Rechercher

Ce dont l’Ukraine a le plus besoin de la part d’Israël, ce sont des armes – élu

Le président de la commission de la politique étrangère à Kiev a salué Bennett pour sa médiation mais affirme que Poutine utilise les négociations comme subterfuge

Capture d'écran d'une vidéo d'Oleksandr Merezhko, président de la commission de la politique étrangère et de la coopération interparlementaire du parlement ukrainien, lors d'un entretien avec le site Web Ynet, le 9 mars 2022. (Crédit : Ynet)
Capture d'écran d'une vidéo d'Oleksandr Merezhko, président de la commission de la politique étrangère et de la coopération interparlementaire du parlement ukrainien, lors d'un entretien avec le site Web Ynet, le 9 mars 2022. (Crédit : Ynet)

Un haut législateur ukrainien a déclaré mercredi que les efforts du Premier ministre Naftali Bennett pour négocier un cessez-le-feu entre Kiev et Moscou pour mettre fin à leur conflit brutal en cours sont une étape positive mais « irréaliste », car la Russie n’a aucun intérêt réel à mettre fin aux combats.

Oleksandr Merezhko, président de la commission de la politique étrangère et de la coopération interparlementaire, a déclaré au site Ynet dans une interview en anglais que ce dont son pays a le plus besoin de la part d’Israël, ce sont des armes pour combattre l’invasion russe.

Bennett a eu de multiples conversations avec le président russe Vladimir Poutine et le président ukrainien Volodymyr Zelensky alors qu’il tentait de servir de médiateur entre les parties, sans compter sa visite éclair à Moscou ce week-end pour parler directement avec le dirigeant russe. Un suivi téléphonique avec les deux hommes se poursuit depuis.

« Je pense que c’est une bonne décision », a déclaré Merezhko à propos de la diplomatie de Bennett. « Nous sommes favorables à de tels efforts. »

A LIRE : Des experts russes craignent que Poutine ne se soit joué de Bennett à Moscou

« Mais », a-t-il ajouté, « à l’heure actuelle, ce n’est pas réaliste. Poutine n’est pas sérieux au sujet de la tenue de négociations. Toute négociation devrait commencer par un cessez-le-feu et Poutine ne le fait pas. »

« Il n’utilise ce processus de négociations que pour couvrir le regroupement de ses forces, pour couvrir ses attaques contre les populations civiles », a déclaré Merezhko à propos des bombardements russes de villes ukrainiennes, qui ont poussé plus de deux millions de personnes à fuir le pays en tant que réfugiés et tué des centaines de civils.

Merezhko, qui a déclaré avoir été impliqué dans les négociations, affirme que les Russes doivent d’abord concéder à un cessez-le-feu.

Montage photos du Premier ministre Naftali Bennett à gauche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky au centre, et le président russe Vladimir Poutine à droite. (Crédit : AFP)

Officiellement, Moscou a déclaré qu’il retirerait ses troupes immédiatement si l’Ukraine cessait de se battre, reconnaissait la Crimée comme russe, adoptait une législation l’engageant à la neutralité, ce qui la maintiendrait hors de l’OTAN, et reconnaissait les zones séparatistes de Donetsk et Lougansk comme indépendantes.

Merezhko a rejeté les « demandes absurdes » de la Russie pour la « reddition de l’Ukraine » et a déclaré que le gouvernement de Kiev ne reconnaîtrait jamais l’annexion russe de la Crimée, réalisée en 2014.

En attendant, il a dit qu’il espérait qu’Israël fournirait à l’Ukraine les moyens de riposter contre la Russie.

« Nous voudrions également compter sur le soutien d’Israël car vous pouvez nous fournir des armes », a-t-il déclaré en se référant aux systèmes de défense aérienne.

« Nous attendons un soutien sérieux de tous les pays, de la Pologne, des États-Unis, et également d’Israël. Nous avons besoin de votre soutien pour survivre, nous avons besoin de votre soutien pour nous défendre », a-t-il déclaré.

Merezhko a affirmé que des négociations étaient toujours en cours pour organiser le transfert d’avions de chasse de Pologne via une base américaine en Allemagne vers l’Ukraine. Les États-Unis y sont opposés.

Il a également appelé à la création d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de Kiev et d’autres grandes villes. L’OTAN a rejeté cette demande, craignant de mettre ses forces en confrontation directe avec la Russie et de déclencher un conflit beaucoup plus large.

Commentant la situation dans la capitale, qui est bombardée depuis des jours, Merezhko a juré qu’il ne quitterait pas Kiev.

« Nous défendrons chaque bâtiment à Kiev et je ne doute pas que nous gagnerons », a-t-il déclaré.

Reconnaissant s’inquiéter d’une escalade, il a déclaré : « malheureusement, nous devons nous préparer au pire scénario ».

Cette photo prise le 27 février 2022 montre un véhicule blindé de transport de troupes russe brûlant à côté du corps d’un soldat non identifié lors d’un combat avec les forces armées ukrainiennes à Kharkiv. Les forces ukrainiennes ont gardé le contrôle total de Kharkiv le 27 février 2022 à la suite de combats de rue avec les troupes russes dans la deuxième plus grande ville du pays, a déclaré le gouverneur local. (Crédit : Sergueï BOBOK / AFP)

Les commentaires de Merezhko minimisant la valeur de la médiation de Bennett sont intervenus après que des journalistes informés par des responsables du gouvernement israélien ont déclaré mardi que Jérusalem pense que l’Ukraine est à un carrefour critique et doit décider entre une offre de trêve « difficile » présentée par la Russie ou risquer une nouvelle phase beaucoup plus destructrice dans la guerre.

Bennett n’a présenté aucune proposition de cessez-le-feu israélien et se concentre d’avantage sur la transmission de messages d’un dirigeant à l’autre, aidant à clarifier la position de Poutine à Zelensky et à l’Occident, a rapporté Axios.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...