Des conservateurs écossais en Israël pour tenter de faire évoluer le discours chez eux
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Des conservateurs écossais en Israël pour tenter de faire évoluer le discours chez eux

Un député considère le Brexit comme une possibilité de construire des liens plus étroits et déclare que le militantisme anti-Israël provient d’une « petite mais très bruyante minorité »

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Une délégation de députés conservateurs écossais au cours d'une réunion d'information stratégique de Tsahal au Mont Bental, surplombant la frontière avec la Syrie, août 2016 (Crédit : Elkie Myers/CFI)
Une délégation de députés conservateurs écossais au cours d'une réunion d'information stratégique de Tsahal au Mont Bental, surplombant la frontière avec la Syrie, août 2016 (Crédit : Elkie Myers/CFI)

Pour la toute première fois, une délégation du parti conservateur écossais s’est rendue en Israël cette semaine, dans le but de promouvoir le commerce bilatéral et renforcer ce qui a été qualifié de mouvement croissant pro-israélien en Ecosse.

Organisé par les Conservateurs amis d’Israël, neuf membres du Parlement écossais (MSP) conservateurs, y compris plusieurs ministres de l’ombre, le whip en chef et le directeur du parti, ont rencontré des députés israéliens, des hommes d’affaires locaux et des responsables de la sécurité et ont reçu des séances d’information par l’armée israélienne à la frontière syrienne.

« Nous sommes prêts à faire en sorte que les gens sachent que l’Ecosse et le Royaume-Uni recherchent toujours à faire des affaires », a déclaré John Lamont, whip en chef du parlement écossais, se référant à l’insécurité générale quant à l’avenir du commerce avec le Royaume-Uni du fait de la décision du 24 juin de quitter l’Union européenne. L’UE est le principal partenaire commercial d’Israël.

« Nous sommes impatients d’utiliser le résultat du Brexit comme une opportunité de tisser des liens plus étroits avec Israël ».

L’Ecosse, avec l’Irlande et la Suède, est considérée comme l’un des endroits en Europe les plus hostiles à Israël.

Le Parti national écossais (SNP) de centre-gauche, qui, aux élections de mai a reçu 46 % des voix – par rapport à 22 % pour les conservateurs – est considéré comme très pro-palestinien. Le Parlement écossais a des compétences législatives considérables dans sa juridiction.

John Lamont (Crédit : autorisation)
John Lamont (Crédit : autorisation)

Au cours des dernières années, de nombreux débats sur le Moyen-Orient au sein du Parlement écossais ont été « très déséquilibrés ou biaisés vers le point de vue palestinien », a déclaré Lamont.

Les conservateurs ont tendance à être plus favorables à Israël que les membres du SNP ou le parti travailliste, a-t-il dit, ajoutant, cependant, qu’il y a « du travail à faire pour veiller à ce que [les conservateurs] soient aussi bien informés que possible sur les questions concernant cette région ».

Les opinions anti-Israël sont propagées en Ecosse principalement par des groupes religieux et des organisations marginales plaidant pour un boycott d’Israël, a déclaré Lamont au Times of Israel, mercredi, dans son hôtel à Jérusalem.

« Ces gens disent au [public écossais] que les Israéliens sont mauvais et que Palestiniens sont bons, puis ils s’inscrivent au boycott. Cela ne repose pas sur une position quelconque bien informée, parce que personne ne leur a donné d’opinions alternatives », a-t-il dit. « Donc, une partie de cet exercice (emmener les législateurs en Israël) vise à faire en sorte que de plus en plus de gens obtiennent au moins une position équilibrée et une vision positive d’Israël ».

Il y a une « petite mais très bruyante minorité » en Ecosse qui est hostile à l’égard d’Israël, a-t-il poursuivi. « Mais la grande majorité des Ecossais est relativement passive sur ces questions, mais [les gens] sont influencés par cette minorité très bruyante ».

Ces quelques militants ont réussi à diffuser leurs points de vue au sein du Parlement écossais, qui a ensuite influencé l’opinion publique, a-t-il expliqué. « Ce n’est pas parce que les gens ont des opinions très fortes de chaque côté du débat, mais parce qu’ils entendent seulement un point de vue qui influence leur processus de pensée au sujet d’Israël, de Gaza et de la Cisjordanie ».

Pourtant, lentement mais sûrement, cette situation est en train de changer, selon James Gurd, le directeur exécutif des Conservateurs amis d’Israël.

« Pendant de nombreuses années, l’Ecosse était presque une zone oubliée des pro-Israël. Il y avait une minorité très bruyante d’individus qui s’évertuait à produire à tour de bras ces positions anti-israéliennes. Et avec le temps, nous commençons à voir cela changer », a déclaré Gurd.

« Nous recevons ces groupes pro-israéliens qui surgissent à travers l’Ecosse, dont beaucoup sont des groupes chrétiens, mais aussi des Écossais ordinaires qui ont finalement senti que « ça suffit, je veux parler ». L’essentiel est qu’ils obtiennent une meilleure information également, de sorte qu’ils se sentent habilités à parler et à faire entendre leur voix », a-t-il dit.

En février, le Parlement écossais a tenu son premier débat pro-Israël et a adopté plusieurs motions en faveur de la promotion des relations bilatérales. L’an dernier, un Centre pour les relations Ecosse-Israël a été créé en coordination avec l’ambassade d’Israël à Londres. En outre, a rapporté Gurd, un « contre-parti d’amitié pro-israélien est en cours de constitution » au sein du parlement écossais.

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