Des cerfs-volants enflammés de Gaza détruisent en partie une réserve naturelle
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Des cerfs-volants enflammés de Gaza détruisent en partie une réserve naturelle

Les enquêteurs examinent la possibilité que ce soit un ballon rempli de produits combustibles qui ait mis le feu dans la zone

Un feu causé par un cerf-volant enflammé lancé depuis Gaza, près du kibboutz Kissoufim, le 25 mai 2018. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Un feu causé par un cerf-volant enflammé lancé depuis Gaza, près du kibboutz Kissoufim, le 25 mai 2018. (Crédit : capture d'écran Twitter)

Un incendie déclenché par des émeutiers palestiniens le long de la frontière avec la bande de Gaza a dévasté une réserve naturelle située sur le territoire israélien samedi, dans ce que des responsables ont qualifié de pire journée en termes de feux depuis l’adoption du cerf-volant enflammé par les Gazaouis au cours des derniers mois.

Les enquêteurs, à la réserve naturelle de Carmia, ont indiqué que les flammes sont probablement nées d’un cerf-volant flanqué d’un cocktail Molotov ou d’un ballon rempli de produits chimiques qui aura mis le feu à la zone, a fait savoir Hadashot.

Dans la soirée, des équipes de douzaines de sapeurs-pompiers et d’avions étaient finalement parvenus à contrôler le brasier mais pas avant l’anéantissement de 200 à 300 hectares de champs, détruisant également en partie une réserve naturelle, située à proximité du Kibboutz Carmia.

Au total, les pompiers ont dû lutter contre trois importants incendies et plusieurs autres, plus modestes, le long de la frontière avec Gaza, qui tous auraient été amorcés par des cerfs-volants incendiaires lancés depuis l’enclave côtière.

Le feu, la fumée et les dégâts commis dans la réserve naturelle de Carmia, le 2 juin 2018 (Capture d’écran : Ynet)

Les responsables de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs estiment qu’au moins un tiers de la réserve de Carmia a été détruite.

Ils ont indiqué qu’il était probable que les flammes aient causé des dommages massifs à la flore et à la faune dans la réserve.

Les résidents ont oeuvré aux côtés des pompiers et des soldats pour tenter de contenir les feux qui sont devenus presque quotidiens depuis le début des manifestations de « la marche du retour » le long de la frontière, à la fin du mois de mars.

Au cours des manifestations, les Gazaouis ont lancé des centaines de cerfs-volants en Israël, transportant des cocktails Molotov et des containers de carburant en combustion qui ont mis le feu à de vastes pans de terre.

L’incendie est devenu une tactique largement adoptée au cours du mouvement de protestation de la « marche du retour » qui, selon Israël, a été orchestré par le groupe terroriste du Hamas pour couvrir des attaques et tenter d’ouvrir des brèches dans la clôture frontalière.

Les responsables affirment que depuis le début des manifestations, les cerfs-volants ont causé plus de 270 feux, détruisant environ 2 500 hectares ou plus d’un tiers des terres adjacentes à la bande.

Illustration : Un agriculteur israélien éteint un incendie dans son champ qui a été allumé par un cerf-volant incendiaire envoyé de Gaza aux abords du kibboutz de Nahal Oz, dans le sud d’Israël, le 14 mai 2018 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Les planificateurs militaires ont commencé à mettre en oeuvre de nouvelles mesures pour combattre les agressions, notamment des options de riposte tirées des réponses apportées par l’armée israélienne face au lancement de roquettes et autres attentats terroristes.

L’armée israélienne a également utilisé des drones pour tenter d’abattre les cerfs-volants.

Le colonel Nadav Levaneh a indiqué à la chaîne Hadashot que jusqu’à présent, les drones activés par l’armée israélienne étaient parvenus à neutraliser plus de 500 cerfs-volants.

Les pompiers ont également tenté de contrôler un feu ravageant le secteur proche du Kibbutz Beeri, qui est à la frontière avec le centre de la bande de Gaza.

Dans la matinée de samedi, un autre incendie a éclaté dans des champs appartenant au Kibbutz Nir Am, qui se trouve également le long du nord de la bande de Gaza.

Jeudi, les pompiers ont combattu des feux de broussailles similaires entre les Kibboutz Kissufim et Ein Hashlosha qui, selon les autorités, ont été également déclenchés par des cerfs-volants ayant franchi la clôture de sécurité.

Des résidents locaux ont indiqué à la radio israélienne qu’ils craignaient de n’obtenir aucune indemnisation pour les dégâts causés, la charge de la preuve qu’ils aient été des victimes du terrorisme leur incombant.

Des palestiniens préparent un cerf-volant inflammable qu’ils enverront au dessus de la clôture qui sépare la bande de Gaza et Israël, le 20 avril 2018. (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

Les feux ont causé des dizaines de millions de shekels de dommages.

Le député de l’Union sioniste Eitan Brosh a déclaré à la radio que son parti se rendrait dimanche dans la zone et qu’il oeuvrait à trouver des solutions permettant d’apaiser la détresse des résidents.

Les manifestations violentes devaient s’achever le 15 mai mais les leaders du Hamas ont fait part de leur volonté qu’elles continuent au-delà de cette date.

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