communauté arabe d’Israël.

Lundi, le ministre de la Sécurité nationale a annoncé son intention de nommer un coordinateur politique pour aider à lutter contre la flambée de violence meurtrière, quelques heures après que l’épidémie de violence a fait ses 89e et 90e victimes cette année, soit le double du taux d’homicides de l’année dernière.

Ben Gvir a déclaré qu’il avait pris la décision de nommer un expert de la politique sur la base de réunions avec le chef de la police Kobi Shabtaï et les commandants de police de district au cours des derniers jours.

La police travaillant sur les lieux où un homme a été abattu à Umm al-Fahm le 30 mai 2023. (Crédit : Police israélienne)

Mais de nombreux membres de la communauté arabe et au-delà considèrent le leader ultra-nationaliste, ainsi que ses projets de création d’une garde nationale, avec méfiance et sont sceptiques quant à son engagement dans ce domaine.

Par le passé, il a appelé à l’expulsion des Arabes « déloyaux » et a été condamné pour incitation au racisme et soutien à une organisation terroriste.

La méfiance règne également autour de Shabtaï, suites à ses déclarations, qui avaient fait l’objet d’une fuite, selon lesquelles il était dans la « nature » des Arabes de commettre des meurtres.

« M. le ministre, il n’y a rien à faire. Ils s’entretuent. C’est dans leur nature. C’est dans la mentalité des Arabes », avait déclaré Shabtaï lors d’une conversation téléphonique avec Ben Gvir sur le nombre élevé de meurtres dans la communauté, dont l’enregistrement a été divulgué à la Douzième chaîne en avril, vraisemblablement par Ben Gvir lui-même.

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