Israël en guerre - Jour 226

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Depuis Tel Aviv, Biden réfute la responsabilité d’Israël dans l’explosion de l’hôpital

Les preuves innocentant l'armée israélienne s'accumulent ; le président américain a déclaré que le Hamas fait paraître l'État islamique comme "plus rationnel"

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président américain Joe Biden rencontrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 18 octobre 2023. (Crédit : Evan Vucci/AP)
Le président américain Joe Biden rencontrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 18 octobre 2023. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Le président américain Joe Biden a soutenu mercredi l’affirmation d’Israël selon laquelle l’explosion meurtrière survenue la veille dans un hôpital de Gaza était le résultat d’un tir de roquette raté par des terroristes palestiniens.

« Je suis indigné et profondément attristé par l’explosion survenue à l’hôpital arabe al-Ahli à Gaza et par les terribles pertes en vies humaines qui en ont résulté », a déclaré Biden, assis aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un hôtel de Tel Aviv. « D’après ce que j’ai vu, il semble que cela a été fait par la partie adverse, et non pas par vous. »

Mais il souligne que « de nombreuses personnes n’en sont pas sûres ». « Nous devons donc surmonter beaucoup de choses. »

À bord d’Air Force One, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, avait déclaré aux journalistes que Biden prévoit de poser au Premier ministre Benjamin Netanyahu des « questions difficiles en tant qu’ami d’Israël » concernant la stratégie de Jérusalem dans la guerre à Gaza.

L’explosion s’est produite mardi soir sur le parking de l’hôpital baptiste al-Ahli que le groupe terroriste palestinien du Hamas s’est empressé d’imputer aux frappes aériennes israéliennes. Les Palestiniens et une grande partie du monde arabe ont blâmé Israël, affirmant qu’il avait frappé le complexe hospitalier et que des centaines de personnes avaient été tuées. Jérusalem a été rapidement condamnée par la Jordanie, la Turquie, l’Égypte, l’Arabie saoudite et d’autres pays.

Mais l’armée israélienne a déclaré mardi soir qu’elle n’était pas à l’origine de l’explosion et que c’était une roquette mal tirée par des terroristes de Gaza qui avait provoqué l’explosion.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, montrant à la presse un graphique de tirs de roquettes présumés près de l’hôpital al-Ahli à Gaza, lors d’une conférence de presse, à Tel Aviv le 18 octobre 2023. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Israël a nié les accusations selon lesquelles l’une de ses frappes aériennes avait causé l’explosion et a plutôt imputé celle-ci à un tir de roquette raté du Jihad islamique palestinien.

Mercredi matin, Israël a présenté des preuves supplémentaires indiquant que le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien était responsable de l’explosion.

Biden a atterri à l’aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, peu avant 11 heures, pour rencontrer des responsables israéliens, avec près d’une heure de retard sur l’horaire prévu.

Lors de leurs déclarations conjointes à Tel Aviv, peu après l’atterrissage, Biden a comparé le Hamas à l’État islamique (EI), déclarant : « Ils ont commis des horreurs et des atrocités qui font passer l’Etat islamique pour quelque chose de rationnel ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, accueillant le président américain Joe Biden à son arrivée à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv, le 18 octobre 2023. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Dans le même temps, Biden a réitéré des avertissements obliques à Israël concernant sa conduite de la guerre : « Le monde regarde. Israël a un ensemble de valeurs à l’instar des États-Unis et d’autres démocraties, et ils regardent pour voir ce que nous allons faire. »

« Je suis impatient d’avoir une discussion approfondie sur la suite des événements », a conclu Biden.

Netanyahu a pris la parole avant Biden, qualifiant de « profondément, profondément émouvante » la première visite d’un président américain en Israël en temps de guerre.

« Tout comme le monde civilisé s’est uni pour combattre les nazis, et s’est uni pour combattre le groupe État islamique, le monde civilisé doit s’unir pour combattre le Hamas », a ajouté Netanyahu. Il a souligné qu’un combat contre le Hamas apportera « paix et sécurité dans la région et dans le monde ».

« Les forces du monde civilisé l’emporteront – pour notre bien, pour votre bien, pour la paix et la sécurité dans notre région et dans le monde. »

« Le Hamas a assassiné des enfants sous les yeux de leurs parents, et des parents sous les yeux de leurs enfants », a déclaré Netanyahu en détaillant les crimes commis par le Hamas lors des attaques barbares du 7 octobre 2023.

« Ils ont brûlé des gens vivants. Ils ont violé et assassiné des femmes. Ils ont décapité des soldats. Ils ont cherché les abris dissimulés où les parents avaient caché leurs enfants. Imaginez, Monsieur le Président, la peur et la panique de ces petits enfants lorsque les monstres ont découvert… découvert, leurs cachettes. »

« Le Hamas a enlevé des femmes et des enfants, des personnes âgées, des survivants de la Shoah. Je sais que vous partagez notre indignation à ce sujet. Et je sais que vous partagez notre détermination à ramener ces personnes », a affirmé Netanyahu.

Un soldat de l’armée regardant les destructions faites par les terroristes du Hamas au kibboutz Kfar Azza, à proximité de la frontière avec Gaza, le 15 octobre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Des responsables israéliens ont déclaré que le Hamas avait décapité des bébés, mais le Premier ministre n’a fait mention que des soldats.

