De façon détournée, Biden félicite Trump pour l’accord Israël-Émirats
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De façon détournée, Biden félicite Trump pour l’accord Israël-Émirats

Le candidat démocrate à la présidentielle affirme que la Maison Blanche pourrait "par accident faire quelque chose de positif" en renforçant les relations israélo-arabes

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Illustration : le vice-président Joe Biden s'adresse au gala de J-Street le 19 avril 2016. (Capture d'écran YouTube)
Illustration : le vice-président Joe Biden s'adresse au gala de J-Street le 19 avril 2016. (Capture d'écran YouTube)

Le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden a dénoncé le bilan du président américain Donald Trump au Moyen-Orient lors d’un événement jeudi dans le cadre de sa campagne électorale, mais il a reconnu que la négociation d’un accord de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis par l’administration Trump était une évolution positive.

« Je pense que Trump va par accident faire quelque chose de positif ici, en ce qui concerne cette question… avec d’autres États arabes » acceptant de reconnaître Israël, a déclaré Biden lors d’une collecte de fonds en ligne organisée par le lobby progressiste pro-israélien J-Street. Le Times of Israel s’est procuré un enregistrement de l’événement privé.

Biden a déclaré que le fait d’avoir attaché l’accord de normalisation à la condition que le Premier ministre Benjamin Netanyahu suspende ses projets d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie n’était « pas non plus une mauvaise chose ».

« Même nos frères du monde arabe […] en sont venus à se rendre compte qu’il est dans leur intérêt qu’il y ait une solution à deux États [et] qu’Israël soit capable de vivre en paix et d’être reconnu », a-t-il ajouté.

Biden a déclaré être satisfait que l’annexion ne soit plus à l’ordre du jour pour le moment, mais a reconnu que Netanyahu pourrait mettre son plan en action dans le futur.

« Je ne sais pas à quel point ce n’est plus d’actualité pour Bibi. Mais lui-même et les Israéliens connaissent ma position », a déclaré Biden, se référant à Netanyahu par son surnom.

Il a souligné sa relation de longue date avec Netanyahu, mais n’a pas hésité à critiquer vivement le Premier ministre.

En parallèle, Biden a déclaré que la responsabilité de l’impasse du conflit incombait également aux Palestiniens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu tient une conférence de presse conjointe avec le vice-président américain Joe Biden au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2016, lors de la visite officielle de Biden en Israël et dans les Territoires palestiniens. (Amit Shabi / POOL)

« [Netanyahu] a porté atteinte à la stabilité de l’autodétermination des Palestiniens, brisant l’espoir d’une solution viable à deux États, à chaque fois qu’il en a eu l’occasion », a-t-il déclaré.

« D’un côté, je pense que Netanyahu a tort et qu’il cède à l’extrême droite de son parti pour en conserver le soutien, mais d’un autre côté, les dirigeants palestiniens n’ont pas été à la hauteur quand ils se sont trouvés face à de réelles opportunités », a déclaré Biden.

Poursuivant sa critique de l’Autorité palestinienne, le candidat démocrate à la présidence a déclaré : « Ils doivent se préparer à cesser ce qui se passe dans leur système éducatif, les attaques contre Israël dans leurs écoles. Ils doivent cesser d’inciter à la violence ni la soutenir quand elle se produit. »

Il a ensuite réorienté son discours vers l’affirmation de l’importance du soutien économique américain à Ramallah, affirmant que l’abandon par l’administration Trump des « besoins économiques fondamentaux du peuple palestinien ne faisait que les rendre plus susceptibles » de soutenir ceux qui ne croient pas en une solution à deux États.

L’administration Trump a été largement critiquée pour avoir coupé l’aide financière à l’AP de centaines de millions de dollars après que les relations entre Ramallah et Washington se sont détériorées à la suite de la reconnaissance par la Maison Blanche de Jérusalem comme capitale d’Israël, le 6 décembre 2017.

Illustration : le vice-président américain Joe Biden (2ème à gauche), son épouse Jill (à gauche), le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2ème à droite) et son épouse Sara (à droite) à un dîner à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2010. (Miriam Alster / FLASH90)

Biden a réitéré jeudi sa promesse de restaurer l’aide à l’AP « conformément à la loi américaine » – ce qui semble être une référence au Taylor Force Act, qui réduit le financement américain aux Palestiniens tant que l’AP continue de verser des paiements aux familles de prisonniers sécuritaires, notamment des terroristes.

Biden a également promis de rouvrir le consulat américain dans la partie palestinienne de Jérusalem-Est, que l’administration Trump a fermé après avoir déplacé son ambassade à Jérusalem.

J-Street a annoncé en avril dernier qu’il soutiendrait Biden dans sa toute première prise de position en soutien d’un candidat à la présidentielle. Le groupe pacifiste, fondé en 2007, n’a pas soutenu Hillary Clinton, plus modérée, en 2016, mais a mené une campagne agressive contre Trump lors de cette élection et depuis lors.

J-Street a déclaré dans un communiqué avoir collecté plus de 2 millions de dollars de contributions de ses membres pour la campagne de Biden.

L’ancien vice-président a semblé leur renvoyer l’ascenseur, en se positionnant conformément à de nombreux sujets de discussion du groupe, contre l’annexion et l’expansion des implantations et en faveur d’une solution à deux États et de la restauration de l’accord nucléaire iranien de 2015, dont les États-Unis se sont retirés sous l’administration Trump.

« Lorsque nous nous sommes retirés de l’accord, le président Trump a promis un meilleur accord, qui ne s’est jamais concrétisé… À présent, l’Iran est plus proche de [l’obtention de] l’arme [nucléaire] qu’il ne l’était lorsque nous avons quitté le pouvoir en 2017 », a déclaré Biden à J-Street. « Et au lieu d’avoir isolé l’Iran, nous sommes ceux qui le sont. L’Amérique est isolée. »

« Trump a mis Israël en danger en démantelant l’accord nucléaire iranien sans le remplacer », a-t-il ajouté.

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