Rechercher

Des hélicoptères israéliens visés par des missiles antiaériens à Gaza

Pas de blessés, ni de dégâts ; deux roquettes ont atterri au large de Jaffa samedi matin, des tirs que le Hamas assure être "accidentels"

Un hélicoptère israélien lance un missile vers Gaza près de la frontière entre Israël et Gaza, le 5 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Un hélicoptère israélien lance un missile vers Gaza près de la frontière entre Israël et Gaza, le 5 mai 2019. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Les terroristes de Gaza ont visé dimanche matin des hélicoptères militaires israéliens à l’aide de missiles antiaériens portatifs lors de frappes de représailles menées par l’armée israélienne, suite au tir de deux roquettes tombées au large de Jaffa samedi matin.

Au cours de ces frappes de représailles de Tsahal et alors que l’armée de l’air israélienne survolait l’enclave côtière, peu après minuit, le Hamas a lancé deux missiles anti-aériens SAM-7 vers les hélicoptères qui survolaient l’ouest de Gaza City, ont annoncé les médias palestiniens.

L’armée a confirmé que des missiles antiaériens avaient été tirés vers les appareils sans pour autant préciser combien ont été pris pour cible. L’armée a noté que les missiles avaient raté leurs cibles, ne faisant donc ni blessés, ni dégâts.

Le missile SAM-7, également connu sous le nom de 9K32 Strela-2, est un missile sol-air portable. Ces missiles sont relativement anciens – ils avaient été créés dans les années 1960 – mais ils restent néanmoins utilisés aujourd’hui.

Explosion au large de Jaffa, le 1er janvier 2021 (Crédit : capture d’écran/Télégram)

Ces raids israéliens, menés par des hélicoptères et par des avions chasseurs, ont été effectués en riposte au tir de deux roquettes lancées depuis Gaza, samedi matin, qui sont tombées au large de la côte, dans le centre d’Israël.

Des images ont montré l’une d’elles exploser dans la mer, au large de Jaffa, près de Tel Aviv et la seconde serait retombée au large de Palmachim, au sud de la ville côtière de Rishon Lezion.

Le Hamas a affirmé que les deux projectiles avaient été activés par une anomalie électrique entraînée par les intempéries et que le lancement était donc accidentel. L’armée israélienne a évoqué, dans le passé, des cas similaires entraînés par le travail bâclé qui est réalisé au niveau électrique sur les roquettes du Hamas – qui sont ainsi susceptibles d’être lancées prématurément dans des conditions météorologiques anormales, en particulier pendant les pannes du réseau d’électricité.

Selon Kan, les responsables israéliens auraient attribué la responsabilité de ces tirs de roquette au groupe terroriste du Jihad islamique palestinien et non au Hamas, qui contrôle de facto l’enclave côtière. La chaîne a indiqué que le Hamas avait fait savoir à Israël, par le biais d’intermédiaires égyptiens, qu’il n’avait rien à voir avec ces tirs.

L’armée a expliqué que ses frappes, menées dimanche matin avant l’aube, avaient visé « une structure de production de roquettes appartenant au groupe terroriste du Hamas ». Les chars de Tsahal ont aussi visé des avant-postes du Hamas situés dans le nord de Gaza.

Les médias affiliés au Hamas ont expliqué que les frappes israéliennes avaient touché un poste du Hamas à l’ouest de Khan Younès, dans le sud de l’enclave.

En plus de ces frappes militaires, l’État juif a aussi informé l’Égypte – qui sert de médiateur entre Israël et le Hamas – que les tirs étaient inacceptables, et ce, même s’ils étaient accidentels.

« Le Hamas est responsable et il assume toutes les conséquences des activités qui émanent de la bande de Gaza », a déclaré l’armée dans son communiqué émis dimanche en tout début de matinée.

« Celui qui vise avec ses missiles l’Etat d’Israël en assumera les conséquences », a déclaré de son côté dimanche le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, en ouverture du Conseil des ministre hebdomadaire.

