Israël en guerre - Jour 194

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Halevi : Israël mène une « guerre sur plusieurs fronts », la vigilance est de rigueur

Le chef d'état-major rappelle que Tsahal combat des ennemis plus ou moins proches ; 250 terroristes du Hamas ont été tués dans le centre de Gaza au cours des deux dernières semaines

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, s'adressant à des officiers de la police des frontières en Cisjordanie, le 15 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, s'adressant à des officiers de la police des frontières en Cisjordanie, le 15 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, a prévenu qu’Israël était engagé dans une guerre sur plusieurs fronts et que les incidents sur un front pouvaient avoir des répercussions sur les autres, Tsahal se battant à Gaza, en Cisjordanie et le long des frontières septentrionales.

S’adressant vendredi à des agents de la police des frontières en Cisjordanie, Halevi a souligné que les forces de sécurité étaient en état d’alerte renforcée en raison du Ramadan, le groupe terroriste palestinien du Hamas tentant d’attiser les troubles en Cisjordanie et à Jérusalem.

« Nous sommes plus vigilants ce mois-ci. Il faut vraiment être très vigilant, très prudent, avec une très bonne sécurité », a déclaré Halevi dans une vidéo diffusée samedi par Tsahal. « Nous sommes dans une guerre sur plusieurs fronts, au Liban, en Syrie, en Judée et Samarie [Cisjordanie], à Gaza et dans d’autres régions plus éloignées. »

« Chacun, chaque soldat […] est responsable de toutes les arènes, parce que chaque incident qui se produit dans l’une d’entre elles affecte et peut provoquer des développements dans d’autres zones également », a-t-il ajouté.

La guerre a éclaté lorsque des terroristes dirigés par le Hamas se sont déchaînés sur les communautés du sud le 7 octobre, massacrant près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et emportant 253 otages à Gaza, où plus de la moitié d’entre eux se trouvent encore. Cet assaut terroriste et les opérations israéliennes qui en ont découlé – visant à éliminer le Hamas et à ramener tous les otages – ont fait craindre un embrasement de la région.

L’armée israélienne a déclaré samedi que la Brigade Nahal du Corps d’Infanterie avait tué plus de 250 terroristes du Hamas dans le centre de la bande de Gaza au cours des deux dernières semaines, lors d’échanges de coups de feu et de frappes de chars et d’avions.

Nahal opère dans le corridor dit de Netzarim, qui traverse la bande de Gaza depuis la zone du kibboutz Beeri jusqu’à la côte. Ce corridor a permis à l’armée de mener des raids dans le nord et le centre de la bande de Gaza.

Les soldats de Nahal du 601e bataillon du Corps du Génie Militaire ont détruit de nombreuses installations du Hamas dans la région au cours des dernières semaines, notamment des roquettes, des lanceurs et des dépôts d’armes, a indiqué Tsahal.

L’armée a également précisé qu’une quinzaine de terroristes retranchés dans un site du Hamas à Nuseirat, dans le centre de Gaza, ont été tués lors d’une frappe aérienne vendredi.

La frappe aérienne a été dirigée par le 215e régiment du Corps d’Artillerie, suite à des informations de renseignement sur les terroristes. Tsahal a déclaré que le régiment a dirigé une frappe aérienne séparée, tuant un commandant d’escadron de tireurs d’élite du Hamas et un autre terroriste.

Dans le centre de Gaza, l’armée a déclaré que la Brigade Nahal avait tué une dizaine de terroristes armés au cours de la journée.

Pendant ce temps, dans le sud de Gaza, à Khan Younès, Tsahal a déclaré que des avions de combat ont frappé et détruit un dépôt d’armes du Hamas repéré par la 7ème Brigade du Corps Blindé Mécanisé.

Toujours à Khan Younès, la Brigade Givati a mené des frappes sur deux terroristes du Hamas repérés en train d’entrer et de sortir d’un site connu pour être utilisé par le groupe terroriste, a déclaré l’armée.

Le ministère de la Santé de la bande de Gaza, gouverné par le Hamas, a déclaré qu’au moins 63 personnes auraient été tuées au cours des dernières 24 heures. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante.

Des troupes de l’armée israélienne lors d’une opération dans la bande de Gaza sur une photo non-datée diffusée le 17 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Plus tôt dans la journée, le porte-parole du ministère, Ashraf al-Qudra, a fait état de 36 morts suite à une frappe sur une maison abritant des personnes déplacées à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza.

Des images de l’AFPTV ont montré un bâtiment réduit en miettes. Yussef Tabatibi a déclaré que les survivants essayaient d’extraire des décombres les morts à mains nues.

« Que devons-nous faire ? Que Dieu nous vienne en aide », a-t-il déploré.

Des témoins ont fait état de frappes aériennes et de combats à Khan Younès, ainsi que dans certaines parties du nord.

Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal dit avoir éliminé 13 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus d’un millier de terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

La guerre a dévasté l’enclave, forçant presque tous les habitants à quitter leurs maisons, laissant une grande partie du territoire en ruines et déclenchant une crise alimentaire de grande ampleur qui a alarmé les alliés d’Israël.

Les pays occidentaux ont demandé à Israël de faire davantage pour permettre l’acheminement de l’aide. Les Nations unies ont déclaré que l’aide se heurtait à des « obstacles insurmontables », notamment la fermeture des points de passage, des contrôles onéreux, des restrictions de mouvement et des troubles à l’intérieur de la bande de Gaza.

Le bateau World Central Kitchen, au large de la côte de Gaza, le 15 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Israël affirme n’imposer aucune limite à l’aide humanitaire destinée aux civils de Gaza et impute la lenteur de l’acheminement de l’aide à l’incapacité ou à l’inefficacité des agences de l’ONU.

Les livraisons d’aide par voie aérienne et maritime à Gaza ont commencé, mais les organisations humanitaires affirment qu’elles ne peuvent se substituer à l’acheminement de l’aide par voie terrestre.

Une première livraison à Gaza par World Central Kitchen (WCK), pionnière d’une nouvelle route maritime via Chypre, est arrivée vendredi et a été déchargée, a indiqué l’organisation caritative, tandis qu’un deuxième navire est prêt à amarrer. Les États-Unis et la Jordanie ont déclaré avoir procédé à un parachutage samedi.

Les médias israéliens ont également rapporté samedi que des touristes avaient trouvé un drone hostile écrasé à proximité du lac de Tibériade ces derniers jours.

La chaîne publique Kan a indiqué que le drone avait été trouvé à Ramat Sirin, au sud du lac de Tibériade.

S’il a été lancé par le Hezbollah, il s’agirait du point le plus méridional atteint par un drone du groupe terroriste chiite libanais depuis qu’il a commencé à attaquer Israël après l’assaut du groupe terroriste palestinien du Hamas, a indiqué la chaîne.

La police a ensuite détruit le drone, selon le site d’information Ynet, et l’armée enquête sur cette affaire.

Depuis le 8 octobre, le Hezbollah, qui prétend agir en faveur de Gaza en pleine guerre, lance des attaques quasi-quotidiennes contre des villes et des postes militaires israéliens situés le long de la frontière.

Tsahal a déclaré samedi que des avions de combat avaient frappé deux bâtiments utilisés par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à Mays al-Jabal et Marwahin, dans le sud du Liban.

Un autre poste d’observation à Marwahin a également été touché.

Ces frappes ont eu lieu après que des projectiles ont été tirés depuis le Liban sur les zones du mont Dov, de Malkia et de Misgav Am, à la frontière. L’armée israélienne a également indiqué qu’elle avait bombardé les sites de lancement avec de l’artillerie.

Plus tôt, Tsahal a déclaré que des avions de combat avaient frappé cette nuit un bâtiment utilisé par le Hezbollah à Tayr Harfa, dans le sud du Liban, ainsi qu’une autre infrastructure à Labbouneh.

Jusqu’à présent, les affrontements à la frontière ont causé la mort de sept civils du côté israélien, ainsi que celle de dix soldats et réservistes de Tsahal. Plusieurs attaques ont également été lancées depuis la Syrie, sans faire de blessés.

Du côté du Hezbollah, 244 de ses terroristes ont été tués par Israël depuis le 8 octobre, principalement au Liban, mais aussi en Syrie.

Au Liban, 41 autres membres de groupes terroristes distincts, un soldat libanais et au moins 30 civils, dont trois journalistes, ont été tués.

Israël a averti à maintes reprises qu’il serait contraint de lancer une opération militaire contre le Hezbollah au Liban si les efforts diplomatiques visant à mettre fin aux attaques et à éloigner le groupe terroriste de la frontière israélienne n’aboutissaient pas.

Le Liban considère une proposition française visant à mettre fin aux hostilités avec Israël et à régler un différend frontalier comme une possible « étape significative » vers la paix, selon une lettre du ministère libanais des Affaires étrangères datée de vendredi et consultée par Reuters.

Le plan français a été soumis au Liban le mois dernier et les détails ont été rapportés pour la première fois par Reuters. Il prévoit trois phases au cours desquelles les opérations militaires cesseraient, les groupes terroristes libanais retireraient leurs forces de combat et les troupes de l’armée régulière libanaise seraient déployées dans le sud.

Pour aboutir, tout accord devra être approuvé par le Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui exerce une influence considérable sur l’État libanais. Le groupe terroriste chiite libanais affirme qu’il ne cessera pas ses affrontements avec Israël tant qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas n’aura pas été conclu à Gaza.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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