Gantz suggère qu’il pourrait poursuivre Netanyahu qui l’accuse de malversations
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Gantz suggère qu’il pourrait poursuivre Netanyahu qui l’accuse de malversations

Le Premier ministre cite comme des faits des allégations non prouvées dans une affaire où le chef de Kakhol lavan n'est même pas suspect

Montage : Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite). (Photos : Flash90)
Montage : Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, (à gauche), et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite). (Photos : Flash90)

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a laissé entendre mercredi qu’il pourrait intenter des poursuites contre Benjamin Netanyahu en raison de l’affirmation non prouvée du Premier ministre selon laquelle Gantz aurait personnellement empoché des millions aux dépens du public.

Dans son discours de mercredi soir accompagnant sa demande à la Knesset de lui accorder l’immunité contre des poursuites dans trois affaires de corruption, M. Netanyahu a fait valoir que les autorités chargées de l’application des lois faisaient preuve de discrimination à son égard et n’enquêtaient pas sur d’autres hommes politiques soupçonnés de malversations.

« Il y a des gens qui ont commis de graves délits, mais qui bénéficient d’une immunité automatique à vie », a affirmé Netanyahu. « Ils sont simplement du bon côté des médias et de gauche. Benny Gantz – qui a dépensé 50 millions de shekels [12,5 millions d’euros] de fonds publics sans appel d’offres et empoché quatre millions de shekels [1 million d’euros] – n’a même pas fait l’objet d’une enquête ».

En novembre, les procureurs de l’État ont commencé à examiner les preuves de liens criminels potentiels entre la police et la société technologique Fifth Dimension, qui appartenait à Gantz et qui a fait faillite l’année dernière.

L’affirmation de Netanyahu a fait passer les détails des délits présumés de Gantz pour des faits, alors que les autorités ne considéreraient pas Gantz comme un suspect dans cette affaire et n’auraient fait que vérifier la société de cybersécurité qu’il possédait, et non lui – ce qui permet potentiellement au chef de Kakhol lavan d’intenter une poursuite en diffamation. En outre, le contrat de 50 millions de shekels n’aurait jamais été conclu.

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors de la cérémonie d’adieu pour le procureur d’Etat sortant Shai Nitzan à Jérusalem, le 18 décembre 2019 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

En septembre, la Treizième chaîne a rapporté que le procureur général Avichai Mandelblit avait ordonné une nouvelle enquête dans cette affaire. Bien que Gantz lui-même ne soit pas soupçonné de malversation, selon le rapport, le bureau du procureur a demandé des informations au contrôleur de l’État concernant les 4 millions de shekels accordés à l’entreprise pour un projet pilote avec la police, après que des cadres de l’entreprise ont prétendument fourni à la police des informations trompeuses, ainsi qu’un contrat de 50 millions de shekels prétendument accordé sans appel d’offres, en violation de la réglementation en matière d’acquisition.

Mandelblit aurait donné l’ordre de septembre malgré le fait que le contrôleur de l’État n’ait trouvé aucune preuve que des infractions criminelles ont été commises lorsqu’il a examiné l’affaire six mois plus tôt.

Selon la réponse de l’État à une requête de la Haute Cour de justice demandant une enquête pénale, le contrôleur de l’État a fourni fin octobre au ministère de la Justice des documents relatifs aux allégations, qui sont actuellement à l’étude pour déterminer si d’autres actions en justice sont nécessaires.

Lors d’une conférence de presse mercredi soir, peu après le discours de Netanyahu, il a été demandé à Gantz de commenter les propos du Premier ministre.

« Tout ce que Netanyahu a dit à cet égard est du pur mensonge qui sera traité séparément, en utilisant les outils légaux qu’accorde la législation de l’État d’Israël », a répondu Gantz. « Je n’ai jamais enfreint la loi, je n’enfreindrai jamais la loi, et je m’occuperai – dans le cadre de la loi – de ce mensonge parfaitement infondé. »

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, tient une conférence de presse à Ramat Gan, le 1er janvier 2020. (Flash90)

Il a refusé d’aller plus loin dans les détails et de préciser s’il avait l’intention de poursuivre Netanyahu.

En mars, le bureau du Contrôleur de l’État avait fait savoir que la police israélienne avait négocié un contrat avec la société de cybersécurité, dirigée à l’époque par le candidat au poste de Premier ministre, sans lancer d’appel d’offres, ce qu’oblige la réglementation relative aux acquisitions.

Le contrôleur de l’État Yossef Shapira affirmait également dans le rapport, qui détaille les lacunes présumées du processus d’acquisition de la police, que Fifth Dimension présentait aux forces de l’ordre de fausses informations sur ses opérations.

Le rapport a incité ses rivaux politiques du Likud à demander une enquête criminelle. Kakhol lavan a nié toute faute de son chef de file.

L’entreprise a fait faillite en décembre 2018 parce que le gouvernement américain a sanctionné son plus gros investisseur, un oligarque russe.

L’ancien chef d’état-major de l’armée a pris sa retraite de l’armée en 2015 et s’est impliqué depuis dans un certain nombre d’entreprises, notamment en tant que président de Fifth Dimension, qui développait des solutions d’intelligence artificielle pour les organes d’application de la loi.

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