Rechercher

Hélène Le Gal explique « la politique pro-arabe » d’une partie du Quai d’Orsay

Selon l'ambassadrice de France en Israël, beaucoup de gens, dont des anti-sionistes auto-proclamés, confondent critique du gouvernement israélien et droit à la terre du peuple juif

Hélène Le Gal, le 15 février 2018 à Haïfa sur la frégate le Jean-de-Vienne (Crédit: Pierre-Simon Assouline)
Hélène Le Gal, le 15 février 2018 à Haïfa sur la frégate le Jean-de-Vienne (Crédit: Pierre-Simon Assouline)

Hélène Le Gal, ambassadrice de France en Israël en France est revenue au micro d’Elie Chouraqui sur la chaîne I24 sur quelques points de la doctrine diplomatique française au Moyen Orient.

« Le président Trump a dit au début de son mandat : ‘je vais faire le deal du siècle, je vais faire la paix entre les Israéliens et les Palestiniens’. La France a pensé à ce moment-là, explique Le Gal, qu’avec ses méthodes disruptives, il allait proposer des choses nouvelles. Et quelques mois après, avant même d’avoir annoncé son plan, il décide de déménager l’ambassade. Il s’est un peu tiré une balle dans le pied (…) son plan est fragilisé ».

Autre sujet et vieux serpent de mer de la diplomatie française en Israël, « la politique pro-arabe du Quai d’Orsay » a trouvé une explication factuelle, énoncée ainsi par Hélène Le Gal : Les diplomates qui travaillent au Quai d’Orsay, explique-t-elle « sont marqués pour les pays où ils ont été poste. En général, nous avons une empathie, une sympathie, pour les pays où nous sommes en poste. Et il s’avère qu’il n’y a qu’un seul Israël, (…) et il y a beaucoup de pays arabes, et pendant longtemps les pays arabes étaient en guerre avec Israël ».

Il y a donc au Quai d’Orsay, selon Le Gal, un grand nombre de diplomates familiers du monde arabe et enclins à comprendre et suivre ses orientations.

Elle précise d’autre part qu’au ministère des Affaires étrangères « il y a des personnes qui sont passées par Israël et qui ont de la sympathie, de l’empathie pour ce pays » et rappelle « la densité exceptionnelle de la relation entre la France et Israël ».

A LIRE : tous nos article sur les relations France-Israël

A propos du sionisme et de l’anti-sionisme, l’ambassadrice relève une confusion qui sème le trouble dans les rangs même des anti-sionistes. « Parfois, raconte-t-elle, je rencontre des gens qui se disent anti-sionistes. Je leur réponds, ‘vous êtes contre l’existence d’Israël alors ?’. Non « contre la politique du gouvernement Netanyahu, » lui répondent-ils. La critique d’un gouvernement est légitime, ajoute-t-elle, mais « le sionisme est le droit du peuple juif à avoir un Etat. Refuser au peuple juif ce droit c’est être antisémite, » conclut Hélène Le Gal.

Quelques jours après ces déclarations de l’ambassadrice de France, le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, rencontrait le 21 septembre dernier à Paris le président français Emmanuel Macron. Il déclarait par la suite que la France étudiait de plus en plus la possibilité de reconnaître un État palestinien.

« Les Français se soucient certainement beaucoup de cette question », a déclaré M. Abbas à la presse, évoquant la possibilité que la France reconnaisse un État palestinien. « Ils l’étudient de plus en plus. »

Abbas a ajouté que les Palestiniens étaient prêts à participer à toutes les négociations de paix « secrètes » ou « connues du public », à condition que le Quartet pour le Moyen-Orient et « les autres États » les négocient.

Le président de l’Autorité palestinienne a expliqué qu’outre le Quartet, les Palestiniens « accueilleraient tout État européen ou arabe » dans le rôle de médiateur entre eux et les Israéliens, et ce alors qu’il refuse désormais de reconnaître les Etats-Unis dans la médiation du conflit, a contrario d’Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...