« Mais par dessus tout, Monsieur le président, le monde voit le soutien et la clarté morale dont vous avez fait preuve dès l’instant où Israël a été attaqué ». Netanyahu a ajouté que Biden a fait une distinction claire « entre les forces civilisées et les forces barbares ».

Netanyahu n’a pas non plus mentionné la situation humanitaire à Gaza ni l’explosion de l’hôpital dans la ville de Gaza.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a appelé le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas mardi en fin de journée pour lui présenter ses condoléances et exprimer son soutien aux « aspirations légitimes » des Palestiniens, a indiqué le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller.

Blinken, qui effectue une tournée dans la région, s’est entretenu par téléphone avec Abbas quelques heures après l’avoir rencontré en personne à Amman.

Blinken a appelé Abbas « pour exprimer ses profondes condoléances pour les civils qui ont perdu la vie dans l’explosion » de l’hôpital, a déclaré Miller.

Blinken « a exprimé le soutien continu des États-Unis au peuple palestinien, soulignant que les terroristes du Hamas ne représentent pas les Palestiniens ou leurs aspirations légitimes à l’autodétermination et à des mesures égales de dignité, de liberté, de sécurité et de justice », a rapporté Miller.

Après la conférence de presse de Tel Aviv, Biden a rencontré le cabinet de guerre de Netanyahu. Il rencontrera également les familles des personnes tuées et enlevées par le Hamas.

Biden doit également rencontrer le président Isaac Herzog.

La visite de Biden s’inscrit dans le prolongement d’un discours passionné prononcé la semaine dernière, dans lequel il avait exprimé son horreur face à la barbarie de l’assaut du Hamas, ce qui n’avait pas manqué d’être apprécié  par les Israéliens de tout bord politique.

Mais l’explosion de l’hôpital a menacé l’objectif initial du voyage de Biden.

L’étape jordanienne du voyage de Biden – où il devait rencontrer Abbas, le roi de Jordanie Abdallah II et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi dans le cadre d’un sommet à quatre – a été annulée à la suite de l’explosion.

Les corps des Palestiniens tués par une explosion à l’hôpital Ahli Arab sont rassemblés dans la cour de l’hôpital al-Shifa, dans la ville de Gaza, au centre de la bande de Gaza, le 17 octobre 2023. Israël a affirmé que l’explosion avait été causée par un tir de roquette raté par des terroristes palestiniens, réfutant les affirmations du Hamas selon lesquelles il s’agirait d’une attaque aérienne israélienne (Crédit : Abed Khaled/AP)

Ayant toujours cru au pouvoir de la diplomatie personnelle, Joe Biden testera les limites de l’influence des États-Unis au Moyen-Orient à un moment crucial. Il s’agit de son deuxième voyage dans une zone de conflit cette année, après avoir visité l’Ukraine en février pour montrer sa solidarité au pays qui lutte contre l’invasion russe depuis le mois de février 2022.

Kirby a précisé que, lors de son séjour en Israël, Biden devrait rencontrer les familles des personnes tuées lors du massacre perpétré par le Hamas en Israël le 7 octobre, ainsi que des personnes qui ont été enlevées par le groupe terroriste. L’attaque choc du Hamas a tué quelque 1 400 personnes, pour la plupart des civils abattus chez eux ou lors d’un festival de musique en plein air, et au moins 199 personnes de tous âges ont été prises en otage.

Kirby a indiqué que lors de ses discussions avec les dirigeants israéliens, Biden évoquerait également la question de l’aide humanitaire à Gaza, que Washington s’efforce de promouvoir. Israël a interrompu l’acheminement des vivres et du carburant, et les médiateurs s’efforcent de sortir de l’impasse en ce qui concerne l’approvisionnement des civils, des groupes d’aide et des hôpitaux.

Lors de leur apparition publique commune, Biden a parlé à Netanyahu « d’encourager la capacité à sauver des vies pour aider les Palestiniens qui sont innocents, pris au milieu de tout cela ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’État Antony Blinken, à Tel Aviv, après leurs entretiens, le 16 octobre 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)

Israël n’a pas autorisé l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, car il cherche à faire pression sur le Hamas pour qu’il libère d’abord les otages.

Antony Blinken, qui a fait le va-et-vient entre les dirigeants arabes et israéliens avant la visite de Biden, a passé sept heures et demie à Tel Aviv pour tenter de négocier un accord d’aide et a obtenu le feu vert pour élaborer un plan sur la manière dont l’aide peut entrer à Gaza et être distribuée aux civils.

« Nous sommes positifs et pensons que nous pourrons acheminer l’aide humanitaire », a déclaré Kirby.

Washington a également pressé Israël d’étoffer sa stratégie pour le lendemain du jour où il aura atteint son objectif de guerre déclaré, à savoir renverser le pouvoir du Hamas à Gaza.

L’armée a déclaré dans un communiqué que, depuis le début de la guerre, environ 450 roquettes tirées par des groupes terroristes avaient raté leur cible et étaient retombées à l’intérieur de la bande de Gaza depuis le 7 octobre, « mettant en danger et nuisant à la vie des habitants ».

Jacob Magid et l’AFP ont contribué à cet article.

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