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Interrogé par Kan sur les droits humains, l’interprète de l’hymne du Mondial esquive

« C’est impoli », a déclaré la star colombienne Maluma en quittant le plateau, interrogée sur le piètre bilan de Doha en matière de droits de l'Homme

Le journaliste de Kan, Moav Vardi, (à gauche), avec le chanteur colombien Maluma (à droite) qui quitte le plateau d'interview, au Qatar, le 18 novembre 2022 (capture d’écran/Kan utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)
Le journaliste de Kan, Moav Vardi, (à gauche), avec le chanteur colombien Maluma (à droite) qui quitte le plateau d'interview, au Qatar, le 18 novembre 2022 (capture d’écran/Kan utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)

Le chanteur colombien Maluma, l’une des stars de l’hymne officiel de la Coupe du monde au Qatar, a quitté vendredi, le plateau d’une interview avec le radiodiffuseur public israélien, après avoir été interrogé sur sa présence en dépit des violations des droits de l’homme dans le pays.

Le chanteur a été questionné sur les stars – notamment Shakira et Dua Lipa – qui ont finalement renoncé à participer en raison du piètre bilan du Qatar en matière de droits de l’Homme.

« Ouais mais ce n’est pas mon problème. Je suis venu ici pour m’amuser, voir des matches et célébrer la fête du football », a déclaré Maluma à la chaîne publique Kan.

« Cela ne me regarde pas. Je suis ici pour profiter de ma musique et de la fête, jouer au football aussi », a-t-il ajouté.

Le journaliste de Kan, Moav Vardi, a insisté, demandant à Maluma s’il pouvait comprendre pourquoi certains pourraient être choqués par sa réponse, et si quelque part sa présence n’était pas un moyen, pour le régime qatari, de s’acheter une respectabilité.

« Suis-je vraiment obligé de répondre à cette question ? » a dit Maluma en regardant à l’extérieur du plateau.

Une voix s’est fait entendre, disant qu’il n’était pas tenu de répondre. On ignore qui s’exprimait.

« C’est impoli », a alors dit Maluma à Vardi, en se levant et en quittant le plateau d’interview.

Maluma s’est associé à la chanteuse hip-hop Nicki Minaj et à la chanteuse libanaise Myriam Fares pour interpréter « Tukoh Taka », avec des paroles en anglais, en espagnol et en arabe.

Cet hymne est l’une des chansons, interprétées par des artistes du monde entier, qui constituent la bande originale officielle de la Coupe du monde 2022 de la FIFA.

Maluma et Myriam Fares se sont produits samedi, pour l’ouverture des festivités à Doha.

La Coupe du monde suscite nombre de controverses, de la mort des ouvriers aux conditions de vie des travailleurs migrants en passant par l’impact sur l’environnement de la climatisation des stades ou encore le statut et les droits des personnes LGBTQ, des femmes et des minorités.

En outre, vendredi, le Qatar a interdit la vente de bière dans les stades de la Coupe du monde, en un brutal revirement sur l’accord conclu, deux jours seulement avant le match d’ouverture.

Les plus sceptiques pensent que le Qatar a voulu utiliser le prestige de la Coupe du monde, qui commence dimanche, pour redorer sa réputation.

Ils estiment qu’il s’agit un cas classique de « blanchiment par le sport », fait d’utiliser le sport pour modifier la perception d’un pays ou d’une entreprise.

Les médias et les supporters israéliens ont été autorisés à se rendre au Qatar pour la Coupe du monde en dépit de l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays. On leur aurait toutefois recommandé de ne pas faire étalage de leur nationalité.

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