Dimanche matin, Gideon Saar, ministre de la Justice et membre du cabinet de sécurité, a déclaré au micro de la radio militaire que « tous ces prétextes au sujet de l’électricité, des intempéries, sont systématiques. Ce n’est pas le mauvais temps qui a lancé les roquettes et nous considérons que le Hamas est responsable ».

Saar a affirmé que la réponse apportée par Israël était proportionnée et qu’elle était l’incarnation d’une politique « bien plus dure » que celle du gouvernement précédent.

Le site d’information Ynet a cité des sources sécuritaires israéliennes qui ont déclaré sous couvert d’anonymat que si le Hamas ne pouvait pas empêcher les tirs de roquette dans de mauvaises conditions météorologiques, le groupe devait se désarmer totalement.

Des responsables de la Défense ont noté que l’État juif avait tenté de répondre de telle façon à « ne pas entraîner d’escalade, mais en transmettant le message que les incidents sur la frontière et les tirs de roquette sont inacceptables ».

Le ministre de la Justice Gideon Saar s’exprime lors d’une conférence des chefs des autorités locales à Ramat Negev, dans le sud d’Israël, le 22 juillet 2021 (Crédit : Flash90).

La chaîne Al-Mayadeen TV, dont le siège se situe à Beyrouth, a indiqué que le groupe terroriste avait informé les médiateurs égyptiens que si Israël effectuait des frappes à Gaza, il y aurait une riposte. L’Égypte aurait vivement recommandé à l’État juif de ne pas réagir aux lancements de roquette.

L’aile armée du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique aurait reçu pour instruction de la part des dirigeants du groupe de se préparer à passer à l’action si un détenu palestinien, actuellement en grève de la faim, devait mourir.

Hisham Abu Hawash, originaire de la petite ville de Dura, à proximité de Hébron, est en grève de la faim pour protester contre sa détention depuis 137 jours, selon ses avocats.

Dans un communiqué, le Hamas a indiqué suivre l’état de santé d’Abu Hawash, estimant qu’il subissait « une lente exécution ».

De la fumée et une boule de feu suite à une frappe aérienne à Khan Younès, dans le sud de la Bande de Gaza, dans la nuit du 2 janvier 20211. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Les groupes terroristes palestiniens de Gaza menacent régulièrement l’État juif de nouvelles violences en riposte à la situation des détenus en grève de la faim. La majorité de ces menaces ne se sont jamais concrétisées dans la majorité des cas, les autorités israéliennes acceptent de ne pas renouveler la détention des prisonniers et ces derniers mettent un terme à leur jeûne.

Ces tirs de roquette, samedi, surviennent après des coups de feu qui ont pris pour cible un civil israélien sur la frontière avec Gaza, mercredi. Cet incident avait entraîné une riposte de l’armée israélienne.

L’Israélien, qui a été légèrement blessé, était employé par une entreprise civile embauchée par le ministère de la Défense pour effectuer des travaux de maintenance sur la barrière de sécurité qui sépare l’État juif de l’enclave côtière, et qui a été récemment terminée.

Après ces tirs, Tsahal a annoncé que des chars avaient visé plusieurs avant-postes du Hamas dans le nord de Gaza. Le ministère de la Santé de l’enclave côtière, placé sous l’autorité du groupe terroriste, a indiqué que trois Palestiniens avaient été blessés.

Des Palestiniens lors d’un rassemblement en solidarité avec un prisonnier placé en détention administrative, Hisham Abu Hawash, dans sa ville natale de Dura, à proximité de Hébron, le 7 décembre 2021. (Crédit : WAFA)

Ces incidents ont suivi une période de relative accalmie et plusieurs initiatives visant à conclure un cessez-le-feu stable, à long-terme, suite à l’opération Gardiens des murs de mai dernier, au cours de laquelle des milliers de projectiles avaient été tirés en direction d’Israël, entraînant des ripostes de l’armée israélienne.

Toutefois, des informations qui ont circulé ces derniers jours ont semblé indiquer que des initiatives prévoyant la libération de deux détenus israéliens et le rapatriement des dépouilles de deux soldats qui se trouveraient entre les mains du Hamas – probablement en échange de la libération de prisonniers palestiniens – étaient dans l’impasse.

Aaron Boxerman et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...